‹ Athalie, tragédie, annotéeChapitre 52 sur 63 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ZACBARIE, SALOMITH, LB CHŒUR.

SALOMITH.

Cher Zacharie, hé bien ! que nous apprenez-vous 7

ZACHARIE

Hedoublez au Seigneur votre ardente prière :

Peut-être nous touchons à notre heure dernière ; Pour l'horrible combat, ma sœur. Tordre est donné.

SALOMITH.

Que fait Joua ?

ACÎTB T.— HSCfeNE I. 73

ZACHARIE

Joas vient d'être couronné :* Le grand prêtre a sur lui répandu l'huile sainte. O ciel ! dans tous les yeux quelle joie était peinte, A l'aspect de ce roi racheté du tombeau !

Ma sœur, on voit encor la marque du couteau ; On voit tMU»ître aussi sa fidèle nourrice, Qui, cachée en un coin de ce vaste édifice.

Gardait ce cher dépôt, et n'avait de ses soins Que les yeux de ma mère et que Dieu po^ir témoins. Nos Lévites pleuraient de joie et de tendresse, Et mêlaient leurs sanglots à leurs cris d'allégresse. Lui, parmi ces transports, affable et sans orgueil, A l'un tendait la main, flattait l'autre de l'œil. Jurait de se régler par leurs avis sincères.

Et les appelait teus ses pères ou ses frères.

8AL0MITH.

Ce secret au dehors est-il aussi semé ?

ZACHARIE

Ce secret dans le temple est encor renfermé.

Des enfants de Lévi la troupe partagée ' Dans un profond silence aux portes s'est rangée. Tous doivent à la fois précipiter leurs pas, Et crier pour signal : Vive le roi Joas !

Mais mon père défend^ que le roi se hasarde, Et veut qu Azarias demeure pour sa garde.

Cependant Athalie, un poignard à la main.

Bit des faibles remparts de nos portes d'airain : Pour les rompre, elle attend les fatales machines, Et ne respire enfin que sang et que ruines.

Quelques prêtres, ma sœur, ont d'abord proposé Qu'en un lieu souterrain, par nos pères creusé,

1 Vient cFétre eauronné^BM just been crowned.

2 iW/«;nd— Forbida.

On renfermât du moins notre arche précieuse.

O crainte^ a dit mon père, indigne, injurieuse ! L'arche qui fit tomber tant de superbes tours, Et força le Jourdain de rebrousser son cours. Des dieux des nations tant de fois triomphante. Fuirait donc à Taspect d'une femme insolente ! Ma mère, auprès du roi, dans un trouble mortel, L'œil tantôt sur ce prince et tantôt vers l'autel^ Muette, et succombant sous le poids des alarmes, Aux yeux les plus cruels arracherait des larmes. Le roi de temps en temps la presse entre ses bras, La flatte... Chères sœurs, suivez toutes mes pas ; Et, s'il faut aujourd'hui que notre roi piérisse, Allons, qu'un même sort avec lui nous unisse.

8AL0MITH.

Quelle insolente main frappe à coups redoublés ? Qui fait courir ainsi ces Lévites troublés ?

Quelle précaution leur &it cacher leurs armes ) Le temple est-il forcé ?

ZACHARIE

Dissipez vos alarmes ; Dieu nous eiivoie Abner.

Sci:KE II.

ABMER, JOAD, JOSABETH, ZACHABIE, SALOMITH, ISMAEL, DEUX IJÊVITES, LE CHŒUB.

En croirai-je mes yeux, Cher Abner ? quel chemin a pu jusqu'en ces lieux Vous conduire au travers d'un camp qui nous assiège ? On disait que d'Achab la fille sacrilège Avait, pour assurer ses projets inhumains.

Chargé d'indignes fers vos généreuses mains

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