Voire père? Qui est votre père? Il y a ici une ellipse
6. Orphelin, ancietin. orphenin, primitiv. orphanin, a la même racine que le latin orphanus et le grec ôpcpovoç.
JOAS
Depuis que je suis né.
Ne sait-on pas au moins quel pays est le vôtre? 265
JOAS
Ce temple est mon pays ; je n'en connais point d'autre^.
Où dit-on que le sort vous a fait rencontrer^?
JOAS
Parmi des loups cruels prêts à me dévorer.
Qui vous mit dans ce temple?
Une femme inconnue.
Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue. 270
Mais de vos premiers ans quelles mains ont pris soin?
JOAS
Dieu laissa-t-il jamais ses enfants au besoin^?
1. Pays. On retrouve clans ce mot la même racine que dans le latin pagus, bourg, village, canton, dont la signification s'est élargie.
2. Vous a fait rencontrer, a fait qu'on vous a rencontré, vous a offert aux yeux. Rencontrer est composé de re et de l'ancien verbe encontrer, dans lequel on trouve la même racine que dans le latin contra.
3. Jamais signifie quelquefois. Les mots personne, jamais, rien sont affîrmatifs et ils ne doivent le sens négatif qu'à la négation qu'on leur ajoute, parfois mentalement. Voir Chassang, Gramm. franç., § 383. — Au besoin pour dans le besoin.
Aux petits des oiseaux il donne leur pâture^,
Et sa bonté s'étend sur toute la nature.
Tous les jours je l'invoque ; et d'un soin paterneP 275
Il me nourrit des dons offerts sur son autel.
Quel prodige nouveau me trouble et m'embarrasse^?
La douceur de sa voix, son enfance, sa grâce,
Font insensiblement à mon inimitié*
Succéder^ . . Je serais sensible à la pitié ! 280
ABNER
Madame, voilà donc cet ennemi terrible.
De vos songes menteurs l'imposture est visible^. A moins que la pitié qui semble vous troubler, JSTe soit ce coup fatal qui vous faisait trembler.
ATHALIE, à Joas et à Josabet.
Vous sortez?
JOSABET.
Vous avez entendu sa fortune^ 285 Sa présence à la fin pourrait être importune.
1. Oiseau, ancienn. oisel (d'où oiselier, oiseleur, oisillon) est venu du bas-latin aucellus, forme de diminutif qui avait remplacé avis. — Pâture, ancienn. paslure, du latin pastura, action de paître, et par suite nourriture.