SCÈNE JI
JOAD, JOSABET.
JOAD
Les temps sont accomplis, princesse : il faut parler ; Et votre heureux larcin ne se peut plus celer. Des ennemis de Dieu la coupable insolence.
Abusant contre lui de ce profond silence.
Accuse trop longtemps ' ses promesses d'erreur : Que dis-je i le succès animant leur fureur, Jusques sur notre autel votre injuste marâtre Veut * offrir à Baal un encens idolâtre.
Montrons ce jeune roi que vos mains ont sauvé. Sous l'aile du Seigneur dans le temple élevé. De nos princes hébreux il aura le courage :
Et déjà son esprit a devancé son âge * Avant que son destin s'explique par ma voix, Je vais l'offrir au Dieu par qui régnent les rois . Aussitôt assemblant nos Lévites, nos prêtres, Je leur déclarerai l'héritier de leurs maîtres.
1 La troisième heure, ». e , Neuf heures du matin.
3 L'aube — Latin, albuê. white. Fr. Blanc — Blanchir^ to whiten.
s Accuse trop lotigtemps—'B.M for too long a time accused.
< F(PM<— Prétends,
& A devancé ton âge— la beyond bis âge.
JOSABET.
Sait-il déjà son nom et son noble destin ?
JOAD
n ne répond encor qu'au nom d'Éliacin,
Et se croit quelque enfant rejeté par sa mère,
A qui j*ai par pitié daigné servir de père.
JOSABET.
Hélas ! de quel péril je Tavais su tirer !
Dans quel péril encore il est près de rentrer !
JOAD
Quoi ! déjà votre foi s'affaiblit et s'étonne ?
JOSABET.
A vos sages conseils, seigneur, je m'abandonne. Du jour que j'arrachai cet enfant à la mort. Je remis en vos mains tout le soin de son sort ; Même, de mon amour craignant la violence.
Autant que je le puis j'évite sa présence.
De peur qu'en le voyant quelque trouble indiscret Ne rasse avec mes pleurs échapper mon secret Surtout j'ai cru devoir* aux larmes, aux prières, Consacrer ces trois jours et ces trois nuits entières. Cependant aujourd'hui puis-je vous demander Quels amis vous avez prêts à vous seconder ?
Abner, le brave Abner viendra-t-il nous défendre î A-t-il près de son roi fait serment de se rendre ?
JOAD
Abner, quoiqu'on se pût assurer sur sa foi, Ne sait pas même encor si nous avons un roL
JOSABET.
Mais à qui de J^ confiez-vous la garde ?
Est-ce Ooed, est-ce Amnon que cet nonneur regarde?
De mon père sur eux les bienfaits répandus...
1 J'ai cru devoir—'l tboui^t it my duty.