‹ Athalie, tragédie, annotéeChapitre 54 sur 63 · ACTE V. — SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V. — SCÈNE II

Que feriez-YOUs de plus, si des rois vos aïeux Ce jeune enfant était un reste précieux ?

JOSABETH, bas à Joad.

Pour le sang de ses rois vous voyez sa tendresse : Que ne lui parlez-vous ?

^ JOAD

Il n'est pas temps, princesse.

ABNEB.

Le temps est cher, Seigneur, plus que vous ne pensez. Tandis qu'à me répondre ici vous balancez, Mathan, près d'Athalie, étincelant de rage,^ Demande le signal, et presse le carnage.

Faut-il que je me jette à vos sacrés genoux ? Au nom du lieu si saint qui n'est ouvert qu'à vous, lieu terrible, où de Dieu la majesté repose. Quelque dure que soit la loi qu on vous impose, De ce coup imprévu songeons à nous parer.' Donnez-moi seulement le temps de respirer :

Demain, dès cette nuit, je prendrai des mesures Pour assurer le temple et venger ses injures. Mais je vois que mes pleurs et que mes vains discours Pour vous persuader sont un faible secours ; Votre austère vertu n'en peut être frappée :

Hé bien, trouvez-moi donc quelque aime, quelque

épée; Et qu aux portes du temple, oti l'ennemi m'attend, Abner puisse du moins mourir en combattant

JOAD

Je me rends. Vous m'ouvrez un avis que j'embrasse : De tant de maux, Abner, détournons la menace. Il est vrai, de David un trésor est resté ; La garde en fut commise à ma fidélité ;

1 Étineelant de roi^— Buming with rnge.

3 A nous parer— To guard ounelvM agidost II pamit que da tempR de Racine on disait encore te parer pour m garantir. Cela n'est pas Français. On dit parer un coup, et non se pare^d'un coup.

(Tétait des tristes Juifs respérance dernière,

Que mes soins vigilants cacnaient à la lumière :

Mais puisqu'à votre reine il faut le découvrir,

Je vais la contenter ; nos portes vont s'ouvrir.

De ses plus braves chefs qu'elle entre accompagnée ;

Mais de nos saints autels qu'elle tienne éloignée

D'un ramas d'étrangers Tindiscrète fureur :

Du pillage du temple épargnez-moi l'horreur.

Des prêtres, des enmnts lui feraient-ils quelque ombre ? '

De sa suite avec vous qu'elle règle le nombre.

Et quant à cet enfant si craint, si redouté.

De votre cœur, Abner, je connais l'équité.

Je vous veux devant elle expliquer sa naissance :

Vous verrez s'il le faut remettre en sa puissance ;

Et je vous ferai juge entre Athalie et lui.

ABNER

seigneu Ne craignez rien. Je cours vers celle qui

Ah ! je le prends déjà, seigneur, sous mon appui : * craignez rien, t^e cours vers celle qui nrenvoie.

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