‹ Athenes (volume 2)Chapitre 193 sur 276 · rvwp.Mv, gnomon · texte numérisé non relu

rvwp.Mv, gnomon

TOUR DES VENTS

ouvertes au nord-est et au nord-ouest, et qui facilitaient la circulation des citoyens qui venaient voir l’heure à la clepsydre. Ces portes étaient accompagnées chacune d’un petit péristyle A B, soutenu par deux

colonnes qui au nord-ouest sont eilcore en place ; une seule a été relevée au nord-est. Les frontons des deux portes sont détruits, mais le chambranle très -simple de celle du nord-ouest est intact. Les colonnes, hautes de A'", 4 5 sur un diamètre de 0'", 496, sont cannelées et sans base. Le chapiteau n’appartient à aucun ordre déterminé.

Chapiteau de la tour des Vents.

Le toit, pyramide à vingt-quatre pans, d’une construction remarquable, est formé de grandes dalles trapézoïdales de marbre, disposées comme des tuiles, avec des couvre-joints rayonnant autour d’un bloc central qui porte le triton.

Afin que le monument remplît complètement et en tout temps sa destination , il fallait remédier à l’absence de soleil qui , à la vérité moins souvent à Athènes qu’ailleurs, rend les cadrans solaires inutiles.

ün avait à cet effet établi dans l’intérieur une horloge d’eau , une clepsydre, Cette horloge marquait les heures par l’abais¬

sement du niveau de l’eau qu’elle contenait , abaissement que l’on pouvait constater et mesurer au moyen de divisions, spatia, tracées sur les parois du vase d’où elle s’échappait ou de celui dans lequel elle tombait goutte à goutte 2.

L’intérieur de la tour des Vents, large seulement de 6'",90, est un octogone régulier comme l’extérieur; une corniche fort simple règne à la hauteur de i"’,80 au-dessus du pavé; plus haut, à ù"%70 environ du sol, on en voit une autre fort riche et ornée de denticules et de modillons. Enfin, au-dessus, la muraille devient circulaire et présente sur un bandeau sans moulure huit petites colonnes doriques cannelées.

Au siècle dernier, cette rotonde servait de salle d’exercices à un TekkeJi ou couvent de derviches tourneurs. Stuart fit enlever le plancher établi par eux à environ 2“,30 au-dessus du sol antique, et fit débarrasser celui-ci de l’énorme quantité de décombres qui le recouvraient. L’ancien pavé de marbre put alors être examiné, et l’archéologue anglais reconnut au milieu l’emplacement de la clepsydre indiqué par plusieurs canaux déversant l’eau dans un trou central d’où elle s’écoulait par un conduit souterrain^. Dans les décombres qu’il enleva, il dit avoir trouvé une grande quantité d’ossements humains, d’où il conclut avec vraisemblance qu’à une époque restée inconnue le monument avait pu être affecté au culte chrétien.

Ce fut aussi aux fouilles faites par Stuart à l’extérieur de la tour des Vents qu’on dut la découverte d’une construction circulaire C, appliquée à son côté méridional. Nous devons y reconnaître le réservoir indiqué par Vitruve comme l’une des parties constitutives d’une clepsydre.

1. 11 en était ainsi au magnifique bain construit par Hippias, habile architecte, contemporain de Marc-Aurèle, édifice décrit par Lucien.

« On y trouve, dit-il, deux horloges, l’une marquant les heures au moyen de l’eau et d’un bruit, l’autre par un cadran solaire. » Lucien. Hippias ou le Bain.

2. Cicéron donne à la clepsydre le nom de solarium ex aquâ, tandis qu’il nomme le cadran solaire solarium descriptum, cadran tracé.

Vitruve (L. I, c. 8 et 9) donne la description des différents genres d’horloges connus des anciens. Il appelle les clepsydres horloges d’eau, horologia ex aquâ, et horloges d’hiver, horologia hiberna.

3. On ne comprend pas comment Legrand, qui visita Athènes longtemps après Stuart, ose s’attribuer l’honneur de ces fouilles et les observations qui en furent le fruit-

Page 1