‹ AthalieChapitre 86 sur 130 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

JOSABET, MATHAN, NABAL.

MATHAN

Envoyé par la Keine^, Pour rétablir le calme et dissiper la haine*, 120 Princesse, en qui le ciel mit un esi)rit si doux, Ne vous étonnez pas si je m'adresse à vous^.

1. Débris; aujourd'hui ce mot s'emploie plus fréquemment au pluriel. Il est dérivé de briser, qui vient de l'ancien haut-allemand bristan.

2. Idée aussi terrible que vraie. Les scélérats ne cherchent à étouffer leurs remords que par de nouveaux crimes.

Cléopâtre, dans la pièce de Corneille intitulée Bodognne, s'exprime ainsi :

Allons chercher le temps d'immoler mes victimes Et de me rendre heureuse à force de grands crimes.

(Acte IV, se. VII.)

3. Envoyé est construit en opposition à je, sujet de adresse.

4. Rétablir, composé de établir, qui était primitivement cstablir et vient du latin stabilire ; dissiper vient du latin dissipare.

5. Etonner, ancienn. estonner, vient du bas-latin extonare, composé de tonare ; on trouve attonare dans Ovide.

Ce début du perfide Mathan rappelle à M. Coquerel ces traits du Psalmiste dépeignant les complices d'Absalon : Leur bouche a plus de douceur que le lait, et leur cœur est hostile ; leurs paroles sont plus onctueuses que l'huile, et ce sont des épées nues. » (Psaume LV, 22).

Un bruit, que j'ai pourtant soupçonné de mensonge^,

Appuyant les avis qu'elle a reçus en songe,

Sur J oad, accusé de dangereux complots, 125

Allait de sa colère attirer tous les flot s ^.

Je ne veux point ici vous vanter mes services.

De Joad contre moi je sais les injustices^ ;

Mais il faut à l'offense opposer les bienfaits.

Enfin, je viens chargé de paroles de paix. 130

Vivez, solennisez vos fêtes sans ombrage*.

De votre obéissance elle ne veut qu'un gage^ :

C'est, pour l'en détourner j'ai fait ce que j'ai pu,

Cet enfant sans parents qu'elle dit qu'elle a vu^

JOSABET.

Éliacin !

MATHAN

J'en ai pour elle quelque honte'. 135 D'un vain songe peut-être elle fait trop de compte*. Mais vous vous déclarez ses mortels ennemis,

1 . Soupçonne de mensonge. Soupçonner s'applique aussi bien aux choses qu'aux personnes. « On soupçonne cette dévotion d'hypocrisie. » (Académie.)

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