Au midi de cet édifice est une habitation royale et belle
reproduit la forme matérielle. Mais que pourrait signifier une chambre de fer? M. L. Ross, dans le commentaire allemand dont il a accompagné la publication du texte grec de cette topographie (Wien, 1840), a rendu ces mots par : in einem eisernen Kaefig, dans une cage de fer. Tàchons de préciser davantage. Les Latins appelaient aussi cubiculum l’espace vide destiné à recevoir une pierre dans la maçonnerie, notamment dans la construction des murs réticulaires, comme on le voit par Vitruve {II, 8). Je crois donc qu'il s’agit ici d’un pareil vide, d’une sorte de niche en fer, encadrée dans quelque mur, sans doute en souvenir de cette égide d’or, au milieu de laquelle était une tête de Gorgone dorée, et qui se voyait, au rapport de Pausanias, dans le mur méridional de la citadelle (I, 21, 4).
1 Magpaptrtxoy. C'est un nouvel exemple à noter de cette forme.
2]ly a ici deux lacunes.
3 Toy péyay Basihuov. Je lis Baatkia.
#Ilyaici une lacune.
1460. ITINÉRAIRE DE L'ANONYME. 2 étoufler la vérité sous l'addition d'une nuée de
noms retentissants pris au hasard dans le long cata-
en même temps, où le duc se rendait parfois pour se livrer au plaisir de la table, Là se trouve aussi la fontaine Enneacrounos (aux neuf sources), appelée auparavant la fontaine Callirrhoé, Le duc, après s’y être baigné, montait dans le sanctuaire dit de Héra, et y faisait sa prière. Aujourd’hui ce sanctuaire a été converti par les’ orthodoxes en un temple de la très-sainte Mère de Dieu.
8. A l’orient de ce temple est le théatre d'Athènes (amphithéâtre), de forme circulaire, d'environ un mille de circonférence , ayant deux entrées. L'entrée du nord est enrichie. … un autre... L'entrée du midi possède de plus... *. Le théâtre était orné circulairement de cent gradins de marbre blanc sur lesquels le peuple assis regardait l’athlète et la lutte.
9. En entrant donc, au sortir de cet amphithéätre par la porte orientale , nous trouvons une autre place et deux aqueducs que Jules César construisit pour faire plaisir aux Athéniens , et à l’aide desquels il amena l’eau de loin. Il y a encore un autre aqueduc dirigé du côté de la porte nord , que Thésée fit construire avec soin... ?, Et ces monuments, comme le disent Abaris et Hérodote, furent bâtis avec soin par les douze rois, après l'établissement de la royauté dans la ville d'Athènes. Cécrops à la double nature * embellit considérablement la ville naissante, y ayant ajouté des ornements divers #, Il éleva les murs, pava le sol de marbres dif-
T On doit marquer plusieurs lacunes en cet endroit.
2 Je crois qu’il y a dans ce passage une lacune de quelques mots au moins, quoiqu’elle ne soit pas indiquée. L'auteur devait parler de la citadelle et de ses monuments, qu'il désigne vaguement par +aïra. Déjà il avait dit plus haut de
cette citadelle qu’elle fut construite par les douze rois.
3 Ateuns (de So ebcetç tywv). On a expliqué cette épithète de bien des façons différentes et qu’il serait trop long de rapporter ici.
4 "Ey rouxthn ÔcEn, — A5Ëëa est pri- icidans un sers tout particulier et fort étrange: il paraît le synonyme de épatérnt, beauté, ornement, qui se trouve dans le paragraphe suivant : « ‘Ey notxihn woatérnrt. »
, Sens. à ,8 que 1 4 ATHÈNES AU XV° 1460.
logue des célébrités de l’'Attique et mis à la place
des noms qui indiquaient la destination primitive
férents, dora les temples en dedans et en dehors, et appela cette ville Athènes
10. En entrant donc dans l’Acropole, nous trouvons une petite école, qui était celle des musiciens et que fonda Pythagore de Samos. En face est un très-grand palais, et en dessous se trouvent de très-nombreuses... ? et enrichi de marbres avec le plafond et les murailles. Au nord... 5, la chancellerie # était toute construite en marbre et ornée de colonnes blanches. Au midi de cet édifice’, était le portique avec des ornements variés, doré tout autour et au dehors, et embelli de pierres précieuses. C’est de ce portique que prirent leur nom les philosophes s{oïciens qui venaient s’y instruire, En face du portique florissait l’école des épicuriens.
