‹ Athenes (volume 2)Chapitre 188 sur 276 · Bourg de l’Attique, de la tribu Cécropide · texte numérisé non relu

Bourg de l’Attique, de la tribu Cécropide

NOUVELLE AGORA

Minerve Archégétis ou conductrice portait sur le poing une chouette^; c’est ainsi qu’elle est représentée sur cette ancienne monnaie d’Athènes.

Médaille de Minerve Archégétis.

Sur l’acrotère du fronton qui, d’après sa dimension, dut porter une statue équestre, on lisait :

0 A H MO s

AOTKION KAISAPA AYTORPATOPOS 0EOY TOr SEBASTOT KAISAPOS YION

« Le peuple ( honore de cette statue) Lucius César, fils du divin empereur César Auguste. »

Lucius César était fils de Marcus Agrippa et de Julie, fille d’Auguste et de Scribonie, sa première femme; adopté par Auguste, ainsi que son frère Caïus, en l’an xii avant Jésus-Christ, il mourut à Marseille en l’an iii de notre ère ; c’est donc à la période qui s’écoula entre son adoption, qui lui permit de prendre le titre de César, et sa mort, que doit être rapportée l’érection du portique qui servait d’entrée à l’Agora d’Athènes. Enfin, sur le piédroit d’une porte qui se trouvait en arrière du frontispice , piédroit encore debout est gravé un long édit de de l’empereur Adrien concernant la vente de l’huile et du sel, édit qui évidemment ne se fût pas trouvé à pareille place si l’édifice "eût été un temple, tandis qu’au contraire rien n’est plus naturel que de le lire à la porte d’un marché. *

Le propylée de l’Agora se compose de quatre colonnes doriques sans

1 . « Jupiter est représenté, avec un aigle sur la tête en qualité de roi ; sa fille porte une chouette. »

Aristophane. Les Oiseaux. V. 515.

2. Ce piédroit fut longtemps engagé dans la façade d’une maison , et ce n’est que depuis que celle-ci a été démolie et que le monument a été isolé, qu’on a pu s’assurer que l’inscription était bien encore à sa place antique.

base, AA A, de 1"’,22 de diamètre et 7‘“, 87 de hauteur^, portant son entablement et un fronton ; les entre-colonnements de droite et de gauche n’ont que tandis que celui du milieu, beaucoup plus large,

Propylée de la nouTelle Agora.

comme aux Propylées de l’Acropole, n’a pas moins de 3'", 42. Comme aux Propylées aussi, le nombre des triglyphes est double à cet entrecolonnement central. Les métopes n’ont jamais été ornées de sculptures,

Plan du Propylée de l’Agora.

non plus que le tympan du fronton. Celui-ci a perdu son sommet, mais les deux angles qui existent encore suffisent pour faire reconnaître qu’il

i , Cette hauteur de près de six diamètres et demi est une preuve de plus de la destination pureliieht civile du monument. Nous lisons en effet dans Vitruve :

« Columnarutn autem proportiones et symmetriæ non erunt iisdem rationibus, qilibus in œdibiia

NOUVELLE AGORA

était- Lin peu plus élevé qu’il n’était d’usage chez les Grecs, particularité due à l’influence romaine qui se fait sentir dans plusieurs détails du monument. A l’extrémité droite du fronton est un autre piédestal ou acrotère plus petit; on peut donc supposer avec Chandler^ qu’outre la statue équestre de Lucius César, le fronton portait les statues pédestres d’Auguste et de César, ou d’Agrippa, le véritable père de Lucius.

En arrière du portic{ue, s’étendait un triple passage, comme à la porte d’Herculanum à Pompéi^, deux chemins H étant réservés aux piétons, et un plus large G, au centre, étant destiné aux charrettes et aux bêtes de somme qui apportaient les denrées au marché.

L’ante B, réunie à la façade par son architrave, et l’un des piédroits D de l’arrière- porte DE, encore debout, un fragment du piédroit E , encore visible à fleur du sol , ainsi que quelc{ues pierres du soubassement des murailles^ qui formaient le triple passage, sont des éléments suffisants pour recomposer le plan du portique

Le passage central G avait 3'”, 50 de large ; les passages latéraux H, L",50 seulement. La largeur totale du portique est de lL",i/i ; sa profondeur était de O"’, iO. Les deux colonnes de gauche du portic[ue étaient, au temps de Stuart , engagées dans la maison occupée par le consul de France, et les deux de droite dans une église du Sauveur, xoG ayiou 2wT‘^poç, déjà ruinée alors et aujourd’hui détruite. C’est à cet édifice chrétien qu’il faut restituer quelques fragments d’architecture et plusieurs tronçons de colonnes de divers diamètres qui gisent sur le sol ; mais d’autres fragments ont appartenu au portique de l’Agora. Contre 1 une des colonnes est déposé un morceau du sommet du fronton, portant

sacris scripsi. Aliam enini in Deorum templis debent habere gravüateni, aliani in potticibus et cœteris operibus subtil itatem. » L. V, c. 9.

« Les proportions des colonnes (dans les portiques) ne doivent pas être les mêmes que celles que j’ai prescrites pour les édifices sacrés. Dans ceux-ci, il faut que les colonnes aient surtout de la majesté, tandis que, dans les portiques et autres monuments du môme genre, elles doivent avoir de la finesse et de l’élégance. »

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