Voy. la lettre en tète du chapitre
2. L’inspection du monument ne permet pas d’admettre un seul instant, avec Leroy, que deux entre-colonnements opposés n’aient point été fermés dans le principe.
3. En examinant le monument, on ne peut comprendre que Leake se soit obstiné à y reconnaître un temple et à soutenir énergiquement cette opinion dans sa Topographie d’Athènes.
4. « On voit dans la rue des Trépieds le Satyre que Praxitèle regardait comme un de ses meilleurs
ouvrages. Phryné, dont il était l’amant, lui ayant un jour demandé la plus belle de ses statues, il consentit, dit-on, à la lui donner, mais il ne voulut pas la désigner. Alors Pbryné aposta un do ses esclaves qui vint en courant dire que le feu, ayant pris à la maison de Praxitèle, avait consumé la plus grande partie de ses ouvrages, que cependant tout n’avait pas péri. Praxitèle se précipita aussitôt à la porte en criant que tout le fruit de ses travaux était perdu, si la flamme n’avait pas épargné son Amour et son Satyi’e. Phryné le rassura en lui disant qu’il n’y avait rien de brûlé ; mais que, grâce à cette ruse, elle venait d’apprendre de lui-même ce qu’il avait fait de mieux ; et elle choisit ta statue de l’Amour. » Pausamas. Att. C. XX.
environ 7'", 50 de circonférence. Nous avons dit que l’inscription était gravée sur l’architrave. Sur la frise, haute de règne un charmant
bas-relief, malheureusement fort mutilé, dans lequel on s’accorde aujourd’hui à reconnaître un des traits de l’histoire de Bacchus, qui trouvait tout naturellement sa place sur le monument d’une victoire remportée aux fêtes de ce Dieu Peut-être même le sujet du bas-relief était-il celui du
poème chanté par le chœur victorieux 2. Les figures au nombre de trente représentent la punition des pirates tyrrhéniens ; les uns sont changés en dauphins par Bacchus les autres sont tués par ses suivants à coup de thyrses ou de flambeaux.
1. Francis Vernon avait cru voir dans ces bas-reliefs les travaux d’Hercule; aussi , dans une lettre écrite de Smyrne le 10 janvier 1C7G au rédacteur des Transactions philosophiques, fait-il du monument de Lysicrate un temple dédié à cette divinité. Cette opinion fut adoptée encore cent ans plus tard .par Leroy, dans ses Ruines des plus beaux monuments de la Grèce.
2. Cette frise est gravée tout entière dans les Monuments de la Grèce de Legrand et les Antiquités d’Athènes de Stuart et Revett.
3. Les fables de Lucien et d’Ovide ne sont d’accord que sur un point, la métamorphose des pirates en dauphins; mais, suivant le premier, ce châtiment leur fut infligé après un combat naval; suivant le second, après une trahison tentée contre Bacchus enfant. Dans l’un et l’autre cas, la scène se passe sur mer; mais il paraît qu’il existait encore une troisième tradition, car, au monument de Lysicrate, la métamorphose a lieu sur le rivage d’où les pirates se précipitent dans leur nouvel élément.
« Le Dauphin : Ne soyez pas surpris, Neptune, que les dauphins soient bons envers les hommes, puisque nous-mêmes nous sommes des hommes changés en poissons.
« Neptune : Aussi ne suis-je pas content de Bacchus, qui, après vous avoir vaincus dans un combat naval, vous a métamorphosés de la sorte, lorsqu’il eût suffi de vous avoir soumis comme il en avait soumis d’autres. » Lucien. 8® Dial. Marin.
« . Primusque Medon nigreseere pinnis
Corpore depresso et spince curvamina flecti Incipit ; huic Lycabas : in quœ rniracula, dixü,
Vei teris? Et lati rictus et panda loquenti Naris erat, squamamque cutis durata irahehat.
Al Libys obstantes dum vult obvertere remos In spatium resilire manus breve vidit; et illas Jam non esse manus, jarn pinnas passe vocari.
