‹ Athenes (volume 2)Chapitre 139 sur 276 · Page 188, note · texte numérisé non relu

Page 188, note

TEMPLE DE THÉSÉE. /|97

sa mère, semble lui tendre les bras pour le secourir; Stuart regarde le sujet comme inconnu ;

10“ Enfin la dernière métope, assez bien conservée, représente Hercule enlevant les pommes du jardin des Hespérides.

Les huit métopes placées en retour aux côtés du temple sont consacrées aux exploits de Thésée; elles sont en meilleur état que celles de la façade, surtout les quatre du nord, les mieux conservées de toutes, qui représentent à partir de l’angle nord-est :

1“ Thésée tuant Périphetès surnommé Corynète^;

2° Thésée et Créon^;

3“ Thésée et Sciron ^ ;

h° Thésée tuant la laie de Crommyon^.

Les quatre métopes du midi, également en commençant par l’angle du monument, sont ;

1“ Thésée tuant le Minotaure ^ ;

2“ Thésée arrêtant le taureau de Marathon ® ;

3" Thésée et Cercyon ^ ;

1. Périphetès, fils de Viilcain, fameux brigand qui tirait son surnom de la massue, xopuvv:, avec laquelle il assommait ses hôtes.

‘2. Créon, roi de Thèbes, oncle d’OEdipe et de Jocaste.

3. Fameux brigand qui, se tenant dans un défilé au nord et au fond du golfe d’Egine, précipitait

les voyageurs à la mer, après les avoir dépouillés. Ce défilé, appelé depuis roches scironiennes, porte aujourd’hui le nom de Kakiscala. Suivant une autre tradition rapportée par Plutarque {Vie de Thésée)^ Sciron aurait été, au contraire, un homme vertueux et bienfaisant qui n’aurait été tué que beaucoup plus tard par Thésée, lorsqu’il s’empara d’Éleusis, occupée alors par les Mégariens, et en chassa Dioclès qui y commandait. Cf. Pompon. Mêla. De situ orbis. L. II, c, 3.

4. Crommyon était une contrée voisine de Corinthe, que ravageait cette laie, mère du sanglier de Calydon. Elle était connue sous le nom de Phéa, la noirâtre. « Toutesfois les autres ont escrit que cette Phœa estoit vue brigande, meurtrière et abandonnée de son corps, laquelle destroussait ceux qui passoyent par auprès du lieu appelé Crômyon, où elle se tenoit; et qu’elle fut surnommée laie pour ses mœurs deshonestes et sa meschàte vie pour laquelle finalement elle fut tuée par Theseus. »

Plutarque. Vie de Thésée.

5. Suivant une tradition conservée par Plutarque {Vie de Thésée)^ le Minotaure n’était pas un homme à tète de taureau, comme on le représente ordinairement, mais un général de Minos nommé Taurus, qui, par son caractère, s’était rendu odieux aux Cretois et à Minos lui-même, qui fut enchanté d’en être délivré.

6. (( Theseus, qui ne vouloit pas demeurer sans rien faire et quand et quand desiroit de gratifier au peuple, se partit pour aller côbattre le taureau de Marathon, lequel faisoit beaucoup de maux aux babitans de la contrée de Tetrapolis; et, l’ayant pris vif, le passa à trauers la ville, afin qu’il fust veu de tous les babitans, puis le sacrifia à Apollo surnômé Delphinien. »

Plutarque. Thésée.

7. Ccrcyon, ou Sinis, selon Plutarque et Lucien, qui fait même de Cercyon un autre personnage,

k° Peut-être Thésée et Procuste

Il y a lieu de croire, d’après les paroles de Pausanias, que ces sculptures du style le plus élevé doivent être, comme nous l’avons dit, l’ouvrage de Micon, non moins habile sculpteur que peintre et architecte. (( Elles prouvent, dit Dodwell que la sculpture était presque arrivée à la perfection qu’elle atteignit au temps de Phidias, et qui depuis ne fut jamais surpassée ni même égalée. »

Sous le péristyle oriental, au-dessus de l’entrée du pronaos ^ est une grande frise longue de sur 0"’, 78 de hauteur, sculptée de bien plus

brigand qui désolait l’isthme de Corinthe, avait été surnommé Pityocampte, courbeur de pins (de tu'tuç, pin, et xàpTtTM, courber), parce qu’il attachait ses victimes à deux arbres courbés qui les déchiraient en se redressant. Thésée lui fit subir la peine du talion. Alexandre, dit Plutarque {Vie d Alexandre), infligea le même supplice à Bessus, l’assassin de Darius.

« Momus : Si Thésée, allant de Trézène à Athènes, ne se fût occupé, comme passe-temps de voyage, à châtier les malfaiteurs, comme il appartenait à ta providence de le faire, ô Jupiter! rien n’eût empêché Sciron, Pityocampte, Cercyon et autres bandits de vivre tranquilles et de s’amuser à égorger les voyageurs. » Lucien. Jupiter tragique.

« Thésée: Si je laissais une telle offense impunie, le brigand Sinis, qui infestait l’isthme de Corinthe, ne s’avouerait plus mis à mort par moi et m’accuserait d’une vaine jactance; et les rochers que la mer vit naître des ossements de Sciron ne témoigneraient plus que je suis le fléau des méchants. » Euripide. Hippolyte.

Cf. Properce. L. III, élég. 22.

1. Brigand fameux par le lit sur lequel il couchait ses hôtes, leur coupant les jambes si elles dépassaient, les étendant de force s’ils étaient trop petits. (Voy. Plutarque. Vie de Thésée.) On sait que le lit de Procuste est passé en proverbe.

Sur les divers exploits de Thésée, voy. Ovide. Héroïdes, ep. 2; Métarn, L. VU, v. 433; Ibid., v. 409-, et Stace. Thébaïde. L. XII, v. 575.

Page 1