11. Quant au temple de la Mère de Dieu, que bätirent Apollos et Eulogius sous l’invocation du Dieu inconnu, voici comment il est: C’est un temple très-vaste $ et spacieux, s'étendant fort en long. Ses murs sont de marbre blanc, et ont une disposition tétragone; ils sont construits sans mor-
tier et sans chaux, liés seulement par le fer et le plomb, En
! La ville primitive, en effet, fut bâtie sur la colline qui forma depuis la citadelle,
2]l y a ici une lacune; venait probablement ensuite x#6ves, comme au paragraphe 4 : « "Iorayrar Jdo méveg. »
3 Il y a ici une lacune.
4 Kayyehagia, chancellerie. Ce mot, avec xov6ouxkciov, est une date pour l’époque de la redaction de cette topographie.
5 M. L. Ross propose de lire ici xarà vorov, par derrière, im Rücken, au lieu de xarà vérov, au midi. Je crois que la position des lieux n’est pas assez certaine pour autoriser un pareil changement; en outre, je vois que le topographe répète à chaque instant, dans sa description, xat dvarohüs, xatà QUotv, xata dpuxtov, xarà to vértoy pLégos, pour dire à l'orient, au couchant, au nord, au midi.
6 Apoutxbraros. Agouuxos signifie ordinairement qui excelle à La course; mais il veut dire ici lieu propre à la course, et par extension, spacieux; sans doute à cause de la forme oblongue du temple, qui le faisait ressembler au stade, 5p6pos. Nous voyons d’ailleurs que dans la basse grécité on appelait les temples Soouxà, à cause de leur forme oblongue. Ducange {voc. Apsuuwxà) cite plusieurs exemples.
1460. ITINÉRAIRE DE L’ANONYME. 925 des monuments. F’anonyme de 1460 écrit sa des- . . + SA . ,. .
cription à la manière de Pausanias qu'il avait lu, c’est-à-dire sous la forme d'itinéraire. Il commence par les monuments situés hors de la ville, et d'abord par l'Académie, dont il marque exactement l'erñnplacement près du bourg de Basilika, remplacé aujourd'hui par le petit village de Sipolia, qui se cache au milieu des jardins au nord-nord-est d'Athènes. Il cite ensuite quatre écoles dont il est difficile de rattacher avec certitude les noms à des réalités, soit dans les textes, soit sur les lieux. De ce moment il entre dans la ville, probablement en venant de l'est, et n'arrête son attention que sur la tour des vents, qu'il appelle l'École de Socrate. Dire pourquoi l'horloge hydraulique d'Andronikos Cyrdehors des murs, le temple est enrichi de colonnes fort grandes , qui entourent circulairement sa cella. Entre deux de ces colonnes, il enferme un espace oblique , et du côté de la belle porte il a son maitre-autel, l’un et l’autre au sudouest... !, contient l'emplacement de ces colonnes, s’élevant considérablement en hauteur. Les chapiteaux des colonnes ont été sculptés par la taille du ciseau en forme de palmier; ils sont refaits, et au-dessus de ces chapiteaux, les poutres (larchitrave) de marbre blanc , qui s'étendent sur les murs, en allant se Joindre au mur, ont (au-dessous d’elles sans doute) des tables sculptées, dont la convexité présente dans la partie supérieure une sorte de plafond. Il y a aussi un mur très-beau soutenu par des colonnes ?.
T]lyaici une lacune.
2 Toute la fin de ce paragraphe, que nous avons cherché à rendre mot pour mot, est obscure, et il est difficile d’en tirer un sens net et raisonnable.
