JACOB SPON MÉDECIN A LYON
voyage à Athènes digne de ce nom. Comme je l'ai
dit, le docteur Spon s'occupait plus, à Lyon, sa ville natale, d’antiquités que de médecine. Bon philologue, il avoit entrepris un recueil d'inscriptions dont il espérait faire un supplément à Grüter !; mais il sentait qu'un voyage en Italie lui était indispensable pour compléter, où au moins pour avancer son travail. «Au commencement d'octobre 1674, dit-
il, M. Vaillant, antiquaire du Roy, passa à Lyon
dans le dessein d'aller en Italie avec des ordres de
M. Colbert pour enrichir le cabinet de Sa Majesté
1 « J'avois entrepris et assez avancé avant que partir, un ouvrage des inscriptions antiques pour servir de supplément à celles de Gruterus ; Je passay à Rome les Jours et les mois entiers à ne faire presqu'autre chose que considérer les statues, les bas-reliefs et les mazures, et à copier
> toutes les inscriptions non seulement qui ne se trouvent pas dans Gruterus, mais aussi une grande partie de celles qui y sont dépa. — Après y avoir demeuré cinq mois de suite, — Je m'en trouvay chargé de plus de deux mille inconnues à cet auteur, dont il y en a nombre de très considérables : et méditant là dessus la belle récolte que J'en pourrois faire dans la Grèce, où les voyageurs n'ont fait jusqu’à présent qu'effleurer cette curiosité, il me prit une > forte envie d’aller faire du moins une promenade jusqu’à Athènes, qui a été autrefois dans la Grèce ce que Rome fut dans l'Italie. Peut être n’aurois-je pas exécuté mon dessein, si Je n’eusse trouvé trois Gentilshommes Anglois qui s’offrirent d’être de la partie et de partager avec moy les » risques du trajet.» (T.1, préface.) Les dangers de ce voyage
étaient fort diminués par le rétablissement de la paix.
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» de medailles et d'autres antiquitez qu'il pourroit » recouvrer en son voyage, Comme javois l'honneur » de le connoitre, je luy hs confidence du dessein » que J'avois de faire le même voyage, et, n'ayant » témoigné que ma compagnie ne luy seroit pas dés- » agréable , Je luy donnay parole de l'aller Joindre » à Marseille pour nous embarquer ensemble ", »
Spon fut retardé en Provence par quelques atfaires, ainsi que par sa curiosité, et bien lui en prit, car on sait les malheurs arrivés à Vaillant, malheurs dont un épisode numismatico-littéraire est spirituellement raconté par Spon lui-même ?,
Son voyage en Italie le prépara au voyage en Grèce, qu'il était plus désireux de faire à mesure que son recueil d'inscriptions s'enrichissait. Il en avait déjà deux mille, restées inconnues à Griüter, et il était certain, une fois sur le sol vierge de la Grèce et de l'Asie mineure, de faire là une abondante récolte.
IL s'embarqua à Venise, le 20 juin 1675, avec ses
1 Voyages d'Italie, de Grèce, etc., t. I, p. 1. > Guillet lui fit un gros crime de cette anecdote, Galland prend sa défense en termes où se déploie Paménité des érudits : « Nostre amy M. Vaillant n'a garde de s’estre formalisé > que vous avez publié l'histoire des médailles qu'il avoit » avalées, mais M, Guillet a voulu se divertir en faisant de » cela une raillerie dégoutante au dernier point, et qui ne » peut estre bonne qu'en la bouche d’un boufon de l'hostel
» de Bourgogne, » (P. 239 de la réponse à la critique.)