ACTE II. — BCkSE IX
Loin du monde élevé, de tous les dons des cîeux Il est orné dès sa naissance ; Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence.
TOUT LE CHŒUR
Heureux, heureux mille fois L'enfant que le Seigneur rend docile à ses lois !
UNE VOIX, seule.
Mon Dieu, qu'une vertu naissante Parmi tant de périls marche à pas incertains t Qu'une âme qui te cherche et veut être innocente
Trouve d'obstacle à ses desseins !
Que d'ennemis lui font la guerre !
Oii se peuvent cacher tes saints 1 Les pécheurs couvrent la terre.
UNE AUTRE
O palais de David, et sa chère cité.
Mont fameux, que Dieu même a longtemps habité, Comment as-tu du ciel attiré la colère ?
Sion, chère Sion, q^ue dis-tu quand tu vois Une impie étrangère ^ Assise, hélas ! au trône de tes rois ?
TOUT LE CHŒUR
Sion, chère Sion, (pe dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise, hélas ! au trône de tes rois ?
LA icêME VOIX cofUmiie.
An lieu des cantiques charmants Oii David t'exprimait ses saints ravissements,' Et bénissait son Dieu, son Seigneur, et son père, Sion, chère Sion, que dis-tu quand tu vois
Louer le dieu de l'impie étrangère.
Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois ?
> (/ne impk elrangère — An impioua usurper.
3 SaUiU raviMemente— Iloly transports or ruptures.
UNE VOIX, seule.
Combien de temps, Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ? Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver : Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore. Combien de temps. Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever ?
UNE AUTRE
Que vous sert, disent-ils, cette vertu sauvage P De tant de plaisirs si doux Pourquoi fuyez-vous l'usage ?
Votre Dieu ne fait rien pour vous.
UNE AUTRE
Rions, chantons, dit cette troupe impie ; De âeurs en âeurs, de plaisirs en plaisirs.
Promenons^ nos désirs.
Sur l'avenir insensé qui se fie î De nos ans passagers le nombre est incertain : Hâtons-nous aujourd'hui de jouir de la vie ; Qui sait si nous serons demain ?
TOUT LE CHŒUR
Qu'ils pleurent, ô mon Dieu, qu'ils frémissent de crainte, Ces malheureux, qui de ta cité sainte Ne verront point l'étemelle splendeur î
Cest à nous de chanter, nous à qui tu révèles Tes clartés immortelles,
Cest à nous de chanter tes dons et ta grandeur.
UNE VOIX, seule.
De tous ces vains plaisirs où leur âme se plonge^ Que leur resterart-il? Ce qui reste d'un songe Dont on a reconnu Terreur.
A leur réveil (ô réveil plein d'horreur !),
' Sruras/â—WUâ. ^ Promenoru^liet va cnrry.