Dicitur et plausiris vexisse poemata Tlicspis
Eschylus etmodicis instravü pulpila lüjms.
Horat. Ars poi'l.
Thespis fut le premier qui, barbouillé de lie,
Promena par les bourgs cette heureuse folie.
Et , d'acteurs mal ornés chargeant un tombereau.
Amusa les passants d'un spectacle nouveau.
Eschyle dans le chœur jeta les personnages.
D'un masque plus honnête habilla les visages.
Sur les ais d'un théâtre en public exhaussé Fit paraître l'acteur d'un brodequin chaussé.
Boileau. Art poétique.
3. Ce fut alor.^ qu’on donna aussi à l’Agora le nom de irpaxiipiov, qui signifie plus exclusivement lieu où l’on vend, marché. Le verbe àyopâ^w, après avoir signifié primitivement fréquenter l’Agora, devint synonyme de trafiquer, faire le commerce.
4. Ils n’étaient pas tous Scythes, de même que les portiers à Paris n’étaient pas tous Suisses.
Il m’avait fait venir d'Amiens pour être suisse.
Racine. Les Plaideurs.
Mais cependant il y en avait un certain nombre de recrutés réellement parmi ces barbares, et, dans sa comédie des Fêtes de Cérès , Aristophane fait parler à l’un d’eux un grec qui ne le cède en rien au français des Suisses de M. de Pourceaugnac.
5. (I S’il fait du bruit, j’appelle les agoranomes. » Aristoph.ane. Acharn.
6. « Pour les agoranomes chargés de présider au marché, j’établis trois fouets de cuir lépréen »
( de Lépros, lieu hors la ville où se trouvait le marché au cuir). Aristophane. Ibid.
NOUVELLE AGORA
l’ordre et jugeaient les différends qui survenaient entre les marchands et les acheteurs. Enfin, des collecteurs étaient chargés de percevoir l’impôt établi sur chaque denrée
Le moment de la vente était appelé V Agora pleine, àyopà xV/iGouça, à cause de l’affluence du peuple qui la remplissait à cette heure 2.
Les agoras étaient en grand nombre à Athènes. La plus ancienne, qui, par la suite, fut appelée àpyata Àyopà, était située, suivant Robinson dans le Céramiciue intérieur, non loin de la porte Dipyle; suivant Leake'^, plus au sud et dans le voisinage de l’Aréopage; elle était consacrée à toute espèce de commerce, mais chacun avait sa place séparée. Il ne reste plus rien de l’ancienne Agora, non plus que du Ku/cao;, marché aux esclaves de l’àXcptToTicoT^iç Àyopà, marché aux farines, de la yuvausta Àyopà, bazar où l’on vendait les parures de femmes; il y avait aussi le marché au vin, le marché à l’huile, etc., de même qu’à Rome on trouvait les Forum boariutn, suarium, piscarimii, olitorium, cupedinis argentarium, etc., destinés au commerce des bœufs, des porcs, des poissons, des légumes, des friandises , des métaux, etc.
Nouvelle Agora. Des diverses agoras d’Athènes, une seule se retrouve en partie dans la ville moderne; l’entrée monumentale de la nouvelle Agora, vaa Àyopà, s’élève encore sur une place en face de la rue du Pœcile,^ entre le gymnase de Ptolémée et la tour des Vents, dans l’ancien quartier d’Érétrie, Êpsxpta. Bien que cette position soit celle indiquée par Strabon^, bien que le plan et l’orientation du portique
1. Aristote {OEcon. II) parle du produit de cet impôt du marché, y) àyopaiwv t£>.wv TïpoaoSoi;.
« Et que me donneras-tu pour cette anguille? — Je la prends pour mon droit de marché. »
Aristophane. Acharn.
2. C’était à ce moment sans doute que, lorsque les citoyens tardaient à se rendre aux assemblées publiques, les magistrats faisaient tendre sur l’agora une corde teinte en rouge pour envelopper la foule et la ramener ainsi au Pnyx. La corde déteignait sur les habits des retardataires qui étaient reconnus et condamnés à l’amende.
« Le Pnyx est encore désert : ils sont à bavarder dans l’Agora, tout en s’efforçant d’éviter la corde rouge. » Aristophane. Acharn.
« D’où viens-tu? — De l’assemblée... Par Jupiter! la teinture rouge répandue alentour m’a fait bien rire. » Aristophane. Les Harangueurs.