Harpocuation. Lex., au mot ITpoicOI.aia
3. Si nous ne pouvons, avec Spon et Wheler, voir dans les Propylées un ou plusieurs temples, nous ne pouvons non plus admettre, avec MM. Leake et Burnouf, qu’ils aient jamais pu être autre chose qu’une magnifique décoration , et qu’ils aient été destinés à remplacer les fortifications renversées par les Perses. Leur plan, leur caractère, la richesse des matériaux, la beauté de l’architecture nous paraissent se réunir pour repousser cette opinion. D’ailleurs, connaît-on dans l’antiquité ou dans les temps modernes un seul exemple d’enceinte fortifiée ornée d’une entrée monumentale de ce genre? Au contraire, dès les siècles les plus reculés, nous voyons de gigantesques pylônes précéder les temples et les palais de la Perse et de l’Égypte, et Hérodote nous apprend qu’à Sais Amasis éleva des propylées devant le temple de Minerve. Devant celui de Gérés, à Eleusis, nous retrouvons des propylées copiés sur ceux d’Athènes, et, certes, là il n’était point question de fortifications; nous savons par les auteurs qu’il en existait au cap Sunium, à Corinthe, à Priène; nous en verrons à la nouvelle Agora d’Athènes, et nous avons pu dessiner nous-mème ceux qui , à Pompéi , annoncent le forum triangulaire et le temple de Neptune, le plus ancien et le plus grec des édifices de la ville campanienne. On trouvera d’ailleurs les diverses autres considérations qui militent en faveur de notre opinion, développées avec autant de sagacité que de force par M. Beulé, dans son Acropole d’Athènes. T. I, c. VII.