‹ Athenes (volume 2)Chapitre 204 sur 276 · To çàvapiov xoù Arjp.o(79£vou · texte numérisé non relu

To çàvapiov xoù Arjp.o(79£vou

L’origine de cette absurde dénomination est dans la croyance que c’était dans ce réduit que Démosthène se retirait pour étudier. Nous verrons, qu’il n’y avait ni porte ni espace qui rendissent cette supposition possible. Nous n’accepterons pas davantage l’hypothèse de Spon : « L’ornement qui

MONUMENT GHORAGIQÜE DE LYSICRATE.

2‘",80 de diamètre hors œuvre; il est formé de six colonnes portant un entablement et une calotte, un tholus, surmonté d’un élégant fleuron.

L’édicule, tout entier de marbre pentélique, repose sur un soubassement carré à moitié enterré, composé de trois degrés, hauts chacun de 0‘",33, légèrement en retraite les uns au-dessus des autres et formés de pierres

du Pirée. Les joints du piédestal sont accusés par un léger refend; sa corniche de marbre de l’Hymette, haute de 0"’,32, est des plus simples. On a voulu fouiller ce soubassement et on y est entré par une ouverture pratiquée violemment sur l’une des faces; on n’y a trouvé qu’une cavité irrégulière, haute de 2'”, 30, large de 0’",70 à 0™,90, et qui évidemment n’avait été réservée que pour économiser les matériaux. Sur l’architrave du monument on lit cette inscription :

ArSIKPATHX ArXIOEIAOr KIKYNErX EXOPHTEI AKAMANTIX IIAIAÜN ENIKA OECIN HTAEI ArSIAAHX A0HNAIOX EAIAAXKE ETAINETOX HPXE

« Lysicrate de Cicyne, fils de Lysithides, était cliorége.

La tribu Acamantide avait remporté le prix du chœur d’enfants.

Théon avait joué de la flûte ’ ; Lysiade, Athénien, avait composé la musique 2;

Evænète était archonte. »

L’archontat d’Évænète remonte à la seconde année de la 3*^ olympiade (355 avant Jésus-Christ) , époque du passage d’Alexandre en Asie.

est au-dessus, dit-il, est comme une lampe à trois becs, ce qui lui a peut-être fait donner le nom de lanterne, quoique, apparemment, cela n’ait été mis que pour l’embellissement. » (T. II, p. 172.) On a parlé aussi quelquefois de Lanterne de Diogène, mais alors ce n’est plus qu’une simple allusion à la forme du monument et non pas une appellation prétendant pouvoir être justifiée.

1. Le musicien qui accompagnait les chœurs avec la double flûte était nommé choraules ou c/toraula, y opaû),Y);, tandis que celui qui jouait seul de la flûte, le soliste, comme on dirait chez les modernes, se nommait aulœdus, àoXw86ç.

2. Nous savons que, dans les inscriptions choragiques, on traduit ordinairement le mot èStSàoxe

xVTHÈNES.

Nous sommes donc fixés sur la date de l’édifice qui nous occupe, et nous trouvons en lui le plus ancien exemple que nous possédions d’un monument d’ordre corinthien La base est absolument ionique. Le chapiteau, haut de 0"*,495, est du reste bien différent de celui qui se trouve aux monuments corinthiens d’époque plus récente. Les six colonnes, auxquelles

deux gradins circulaires formés d’autant d’assises monolithes servent de stylobate, ont leurs fûts également d’un seul morceau de marbre; elles ont 3”h55 de hauteur, compris la base et le chapiteau, et leur diamètre est de 0'",33. Les cannelures descendent très-bas sur le fût et elles se terminent dans la partie supérieure par une espèce dé feuille d’eau dont on chercherait vainement un autre exemple dans l’antiquité. Entre les cannelures et le chapiteau est une bande en creux qui paraît avoir dû contenir un ornement, sans doute de bronze doré, formant collier. Les colonnes sont presque à moitié engagées dans un mur circulaire formé d’autant de panneaux de marbre épais de 0"’,i7 dont elles cachent le point de jonction.

De ces panneaux, un seul, celui qui regarde le nord, est intact; celui qui lui est diamétralement opposé est complet, mais fendu; à deux autres

par fut le poêle, et que, par extension, on disait Stodoxeiv 8pà[j.a, faire jouer une pièce, parce que l’auteur montrait aux acteurs comment ils devaient jouer (Alexandre. Dict. grec), le véritable sens du verbe étant apprendre, enseigner. Puisqu’il s’agit ici de musique, il nous semblerait assez

juste que sur l’inscription choragique, à côté du joueur de flûte qui accompagnait les chanteurs et leur donnait le ton, on eût fait figurer le compositeur, le maestro, qui les avait instruits et dirigés, plutôt que l’auteur des paroles qui, en réalité, avait peu contribué à la victoire. Nous trouvons une preuve à l’appui de notre opinion dans une autre inscription choragique que nous aurons bientôt occasion de citer. Du reste, Chandler (T. II, p. 425) paraît s’en rapprocher également lorsqu’il traduit èStôdffxe par fut l’instituteur, i. Voy. p. 209, note 4.

MONUMENT CHÜRAGIQUE DE LYSICRATE.

il manque quelques parties , et les deux derniers sont remplacés par des murs modernes en maçonnerie. En haut de chaque panneau, entre les chapiteaux, étaient sculptés en bas-relief deux trépieds en forme d’autels portatifs

L’intérieur du monument, n’étant pas destiné à être vu, n’a jamais été ravalé, les chapiteaux n’y sont que massés, et les colonnes, ayant toujours été engagées, ne sont point cannelées en dedans. Le réduit circulaire que contient l’édicule n’avait d’ailleurs que de diamètre, et

aucune entrée n’avait été ménagée 2. Si on y a pénétré autrefois, ce n’a été qu’en brisant un des panneaux dans l’espoir d’y découvrir un trésor^.

La partie supérieure du monument accuse dans son auteur plus de goût que de science, plus de tendance à la richesse, à l’élégance, que de respect pour les règles de l’art; aussi a-t-on pensé, et selon nous avec raison, que cet édicule est l’œuvre d’un sculpteur plutôt que d’un architecte. M. Pittakis ayant trouvé dans le voisinage un fragment de marbre portant les mots nPASiTEAiis eiioihsen, « Praxitèle a fait, » croit pouvoir en conclure que cet illustre sculpteur fut l’auteur ou l’un des auteurs du monument de Lysicrate ; mais cette conjecture aurait besoin d’être appuyée sur des preuves plus solides et plus concluantes. M. Pittakis n’a point indiqué à quelle partie du monument eût dû appartenir l’inscription, c^ui d’ailleurs a pu tout aussi bien faire partie de cjuelque autre œuvre de Praxitèle, telle par exemple c{ue le Satyre qui se trouvait justement dans la rue des Trépieds

L’architrave et la frise du monument de Lysicrate étaient d’un seul morceau de marbre évidé en forme de couronne, haut de 6"‘,58, sur

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