SCÈNE PEEMIÈEE
JOAD, ABNEE
ABNER
Oui, je viens dans son temple adorer l'EterneP.
Je viens, selon l'usage antique et solenneP,
Célébrer avec vous la fameuse journée
Où sur le mont Sina la loi nous fut donnée^.
Que les temps sont changés* ! Sitôt que de ce jour^ 5
La trompette sacrée annonçait le retour^,
1. Oui, anciennement oïl, vient des mots latins hoc. illud, (c'est cela). — Les Juifs n'avaient qu'un seul autel où il fut permis d'offrir des sacriflces. C'était une marque sensible de l'unité de Dieu... Tous les hommes étaient obligés de se trouver à Jérusalem aux trois grandes solennités, et il était permis aux femmes d'y venir. (Fleurt, Mœurs des Israélites.)
2. Solennel, que l'on prononce solanel, signifie ici célébré chaque année avec des cérémonies publiques et extraordinaires de religion.
3. Ce vers indique le jour où l'action se passe : c'est la fête de la Pentecôte. Les deux autres grandes fêtes des Juifs étaient la Pâque et la fête des Tabernacles. — C'est sur le mont Sinai ou Sina que Dieu était apparu à Moïse pour lui donner les tables de la loi.
4. Que adverbe s'emploie comme combien, mais seulement dans le sens interrogatif ou exclamatif."
5. Jour, en italien giorno (prononcez djôrno), vient du latin diurnus, adjectif qui signifie de jour, et a été employé substantivement dans le latin de la décadence avec le sens de espace d'un jour.
6. Trompette est dérivé de trompe, dont l'origine est inconnue. La trompette, chez les Juifs, était employée comme instrument sacré.
Du temple, orné partout de festons magnifiques^, Le peuple saint en foule inondait les portiques 2, Et tous devant l'autel avec ordre introduits^, De leurs champs dans leurs mains portant les nouveaux
[fruits, 10
Au dieu de l'univers consacraient ces prémices*. Les prêtres ne pouvaient suffire aux sacrifices ^ L'audace d'une femme, arrêtant ce concours^. En des jours ténébreux a changé ces beaux jours". D'adorateurs zélés à peine un petit nombre 15 Ose des premiers temps nous retracer quelque ombre® : Le reste pour son Dieu montre un oubli fatal ; Ou même, s'empressant aux autels de BaaP,
1. Feston, de l'italien festone ; un feston est une guirlande de petites branches d'arbres, garnies de leurs feuilles et entremêlées de fleurs, qui sert de décoration et que l'on suspend par les extrémités, de manière •que le milieu retombe.
2. Le peuple saint, le peuple juif. — Portiques, galeries ouvertes dont la voûte ou le plafond est soutenu par des colonnes.
3. Autel, ancien français altel, vient du latin altare ; la lettre r s'est changée en l comme dans pèlerin, de peregrinus.
4. La Pentecôte s'appelait aussi la fête des Prémices, parce qu'on y offrait à Dieu les premiers pains de la nouvelle moisson. Prémices vient du latin prœmitiœ.