rhestes est devenue l’école du grand philosophe,
pourquoi jusqu'à la fin du xvr° siècle on la regarda comme son tombeau, c’est chose fort difficile, les opinions populaires étant aussi variables que capricieuses. Nous verrons le Père Babin reproduire cette erreur, et Spon la détruire. De ce point l'anonyme dirige sa marche au nord-ouest, et voit le portique de la nouvelle Agora qu'il appelle le palais de Thémistocle, afin sans doute de compter ce grand nom dans sa description, comme un amateur baptise ses tableaux douteux des noms de tous les peintres qui complètent une collection. Les restes du gymnase d'Hadrien, édifice romain que des ouvriers grecs ont exécuté avec leurs excellentes traditions, fut approprié à l'habitation des autorités supérieures dès les premiers temps de la décadence d'Athènes. Sous les ducs francs et sous les Turcs jusqu'aux temps modernes, il servit de demeure aux gouverneurs de la ville, qu'ils s'appelassent polémarques ou voivodes. Notre auteur parle ensuite des statues de Jupiter. Désigne-til sous ce nom les deux colosses singuliers, aux membres couverts d'écailles, dont l’un se termine en queue de serpent, et qui ont été retrouvés près du temple de Thésée? On sait quelles difficultés ces derniers témoins de la décoration de tout un portique offrent à l'archéologie ; l’anonyme n'ayant ni les ressources ni les hésitations
de cette science, a bien pu les appeler des statues de
Jupiter, autant dire des statues de dieux. Tout, et particulièrement sa libre fantaisie, doit le faire croire. Quant au temple dont l'anonyme semble avoir ignoré la destination primitive, c'est bien évidemment le temple de Thésée, auquel il rattache confusément les souvenirs qui se rapportent au Céramique. Plus au nord il rencontre l'église de Saint-Philippe. La tradition, ou plutôt la lépende violemment transplantée du texte des Actes des apôtres (VIIL, 38), et de la terre sainte en Grèce, s'est mieux conservée à Athènes que le sanctuaire dont on voit encore les ruines dans le bazar. De ce point l’anonyme, tournant au nord-ouest et au sud, arrive au Pnyx, et y déploie une érudition classique qui ne vaut sans doute pas un détail topographique , mais qu'on ne saurait passer sous silence dans l’appréciation de son curieux travail. Continuant sa marche à l'est en se rapprochant de l’Acropole, il désigne clairement, à travers la confusion des palais de Léonidas et de Miltiade, le vaste théâtre construit par Hérode Atticus sur la pente sud-ouest des rochers de la citadelle, et sous le nom d'école d’Aristote le théâtre de Bacchus. La description, d'une exactitude précieuse, ne laisse aucun doute sur le monument qu'il désigne, et ouvre carrière à plus d’une conjecture féconde. Sur la même pente des rochers, il nomme école d’Aristophane l'Odéon de Périclès, et désigne
plus à l’est le monument choragique de Lysicrate
sous un nom bizarre qu'il portait déjà et qui a traversé les siècles, la lanterne de Démosthène. A part ce délicieux monument conservé pendant deux cents ans dans l'enceinte du couvent des capucins, il faut supposer que cette partie de l’ancienne ville, dont la voie des trépieds, en remontant au nord, faisait l'ornement, a le plus souffert de l'abandon et des besoins de matériaux de construction, car c’est là justement où il est le plus difficile d’assigner quelques ruines aux descriptions de l'anonyme, qui, bien que vagues, laissent supposer plusieurs monuments et même un portique décoré de bas-reliefs. Un bain s'est maintenu là où il en décrit deux; la petite Panagia Vlastiki marque peut-être la place de l'un de ces monuments. Cessant de marcher au nord, appuyant au contraire à l’est, l’anonyme rencontre la porte d'Hadrien, qu'il reconnait à ses inscriptions et désigne par les noms qu'elles contiennent; puis il parle des nombreuses colonnes du temple de Jupiter Olympien, dont il fait une habitation royale, et que les habitants d'Athènes désignaient dès lors comme étant le palais d'Hadrien. II lui fallut, de ce moment, marcher au sud pour trouver encore quelques restes des magnificences de la ville ; il décrit, en effet, au midi de l'Olympiéion , probablement dans la petite île formée par llissus, les salles du sanctuaire consacré aux Muses de ce
ruisseau, salles qui servaient, au milieu de la riante
verdure et de la fraîcheur des eaux, de lieu de repos et de plaisir aux ducs d'Athènes. Les inondations, au temps des orages de la saison des pluies , les dévastations, au temps des orages de la guerre et de la conquête, ont fait disparaître les derniers vestiges de ce monument, que les missionnaires, ainsi que Spon et Wheler, avaient encore vu debout au milieu du XvII* siècle. Ce souffle dévastateur a tout renversé sur ces rives abandonnées, car le sanctuaire de Héra , comme le nomme l'anonyme, était un petit temple ionique, dont les chrétiens avaient fait une église et qui a été encore dessiné par Stuart. Il fut détruit de fond en comble en 1771. Le Stade était également bien conservé dans ses dispositions principales; l'anonyme en fait à tort un théatre; sil lui donne cent gradins et la forme circulaire, il faut faire la part du voyageur qui n'a pas plus à sa disposition la propriété des termes que le temps nécessaire pour des annotations précises.
