Que signifie ici d quoi
1 1 . Stérile, qui n'amène aucun résultat, qui ne produit rien.
Quel fruit me revient-il de tous vos sacrifices^? Ai-je besoin du sang des boucs et des génisses^? Le sang de vos rois crie, et n'est point écouté^. Eompez, rompez tout pacte avec l'impiété^ 90 Du milieu de mon peuple exterminez les crimes^, Et vous viendrez alors m'immoler vos victimes. »
ABNER
Hé ! que puis- je au milieu de ce peuple abattu'? Benjamin est sans force, et Juda sans vertu'.
1. Fruit, au flg. dans le sens de utilité, produit, avantage.
2. « Qu'ai-je à faire de cette multitude de victimes que vous m'offrez, dit le Seigneur : tout cela m'est à dégoût. Je n'aime point les holocaustes de vos béliers ni la graisse de vos troupeaux, ni le sang des veaux, des agneaux et des boucs. (Isaie, I, 11 et 12.) — Mangerai-je la chair des taureaux, ou boirai-je le sang des boucs?» {Psaume XLIX, 5,). J.-B. Rousseau (Odes, I, il,) a dit :
Que m'importent vos sacrifices, Vos offrandes et vos troupeaux?
Dieu boit-il le sang des génisses?
Mange-t-il la chair des taureaux?
Génisse vient du latin junicem, acc. de junix, même sign.
3. « Et le Seigneur dit : Qu'as-tu fait? La voix de ton frère crie à moi de la terre. » (Genèse, IV.)
Crier est pris ici au figuré dans le sens de crier vengeance. Remarquez la négation point niant plus fortement que pas.
4. Pacte, convention, alliance ; l'impiété, terme abstrait pour le terme concret les impies.
5. Exterminer, du latin exterminare, qui signifie littéralement chasser hors des limites, bannir ; on le trouve dans saint Jérôme avec le sens de détruire entièrement, faire périr. C'est le sens du mot français exterminer qui ici est employé figurément, au sens moral.
fi. Abattu, au figuré affaibli, ayant perdu ses forces et son courage.
7. Benjamin et Juda désignent ici poétiquement les tribus de ces noms : depuis le schisme, ces deux tribus formaient à elles seules le royaume de Juda. — Rapprochez de ce vers l'expression : Il n'a ni foi ni vertu, qui se dit d'un homme sans courage et sans caractère.
AÏHALIE, ACTE I<=% SC. V.
Le jour qui de leurs rois vit éteindre la race 95
Eteignit tout le feu de leur antique audace.
« Dieu même, disent-ils, s'est retiré de nous :
De l'honneur des Hébreux autrefois si jaloux^,
Il voit sans intérêt leur grandeur terrassée^ ;
Et sa miséricorde à la fin s'est lassée. 100
On ne voit plus pour nous ses redoutables mains ^
De merveilles sans nombre effrayer les humains* ;
L'arche sainte est muette et ne rend plus d'oracles. )>
JOAD
Et quel temps fut jamais si fertile en miracles? [105 Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir ^ ? Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir, Peuple ingrat? quoi? toujours les plus grandes mer-
[veilles
Sans ébranler ton cœur frapperont tes oreilles^?
Faut-il, Abner, faut-il vous rappeler le cours
Des prodiges fameux accomplis en nos jours ! 110
1. Jaloux signifie au figuré qui tient beaucoup à, qui est fort attaché à quelque chose.
2. Terrasser, au propre, jeter de force par terre, au figuré abattre, même expression au vers 38, de l'acte II.
3. « Nous ne voyons plus les signes éclatants de notre Dieu ; il n'y a plus de prophète et nul ne nous connaîtra plus. » (Psaume L XXIII, 9.)
4. Merveilles vient du latin mirabilia, littér. choses étonnantes. Effrayer, ancienn. esfroyer, effrayer, vient du latin exfrigidare, dans lequel on trouve la même racine que dans frigidus et qui signifie proprement glacer d'effroi.