‹ Athenes (volume 2)Chapitre 197 sur 276 · AU. C. XVIII · texte numérisé non relu

AU. C. XVIII

9. « Apres auoir establi ses loix, il les autorisa toutes pour l’espace de cent ans, et furent escrites sur des aixieux ou rouleaux de bois (xop^si;), qui se tournoyent dedans les tableaux, plus longs que larges, où ils estoyent enchâssés, dont il est encore demeuré quelques reliques iusque à nostre temps, que l’on monstre en l’hostel de ville (c’est ainsi qu’Amyot raduit npoTavetov), à Athènes. »

Plutarque. Vie de Solon.

Vesta et de quelques hommes célèbres, entre autres celle d’Autolycus le Pancratiaste ^ ; Miltiade et Thémistocle y sont aussi, mais on a enlevé les inscriptions de leurs statues pour y substituer les noms d’un Romain et d’un Thrace. »

C’est sans doute dans l’enceinte décorée de ces statues cjue siégeait un tribunal bizarre, l’Èrl Tirpuravetw, composé d’un certain nombre de prytanes. « Dans le Prytanée, ajoute Pausanias^, est un tribunal où l’on juge le fer et les autres instruments qui ont servi à commettre un meurtre. Voici, je crois, quelle en fut l’origine. Érechthée régnait à Athènes lorsque le Buphone^ tua pour la première fois un bœuf, et, laissant sa hache là, s’enfuit du pays; sur-le-champ, on fit le procès à la hache qui fut déclarée innocente ; cette cérémonie se renouvelle encore tous les ans. »

Dans un chapitre précédent'^, Pausanias a déjà parlé de cette coutume : « Je vais, a-t-il dit, décrire ce qui se pratique dans les sacrifices qu’on offre à Jupiter Polieus, mais je ne dirai pas la raison qu’on en

1. Athlète qui avait excellé dans l’exercice mêlé de lutte et de pugilat appelé pancrace. Cette figure de bronze était l’œuvre de Léocharès (Pline. L. XXXIV, 19). La statue d’un athlète semblerait assez singulièrement placée auprès de celles de Miltiade et de Thémistocle, si on ne le connaissait que par ce passage d’Athénée :

« A l’époque de l’archontat d’Aristion (421 ans avant J.-C.), Eupolis, donnant son Autolycus, fit persifler par Démostrate la victoire de ce pancratiaste. » Deipn. L. V.

Mais nous trouvons dans Plutarque le récit du fait qui avait pu motiver les honneurs rendus à Autolycus. Lorsqu’on 414 Lysandre établit les trente tyrans à Athènes, il mit une garnison dans l’Acropole sous les ordres d’un harmoste ( âpjj.ocTx^i;, gouverneur donné par les Spartiates aux places conquises) nommé Callibius, « lequel haussa vn baston qu’il tenoit en sa main pour en dOner à Autolycus, homme dispos et roide à la lucte, sur lequel le philosophe Xénophon composa adis le liure qu’il appella le Conuiue; mais lui, qui entendoit les ruses de la lucte, le saisit soudainement aux cuisses et, l’enleuant en l’air, le ietta par terre à la renuerse ; de quoi Lysander, nonseulement ne se courrouça point, mais reprit encore Callibius, disant qu’il se deuoit souvenir, s’il eut esté sage, qu’il avoit à gouuerner des homes libres et non pas des esclaves. Toutesfois peu de iours après les trente nouueaux réformateurs firent mourir cestuy Autolycus pour faire plaisir à Callibius. » Plutarque. Vie de Lysandre.

Diodore de Sicile (L. XIV, § 5) fait d’Autolycus « un orateur remarquable par la liberté de ses opinions; » enfin Xénophon le présente comme aussi remarquable par sa beauté que par sa force, et, comme l’a dit Plutarque, suppose qu’on donna en son honneur le banquet qu’il a pris pour sujet d’un de ses ouvrages.

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