Offices, ici fonctions, rôles
Ignorez-vous nos lois? Et faut-il qu'aujourd'hui... 75 Voici votre Mathan, je vous laisse avec lui^.
Votre présence, Abner, est ici nécessaire.
Laissons là de Joad l'audace téméraire,
Et tout ce vain amas de superstitions ^
Qui ferme votre temple aux autres nations. 80
Un sujet plus pressant excite mes alarmes,
Je sais que, dès l'enfance élevé dans les armes,
Abner a le cœur noble, et qu'il rend à la fois^
Ce qu'il doit à son Dieu, ce qu'il doit à ses rois.
Demeurez*.
1. Votre marque ici du mépris, non pas pour la reine, mais pour cet indigne prêtre, et renferme un secret reproche de la confiance qu'Athalie lui accorde. Abner, dans toute la sincérité de son zèle, ne croit pas devoir dégui er à la reine l'horreur que lui inspire cet apostat. (Geoffroy.)
2. Super tition signifie ici pratiques superstitieuses, croyances superstitieuses.
3. Rendre s'emploie au figuré dans le sens de s'acquitter de, en parlant de certains devoirs.
4. Demeurer, du latin demorari ; ici s'arrêter, rester dans l'endroit où l'on est. Cf. Cinna, acte II, se. I.
— Vous Cinna, demeurez ; et vous, Maxime, aussi. « Abner a suivi la reine pour prendre auprès d'elle la défense de Joad ; elle le retient, parce qu'elle veut se servir de lui pour satisfaire l'impatience qu'elle a de voir sur-le-champ Êliacin. Personne n'est plus propre qu'Abner à obtenir de Joad cette complaisance, qu'il pourrait bien ne pas avoir, si le brave Abner ne la demandait lui-même, et ne lui répondait de l'enfant qu'il prend sous sa garde. Athalie n'a pas encore autour d'elle ses forces, et c'est pour cela qu'elle ne parle pas encore en souveraine. On sait que le temple était une espèce de forteresse susceptible de défense. » (Moland.)