De ce point éloigné, notre voyageur se rapproche de la ville et y rentre par la porte orientale , dont il ne reste plus de traces, mais qui devait se trouver en correspondance avec le pont de l’Ilissus, dont il fait usage sans le citer. Nous savons, par les voyageurs des XvI° et XVII siècles, qu'un aqueduc existait dans cette partie de la ville, et que l'inscription qui rappelait ce bienfait d'Hadrien commençait par
ces mots : IMP. CÆSAR. Il n’en a pas fallu davan-
tage pour induire l’anonyme en erreur, ce qui fait tort à son érudition. Sa sagacité n'est pas davantage à l'abri de reproches. Il a été évidemment trompé par les tronçons de cette grande conduite d’eau, tronçons qu'on retrouve sur le plan d'Athènes dressé par les missionnaires et publié par Guillet. Ils lui ont fait croire à deux aqueducs. Poussant toujours plus vers le nord, il rencontre un autre aqueduc, dont il attribue la construction à Thésée, mais qui n'a laissé souvenir ni dans les monuments encore debout ou en ruines, ni dans les monuments écrits. Il se trouve, à ce moment, dans les environs de la porte de Patissia ou des Apôtres. Ayant terminé le circuit complet de la ville et sa description, il ne lui reste plus à parler que de l’Acropole, et il s'y prépare en introduisant un peu brusquement dans sa relation
Cécrops, le fondateur d'Athènes. Il monte alors
sur le magnifique rocher, remarquant à sa droite
le temple de la Victoire, qui devient sous sa plume l’école des musiciens; en face de lui, le vestibule des Propylées, qui est le palais des ducs d'Athènes ; au nord, la Pinakothèque, devenue leur chancellerie ; tous ces édifices protégés par leurs couvertures intactes et resplendissants de leurs riches dallages de marbre. À cet endroit, quelque omission dans ses souvenirs, où un peu de désordre dans la transcription du manuscrit, place au sud ce qui était à l’est,
c’est-à-dire l'Érechthée avec ses marbres de couleur
1465. ALBUM DE SAN GALLO. 31 inscrustés , ses peintures et ses dorures, monument admirable que le voyageur n'aurait pu passer sous silence; enfin, et comme pour finir par un bouquet éclatant, le Parthénon. Mais ici le Grec, qui semblait avoir étudié les auteurs classiques pour s'aider dans sa description d'Athènes, ne voit plus qu'au travers des traditions du Bas-Empire, quand il s’agit de décrire l’œuvre d’Ictinus, de Callicrate et de Phidias. Le temple de Minerve est placé sous l'invocation du Dieu inconnu, vieille tradition locale dont nous suivrons encore, pendant plus de deux siècles, la persistante durée. Les sublimes artistes qui l'ont conçu et élevé sont remplacés par Apollos et Eulogios. D'où viennent ces noms? (Juels sont ces architectes? Les deux maçons probablement qui acceptèrent la triste mission de transformer ce temple en église, et s'acquittèrent de ce soin avec la brutale adresse que j'ai déjà stigmatisée. Mais depuis quand les démolisseurs s'érigent-ils en architectes inventeurs”? Les bourreaux ont-ils le droit de ceindre le bandeau de leur victime? L'histoire, souvent complice de pareilles injustices, n'a pas permis du moins le triomphe de cellela. Nous avons remis Apollos et Eulogios à leur place. Cette fin du manuscrit est d’ailleurs en désordre et assez difficile à comprendre; il faut espérer qu'une autre transcription permettra de rectifier ou de completer le manuscrit de Vienne.
L'indifférence pour l'art grec, étudié en Grece,
persista en Europe pendant tout le xvi° siècle. L'Italie offrait à l'étude’ dev'antiquité un champ bien assez vaste, et ce n'était pas trop d'une centaine d'années pour étudier les monuments encore debout , les sculptures déjà sorties de terre, les peintures qui décoraient les palais de la vieille Rome et ses bains. Puis, ces ressources épuisées, les fouilles alimentèrent la curiosité, et pendant longtemps encore on ne sopgea pas à remonter à la source pure de ce fleuve abondant. Nous voyons cependant figurer dans le recueil des plus beaux monuments de l'Italie, formé vers 1465 par l'architecte Francesco Giamberti, surnommé San Gallo, et conservé dans la
bibliothèque Barberini à Rome, plusieurs vues d’A-
thènes et des villes de la Grèce ‘. Etait-ce une étude consciencieuse faite sur les lieux, dans un voyage entrepris par suite d’une aspiration sérieuse vers ces
1 Le volume est un grand in-folio de près de 100 feuilles de parchemin. Au titre, que Winckelmann donne exactement (voir la note suivante), il faut ajouter la remarque insérée au catalogue des manuscrits de la bibliothèque Barberini : « Prezioso monumento del vecchio San Gallo, che rinchiude » una quantità di disegni con brevissime spiegazioni di » questo excellente artifice , tratte da lui dalle antichità ro- » mane e greche. — Tutti questi disegni sono al acquarello, » e fatti con molta diligenza et amore. Il San Gallo inco-
minciù questa raccolta l’anno indicato nel frontispizio, ma » vedesi che la seguito nel corso della sua vita, essendovi date » del secolo xv1 nelle spiegazioni, che pone alcune volte sotto
1 disegni. »