E. Breton. Pornpeia, 2'' èdit., p
Au fond du portique septentrional s’ouvre une grande porte m, dont les ornements étaient d’une rare élégance, bien ciue manquant ifn peu de relief.
Porte septentrionale de l’Erechtliéion.
Cette porte, la seule qui nous soit restée presque intacte de l’antiquité grecque, est de forme légèrement pyramidale ; large de à la
base, elle n’a pas plus de i"’,30 au sommet. Le linteau s’étant fendu, on ne sait à ciuelle épocjue, les Byzantins avaient du, à l’intérieur de la baie, ajouter un autre linteau et deux pieds-droits ne présentant que de simples moulures qui ne doivent point être confondues avec le chambranle primitif. Sa corniche, OxepGupov, richement ornée, est soutenue par deux consoles, âyyaoveç.
Lorsqu’on avait franchi cette porte, on se trouvait dans une sorte de passage L, large de 3™, 91, long de 9“,60, cpi’ éclairaient trois fenêtres ouvertes à l’ouest, et qui, lors de la transformation de l’Érechthéion, était devenu le narthex, ou vestibule de l’église byzantine, mais qui, dans l’origine , servait à la fois de vestibule au Pandrosion, et de communication avec le portique des Caryatides, dont nous parlerons bientôt. Ses murailles sont très-dégradées, et, selon toute apparence, par le feu. Toute son étendue est occupée par une grande citerne, dont la voûte, qui a été défoncée par la chute de la partie supérieure du mur occidental de l’Érechthéion, excédait de plus de 0'", ÛO le niveau du seuil de la porte. Les Turcs, pour établir ce réservoir, avaient tiré parti
PANDROSION.
des substructions de l’édifice antique, mais ils avaient dû les reprendre en sous-œuvre pour les faire descendre à la profondeur nécessaire.
Le vestibule était séparé du sanctuaire par un mur que M. Tétaz suppose avec beaucoup de vraisemblance avoir été percé de trois portes non, correspondant aux trois divisions du temple, aux trois nefs de l’église. En avant des piliers qui les séparaient se seraient trouvés deux piédestaux pp, portant des statues.
L’existence de ce mur n’est plus indiquée que par des arrachements qui se voient encore dans la partie supérieure des murailles du sud et du nord, restées lisses dans le bas, nouvelle preuve de l’existence des deux portes latérales nn.
Pandrosion. Le sanctuaire de Pandrose F formait un rectangle de 9"’, 60 de largeur sur 6™, 20 de profondeur, soutenu par quatre colonnes, et dont la partie centrale dut être découverte , car elle contenait l’olivier sacré r, qui n’eût pu vivre et se développer pendant tant de siècles privé d’air et de lumière. Il ombrageait l’autel de Jupiter Herceus ou Hercéen^, ainsi que nous l’apprend l’anecdote que nous avons déjà citée d’après Philochorus.
Tout en admettant avec M. Tétaz l’existence de cette partie hypœthre ou découverte, au centre du Pandrosion, nous ne sommes pas entièrement d’accord avec lui sur sa disposition. Dans son plan, l’hypœthre forme un rectangle s’étendant de l’ouest à l’est, et ne laissant couvert qu’un étroit espace en avant de la porte principale o, aussi bien cju’au pied de la muraille occidentale du temple de Minerve Poliade. Cet espace est même si étroit de ce dernier coté que la statue de Pandrose s, qu’avec raison il adosse à cette muraille, serait à peine abritée par la saillie 'd’une corniche. Le Pandrosion étant beaucoup plus large que profond, il nous semblerait pourtant assez naturel de supposer l’hypœthre n’affectant pas justement la forme opposée. Si, au contraire, l’hypœthre, s’étendant d’un côté jusqu’au mur non, s’arrêtait à l’est aux colonnes 7 et 8, un portique couvert ttt aurait permis de circuler de trois côtés, tandis que du quatrième le vestibule E aurait complété l’enceinte. Ainsi, la statue de Pandrose eût été abritée sous le portique oriental, et au centre de la partie découverte eussent pu de même trou-