‹ Athènes aux XVe, XVIe et XVIIe sièclesChapitre 16 sur 89 · L'ANONYME DE · texte numérisé non relu

L'ANONYME DE

la continuation de cette éducation distinguée et de ces habitudes littéraires, si Athènes n'avait pas joui d'une protection spéciale; mais la ville célèbre trouvait sa sauveoarde dans ce qui semblait être le comble de son humiliation. Ses revenus, comme son souvernement, étaient devenus l'apanage des charges de cour, et en dernier lieu le privilése du chef des eunuques noirs. Ces personnages, puissants à Constantinople, intéressés à augmenter le bienêtre d’une ville qui augmentait leurs revenus, la traitaient pour ainsi dire en enfant gâté, laissant aux Athéniens une liberté inconnue dans la Grèce, et intervenant pres du sultan contre ses ministres à la moindre réclamation de leurs contribuables. De là un mouvement relatif de liberté, d'imagination, d'esprit, qui n'eut d'interruption que par la guerre. La ville d'Athènes, par une protection spéciale de ses dieux, j'entends de ses souvenirs, avait trouvé à travers les siècles, au milieu de toutes ses vicissitudes, sous toutes les dominations , des faveurs EXCeptionnelles; elle les accepta de toutes mains : pourquoi les aurait-elle refusées du chef des eunuques noirs ? Et cependant il ne nous est parvenu qu'une seule et courte description d'Athènes et de ses monuments, écrite vers 1460, et probablement par un Grec étranger à l’Attique. Ce voyageur, après un séjour plus où moins long, aura voulu donner à ses

compatriotes une topographie et un suide pour VISI-

ter la ville de Minerve en suivant un itinéraire mé-

thodique li

! Cette topographie d'Athènes a été transcrite au quinzième siècle et réunie avec différentes pieces théologiques dans un volume manuscrit, en papier, de format in-#, qui fait aujourd'hui partie de la bibliothèque impériale de Vienne. Il est porté sur le catalogue des manuscrits grecs, rédigé par Hessel, parmi les Codd. theologici, sous le numéro CCI (selon Ross et 252 selon Ottfried Muller): La topographie de l’anonyme occupe sept pages, du feuillet 29 au feuillet 32, et semble, autant par les lacunes qu’elle présente que par la manière de compléter ces lacunes , une transcription postérieure , datant, comme la formation du manuscrit, de la fin du xv° siècle. Ottfried Müller, le premier, a compris l'intérêt de ce fragment. En 1840, il transmit une partie de l'original, se bornant à donner du reste une indication sommaire , au colonel Leake, qui linséra , page 478 du tome premier de sa topographie d’Athènes (London, 1841). Le savant professeur de Gœttingue accompagnait son envoi d’un court commentaire. Il exprimait son opinion sur lépoque de Ja rédaction de la topographie d'Athènes et de celle de la transcription du manuscrit. Selon lui, puisqu'il est fait mention d’un duc d’Athènes et du Parthénon, église chrétienne de la Panagia, ces deux faits prouvent que l’anonyme a écrit sa relation antérieurement à la prise d'Athènes par les Turcs, c'est-à-dire avant 1456. Quant à la transcription, elle ne peut être antérieure au quinzième siècle. IT plaçcait donc cette rédaction vers 1450; Je vais dire pourquoi Je la mets en 1460. L'écart entre ces deux dates n’est pas grand, mais Je crois ce changement nécessaire. En effet, anonyme parle deux fois des ducs d'Athènes, et deux fois au passé. Le pouvoir de ces ducs avait donc fini; mais, dira-t-on, puisque

le Parthénon n’est point encore une mosquée, Athènes n’était

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