ACTE I. — SCÈNE I
Et sa miséricorde à la fin s*est lassée :
On ne voit plus pour nous ses redoutables mains De merveilles sans nombre eflârayer les humains : Uarche sainte est muette, et ne rend plus d'oracles.
JOAD
Et quel temps fut jamais si fertile en miracles 1 Quand Dieu par plus d'effets montra-t-il son pouvoir? Auras-tu donc toujours des yeux pour ne point voir, Peuple ingrat ? quoi ! toujours les plus grandes merveilles Sans ébranler ton cœur frapperont tes oreilles ? Faut-il, Abner, faut-il vous rappeler le cours Des prodiges fameux accomplis en nos jours ; Des tyrans d'Israël les célèbres disgrâces/ Et Dieu trouvé fidèle en toutes ses menaces ; L'impie Achab détruit, et de son sang trempé Le champ que par le meurtre il avait usurpé ; Près de ce champ fatal Jézabel immolée ; Sous les pieds des chevaux cetto reine foulée ; Dans son sang inhumain les chiens désaltérés, Et de son corps hideux les membres déchirés, Des prophètes menteurs la troupe confondue,* Et la flamme du ciel sur l'autel descendue ; Élie aux éléments parlant en souverain, Les cieux par lui fermés et devenus d'airain. Et la terre trois ans sans pluie et sans rosée ; Les morts se ranimant à la voix d'Elisée ?
Eeconnaisâez, Abner, à ces traits ^ éclatants. Un Dieu tel aujourd'hui qu'il fut dans tous les temps. Il sait, quand u lui plaît, faire éclater sa gloire ; Et son peuple est toujours présent à sa mémoire.
ABNER
Mais oh sont ces honneurs à David tant promis, Et prédits même encore à Salomon son ms ?
1 JHsgrdeeS'-'Dingten, misfortune».
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