LETTRE SUR ATHÈNES PAR F. VERNON
vu une lettre anploise imprimée quil écrivit de
Smyrne, où il v a quelques particularitez de ce
qu’elle a environ 1,000 pieds de longueur et 680 de largeur À,
» Pres de la ville il y a un pont sur Plissus, qui a trois arcades de pierre de taille. Celle du milieu est. large de 20 pieds ?. On voit là joignant le Stadium, dont j'ay mesuré la longueur, qui peut estre d'environ 630 pieds, ce qui approche de la longueur que doit avoir un stade, scavoir de 625 pieds.
» Du costé de la muraille du Chasteau, qui est au midy, il reste encore des ruines du théatre de Bacchus, avec le portique d'Eumenicus qui en est fort proche, Le demi diamètre du demi cercle parfait qui forme le théatre est d’environ 150 pieds. La scène est d'environ 256 pieds. M. de la Guilletière, dans le livre qu'il a fait d'Athènes, a donné la description d’un théatre qu’il appelle le théatre de Bacchus; mais ce n’est en vérité qu'une production de son imagination, qui ne ressemble en rien à celuy que Jay vü; et de plus, par le plan qu’il donne de la ville, je vois bien qu'il n’y entend rien. Je vous donne cet avis afin que vous ne vous laissiez pas surprendre par ce livre, dans lequel il n'y a rien de vray, comme il est aisé de prouver par tous ceux qui ont esté sur les lieux, quoi qu'il semble bien escrit et vray-semblable à ceux qui n’y ont point esté *.
» J’ay demeuré longtemps à Athènes, et ce que Je vous en
1 Le temple de Jupiter Olympien était considéré, à Athènes, comme ayant été e paiais d'Hadrien. Vernon suit l'opinion commune.
? Cette mesure de l’arcade du pont est intéressante. Voyez la vue de ce pont sur le plan des capucins.
3 Cette opinion, sur le livre de Guillet, se ressent de la disposition jalouse des voyageurs les uns contre les autres. Guillet excitail d'autant plus vivement cette Jetite envie qu’il avait eu la maladresse de devancer M. Vernon par sa publication, son seul et véritable tort était de s’attribuer le titre de voyageur qu’il usurpait,
» quil a vu dans la Grèce. C’étoit une personne trés » scavante et qui parloit sept ou huit langues rs Cette lettre est. en effet, l'œuvre d’un bon observateur; M. Vernon parlait des mémoires qu'il avait
rédigés et des observations astronomiques faites
pour relever la position séopraphique de plusieurs
villes. Ces papiers ne se sont pas retrouvés, et nous
restons en face du voyage de Spon, le premier
» ay dit n’est encore rien. Cette ville demanderoit un livre entier pour en décrire toutes les particularitez, ce que Je Way pas le temps de faire n1 de renfermer dans une lettre; mais J'ay des mémoires de tout ce que J'ay vü, que j'espère de vous faire voir un jour quand J'auray le bien d’estre
> auprès de vous. »
1 Les séographes, dit Spon, mettent ordinairement Athenes au 37° degré et quelques minutes de latitude et au 53° de longitude, mais M. Vernhum, qui vint à Athènes avec nous, trouva, par les observations qu’il en fit, qu’elle est au 38° degré 5 minutes de latitude, (T. If, p. 104.) Spon dit ailleurs : « Comme ce gentilhomme étoit habile mathémati- » cien et architecte, il faut espérer que nous en aurons un » Jour des connaissances plus parfaites, si les insulaires de » Seripho, qui le dépouillèrent sur mer, luy en laisserent » les mémoires, et si l’on peut les recouvrer après le malheur » qui luy est arrivé en Perse.» (T. Il, p. 163.) Il écrit Vernbum et Vernhon. On lit aussi dans la défense de Guillet: « Quand il est las (Spon) de faire le goguenard et le cri- » tique, il découple sur luy, dans sa relation mesme, un » certain Anglois nommé monsieur Vernhum, p. 123. » Mais la véritable orthographe du nom est Vernon, et c’est aussi de cette manière que Spon le rétablit dans sa réponse à la eri-
tique de Guillet, p. 284.