PRYTANÉE
donne. On met sur son autel de l’orge et du blé mêlés ensemble qu’on laisse là sans aucune garde ; le bœuf destiné au sacrifice s’approche de l’autel et mange ces grains; alors un des prêtres, qu’on nomme le Buplionus, lui lance sa hache (ainsi le veut la coutume) , et prend aussitôt la fuite; les assistants, comme s’ils n’avaient pas vu celui qui a commis cette action, font faire le procès à la hache. C’est ainsi que cela se passe C «
Les objets qui, dirigés par une main inconnue, ou qui, renversés par un accident quelconque, avaient occasionné la mort d’un citoyen, étaient condamnés à l’exil et transportés hors du territoire de la république par les phyloh asiles , (pulol^aciXeîç 2.
Le Prytanée fut renversé par un tremblement de terre, la sixième an-
Ruines du Prytanée.
née de la guerre du Péloponèse (l’an /i26 avant Jésus-Christ), mais il fut reconstruit, et Leake regarde comme certain qu’on peut lui attribuer quelques ruines dont la position est parfaitement d’accord avec le récit
1. « Les Athéniens, dans une certaine fête, immolaient un bœuf; c’était la coutume que tous ceux
qui étaient censés avoir eu part à la mort de l’animal fussent appelés en justice, l’un après l’autre, et successivement déchargés de l’accusation, jusqu’à ce qu’on fût arrivé au couteau qui était seul condamné comme ayant réellement tué le bœuf. » Ælien. Ilist. div. L. VIII, c. 3.
Porphyre nous apprend comment se faisait cette procédure. On intentait d’abord l’accusation contre les filles qui avaient apporté l’eau pour arroser la pierre sur laquelle on aiguisait le couteau; les filles rejetaient le crime sur celui qui avait aiguisé le couteau; celui-ci sur l’homme qui aval frappé le bœuf; l’homme sur le couteau, qui, se trouvant ainsi le seul coupable, était jeté dans la mer.
2. Magistrats qui présidaient aux sacrifices offerts par leurs tribus, de cpu).iq, tribu, et paat)v£oç, roi.
de Pausanias. C’est en effet au pied de l’Acropole, à peu de distance à l’est de la grotte d’Aglaure, et près du lieu où commençait la rue des Trépieds, que, au fond d’une impasse ouvrant sur la rue d’Adrien, on trouve un pan de muraille, seul reste du Prytanée.
La partie inférieure de cette muraille formant un angle très-ouvert est composée de grandes assises régulières de pierre du Pirée. Ce soubassement avec la plinthe qui le surmonte nous semble seul appartenir aux beaux temps de l’art grec; le reste date évidemment d’une époque déjà presque barbare. Les pierres inégales paraissent provenir d’édifices plus anciens. Au-dessus règne un bandeau de marbre noir d’Eleusis sur lequel s’élèvent des constructions tout à fait modernes de briques et de moellons.
Le côté extérieur de la muraille, entièrement défiguré par les bâtisses turques c{ui y avaient été accolées, donne sur une place nommée place du Prytanée, TvlaTsîa iip’jTavsîou.
Derrière le Prytanée était un terrain consacré à Apollon, appelé Aip-oO xe^iov, champ de la Famine, parce que l’oracle avait ordonné aux Athéniens de le dédier au dieu, à l’occasion d’une famine. Leake croit reconnaître le Aip.ou dans un petit jardin qui s’étend entre la muraille
antique et le pied du rocher de l’Acropole.
Bains romains. En nous dirigeant du Prytanée vers l’arc d’Adrien, arrêtons-nous un instant à la charmante église russe récemment restaurée; nous y trouverons, dans sa nef même, une trappe et un escalier à marches très-élevées et très-étroites par lesquelles nous descendrons dans un petit bain romain qui mérite de fixer un moment l’attention, ne fût-ce c|ue par la parfaite conservation de ses trois hypocaustes ^ et de ses deux petits pavés de mosaïque. On y voit aussi quelques fragments de sculpture trouvés dans les fouilles.
Arc d’Adrien. Ce monument^ est situé au sud-est de l’Acropole et à l’angle nord-ouest du péribole du temple de Jupiter Olympien. Ses deux faces de marbre pentélique étaient absolument semblables, et formées de blocs de grand appareil réunis par des crampons sans
1. Fourneaux souterrains (uTtoxauffiç ou vuroxaucïTOv, de Oto, sous, et xatw, brûler) qui chauffaient les diverses salles des bains.
2. Voy. la vignette à la fin du chapitre, et la vue du temple de Jupiter Olympien, p. 214.