« Médon, le premier, sent naître de sombres nageoires sur ses membres courbés, et son dos s’arrondit en arc. Quelle étrange métamorphose ! s'écrie Lycabas, et sa bouche s’élargit en parlant, ses narines s'étendent, et sa peau durcie se couvre d'écailles. Lybis veut retourner la rame qui résiste ; mais il voit ses mains se rétrécir ; déjà elles ont perdu leur orme première, déjà ce ne sont plus que des nageoires. »
Ovide. Métam. L. III, v. 671 et suiv.
MONUMENT CHORAGïQUE DE LYSICRATE. 275
La cornicliG, orncG cIg dGiiticulGS, Gst fonnéG dG trois blocs do niarbro unis GnsGmblG Gt maintGiius par la calottG, qui Gst égalGiUGiit dG marbrG, mais d’un sguI morcGau , coinprGnant mêniG la partiG infériGurG du flGuron qui SGrvait d’amortissGinGnt. Cgüg couvGrturG était sculptcG avGC 1g plus grand soin Gt rGvêtuG dG fGuillGS dG lauriGr disposéGS Gii écaillGS. Au bord règiiG coinniG uno doublo couroniiG forméo GxtériGurGinGnt do paliuGttGS Gt intériGurGinGiit dG l’ornGmGnt courant que l’on nomme postes.
Enfin, 1g tout est surmonté d’un grand et riche fleuron haut de dont la face supérieure, de forme triangulaire, avait reçu le trépied, prix de la victoire. On y voit encore les trous de scellement
des trois pieds aux extrémités du triangle, et au milieu une cavité plus grande ayant reçu une tige centrale qui fixait plus solidement le trépied.
La hauteur totale du monument, compris le soubassement et l’amortissement, est de 10"’, 45, hauteur qui, au premier coup d’œil, semble un peu disproportionnée avec la faiblesse de son diamètre ; mais, malgré ce léger défaut, le monument de Lysicrate n’en est pas moins une des plus charmantes productions de l’art grec. Tel il avait paru à M. de Choiseul-Gouffier, qui, lors de son ambassade à Constantinople, l’avait fait dessiner et mouler par M. Fauvel, alors consul de France à Athènes.
En 1801, MM. Trabuchi frères exécutèrent, à l’aide de ces matériaux, une copie en terre cuite de la grandeur de l’original, ayant seulement transformé le monument en un véritable temple monoptère, par la suppression des plaques qui ferment les entre -colonnements. Cette copie, exposée dans la cour du Louvre, valut à ses auteurs une médaille d’argent, et Napoléon I"" fit construire, sur le point le plus élevé du parc de Saint-Cloud, sous la direction des architectes Legrand et Molinos, une tour carrée où elle fut placée et se trouve encore aujourd’hui , portant, comme à Athènes, le nom de lanterne de Démosthène^.
Monument choragique de Tiirasyllus. Dans le flanc méridional du ■ rocher de l’Acropole, taillé verticalement en cet endroit, au-dessous du mur de Cimon, et au sommet des gradins du théâtre de Bacchus^, s’ouvre une grotte depuis longtemps convertie en une chapelle sous l’invocation de Notre-Dame de la Caverne^. Dans l’antiquité, un chorége vainqueur avait fait de cette grotte un sanctuaire consacré à Bacchus et destiné à éterniser le souvenir de sa victoire choragique. Nous trouvons ce monument indiqué sur une médaille d’époque romaine qui représente le théâtre de Bacchus et l’Acropole qui le surmonte.
A .1‘", 60 en avant de la grotte , on avait élevé le frontispice de marbre
1. Un moulage plus exact du monument de Lysicrate se voit maintenant à l’École des Beaux-Arts de Paris.
2. Voy. la vignette en tête du chapitre et plan de l’Acropole A'.
Leroy, n’aj^ant pas reconnu la présence du théâtre de Bacchus, fait cependant la singulière supposition qu’en avant du monument de Thrasyllus « il devait y avoir un espace destiné aux combats d’athlètes. » N’ayant pas compris l’inscription, il pense qu’elle rappelle une victoire remportée dans ce genre de combat.
3. Les auteurs de VExpédition scientillque de Morée prennent cette grotte pour celle d’Aglaure, et les deux colonnes qui la surmontent pour des monuments du Bas-Empire. Il faut dire, pour leur justification, qu’ils n’ont pu en approcher, non plus que de l’Acropole encore au pouvoir des Turcs.