Voy. p
ver place l’olivier sacré et l’autel de Jupiter Hercéen. C’est dans ce sens que nous avons cru pouvoir modifier le plan de M. Tétaz, tout en indiquant encore par des lignes ponctuées celui qu’il a proposé. Nos lecteurs pourront ainsi se prononcer entre les deux opinions, qui, du reste, nous devons l’avouer, ne reposent, l’une comme l’autre, que sur des hypothèses, aucune trace de ces dispositions ne se retrouvant sur le terrain.
Ce n’est également que sur une probabilité que M. Tétaz se fonde pour supposer que les quatre colonnes qui, par leur proportion, n’eussent pu atteindre au faîte de l’édifice, étaient surmontées d’un second ordre composé de caryatides plutôt -<»c|ue de colonnes; cette pensée, vraie peut-être , lui a été inspirée par la découverte , dans l’intérieur du temple, d’un fragment de corniche analogue à celle de la tribune des Caryatides.
Nous avons vu que par un escalier /<;, situé dans son angle sud-est, et par ie corridor C , le Pandrosion communiquait avec le sanctuaire de Minerve. Dans l’angle opposé devait ouvrir la porte d’une autre enceinte H, longue et étroite, occupant l’espace compris entre le mur septentrional du sanctuaire de Minerve, et le mur commun du même côté à tout l’Érechthéion. Cette dernière muraille ayant les parpaings de marbre dont elle se compose ravalés à l’intérieur dans toute sa hauteur , il est facile d’en conclure que le pavé de ce réduit a dû être toujours et dans toute son étendue de niveau avec le sol du Pandrosion. Peut-être cette obscure enceinte n’avait-elle d’autre destination cjue celle de servir de magasin, sacrarium, ïspoçuyaxtov ou àp)(eîov, pour les instruments du culte; peut-être, comme le suppose M. Beulé, était-ce dans ce lieu qu’on entretenait le serpent sacré, oixoupoç oçiç, dont parlent Hérodote et Plutarque^, et qui sert de prétexte à l’une des femmes de la comédie d’Aristophane pour rompre son serment et chercher à fuir de l’Acropole 2;
1. « Les Athéniens disent qu’il y a dans le temple de la citadelle un grand serpent qui est le gar¬
dien et le protecteur de la forteresse; et, comme s’il existait réellement, ils lui présentent tous les mois des gâteaux au miel. » Hérodote. L. VIII, c. 41.
Démosthène, exilé d’Athènes, jetant un dernier regard sur l’Acropole, s’écria : « O Minerve Poliade! comment peux-tu prendre intérêt à ces trois bêtes farouches, la chouette, le dragon et le peuple? » Plutarque. Vie de Démosthène.
Pour décider les Athéniens à abandonner la ville et à se réfugier sur la flotte, Thémistocle supposa que le serpent de Minerve avait abandonné le sanctuaire. (Plutarqiæ. Thémistocle.)
2. « Je ne puis dormir dans la citadelle depuis que j’ai vu le serpent qui en est le gardien. »
Lysistr., v. 758.
PANDROSION.
peut-être était-ce une de ces chambres secrètes, a^uxov, adytum'^, c\m se trouvaient souvent dans les temples, d’où tout le monde, excepté les prêtres, était sévèrement exclu, et dont ceux-ci se servaient pour abuser par les oracles de la crédulité publique; peut-être enfin est-ce dans ce lieu qu’il faudrait chercher l’emplacement du tombeau d’Erechthée que l’on sait par les témoignages antiques avoir existé dans l’enceinte de l’Érechthéion 2.
Lorsque l’on voulut consacrer au culte du Christ l’enceinte entière de l’Erechthéion, tout le massif qui portait le sanctuaire de Minerve B, aussi bien que le passage G et l’escalier k, dut être enlevé, afin que le sol de l’église n’eût plus qu’un seul niveau dans toute son étendue. Dès lors le porticpie oriental devint sans destination, comme il l’est encore aujourd’hui, ne pouvant servir d’entrée à l’abside chrétienne placée en contrebas, et l’édifice n’eut plus cj[u’une seule porte principale, celle du portic|ue septentrional ouvrant sur le vestibule E , devenu le narthex de l’église byzantine.
C’est de cette époque que date le pavé de la nef formé de marbre gris du mont Hymette, et encore conservé en grande partie.
En avant du chœur dont il ne reste que quelques débris, un seuil de marbre porte la trace de deux colonnes, et à leur gauche est encore un grand bloc couvert d’ornements byzantins ayant fait partie du mur d’appui qui séparait le chœur de la nef.
Beaucoup d’autres débris épars dans l’enceinte de l’Érechthéion ont appartenu également à l’église ; telles sont des colonnes de vert antique et de pavonazzetto qui avaient remplacé celles du Pandrosion et une partie des murs latéraux du sanctuaire de Minerve Poliade.
Au fond du vestibule E est une porte u qui, par un escalier dont deux marches subsistent encore, conduisait à l’intérieur du portique des Caryatides G, accolé au côté méridional de l’Érechthéion, au niveau du temple de Minerve Poliade. Une autre porte, percée dans le bas du mur
1. « On appelle adytum, àôuxov, un endroit du temple inaccessible, sacrd, obscur, et où se rendent
les oracles. » Pollux. Onomast. L. I, c. 1, § 8.
2. « Érichthonius étant mort fut enseveli dans le temple de Minerve. »
Apollodore. III. 14.
Nous avons déjà dit que les auteurs anciens confondent continuellement Érichthonius et Érechthée. .