Dictionnaire des beaux-arts, au mot Ouchestre
6. On recevait les ambassadeurs étrangers au théâtre. En l’an de Rome 471, les Tarentins y reçurent les envoyés du sénat romain, suivant l’usage des Grecs, ut est consuetudo GræcicB, ditValère Maxime (L. II , c. 2 ).
Parfois aussi les causes importantes étaient jugées par le peuple assemblé dans le théâtre. Cest là que furent condamnés Phocion et ses compagnons. « Encore fut la façon dont on les mena ignominieuse; car on les traîna dessus des charioits tout le long de la grande rue Céramique, iusques au théâtre, là où Clitus les tint tant que les magistrats eussent fait assembler le peuple, sans forclore {exclure) de ceste assemblée ni serf, ni estranger, ni homme noté d’infamie, ains laissant le théâtre ouvert à tous et à toutes de quelque condition qu’ils fussent. » Plutarque. Vie de Phocion.
7. C’était sans doute du haut de la thymèle que le poète Philémon avait commencé la lecture d’une comédie que la pluie interrompit et que la mort subite, qui le frappa pendant la nuit, ne lui permit pas d’achever le lendemain. (Apulée. Flor. XVI.)
8. « Les sophistes annonçaient un discours comme aujourd’hui un musicien voyageur annonce un
concert, et les peuples accouraient de toutes parts pour les entendre et leur pajer généreusement le plaisir qu’ils procuraient. » Boissonade. Biogr. Michaud. Art. Lucien.
C’est en effet à ce métier, dont on retrouverait encore aujourd’hui quelque trace en Aiigleteire, que Lucien gagna une fortune considérable, en parcourant l’Asie Mineure, la Grèce, 1 Italie et les Gaules.
« Anaxandride parut un jour à cheval ani théâtre d’Athènes pour y réciter un dithyrambe et une partie de sa tragédie de Thérée. » Athénée. Deipnos. L. IX.
L’orchestre F de l’Odéon d’Athènes était parfaitement semi- circulaire; il avait 18'", 80 de diamètre. Son dallage est en carreaux de marbre noir d’Éleusis, de 0'",57 de large. Sous celui-ci s’étendait une vaste citerne.
Aux côtés du proscenium s’ouvraient deux grands vomitoires GG, c[ui, faisant coude, débouchaient par huit degrés parfaitement conservés aux deux extrémités de la façade méridionale du monument. Ils étaient dallés comme l’orchestre, et, à leur entrée dans celui-ci, étaient décorés de grands pilastres de marbre c|ui subsistent encore en partie.
La scène, Gxr.vTi, construction rectangulaire, AB, qui faisait face au xo’Aov, à l’hémicycle, comprenait le proscenium, V hyposcenium, la scène proprement dite, et le postscenium.
Le proscenium, xpoaxviviov, A, ne correspondait que fort imparfaitement, malgré son nom, à ce que nous appelons aujourd’hui avant-scène. Au devant était une plate-forme avançant sur l’orchestre, \e pulpitum, oxpiêaç, estrade, ou Xoyerov, endroit où l’on parle, et qui serait chez les modernes l’espace compris entre le rideau et la rampe ; c’était sur le proscenium et le pulpitum que s-e tenaient les acteurs. Le petit mur qui soutenait le plancher du pulpitum, du coté de l’orchestre, était revêtu de grandes dalles de marbre ornées d’élégantes moulures. Dans ce mur, aux extrémités de l’arc de l’orchestre, étaient les deux petits escalier^ de quatre marches, mm, dont nous avons parlé
L’ hyposcenium, uto(7x.-/]viov ou u7i:oGx//]via, était le dessous du théâtre, qui, comme chez nous, restait vide pour les apparitions, les descentes sous terie, etc. On lui donnait aussi le nom de hronteium, Ppovreiov, parce c{ue c était là qu étaient places les vases d’airain remplis de pierres que l’on agitait pour imiter le bruit du tonnerre, Ppovxn'. U hyposcenium est encore parfaitement reconnaissable à l’Odéon d’Athènes.
Le haut de la scène, que nous appelons les frises , était nommé épiscenium, eTULG/tviviov, et servait, comme chez nous, aux changements de décorations, aux descentes de gloires, etc.
1. « On voit, éciivait Cliandler en 17G5, dans la muraille du proscenium, une petite niche ou cavité dont l’entrée est fort basse. Les derviches ont au-dessous un teckeh, ou lieu d’adoration, et une chambre dans laquelle tout Turc condamné à être étranglé trouve ordinairement une corde d’arc pour cet office. » Voyage en Grèce. T. II, p. 430.
ODÉON DE RÉGILLA.
La scène, iryz/fwi II, correspondait à notre toile de fond, avec cette différence que c’était une construction solide, embellie des plus riches ornements de l’architecture^. Sa largeur était ici de 75. La distance qui la séparait du mur du pulpüum était de 8'", 20, mais ses décorations en saillie réduisaient l’espace réservé aux acteurs à 5 mètres seulement.
La scène, comme à l’ordinaire, présentait trois portes au fond et une en retour à chaque bout. La porte du milieu l, plus grande que les autres, s’appelait la porte royale, tituXvi ^ixaiki'A-/i ^ aida regia, parce qu’elle était censée conduire au palais du protagoniste, du personnage principal chez lequel le drame se passait. Les deux portes plus petites nn, qui accompagnent celle-ci, étaient les ^evixai Tuu^ai, les hospitales, ainsi nommées parce qu’elles servaient aux hôtes et aux étrangers. Celle de droite était réservée au second personnage ou deuter agoniste, et celle de gauche au menu peuple; souvent aussi cette dernière était censée conduire à la prison 2. Entre ces portes étaient huit niches alternativement rondes et carrées séparées par des pilastres et des demi-colonnes.
Enfin, les deux portes oo, percées dans les versurœ, murs en retour qui, aux extrémités de la scène, circonscrivaient l’espace réservé à l’action, étaient supposées conduire l’une au port ou à la ville,’ l’autre à la campagne^. Entre chacune de ces portes et le vomitoire voisin était une niche destinée également à recevoir une statue.
Les constructions B, qui s’étendaient derrière la scène, mais dont, ainsi cjue nous l’avons dit, il reste peu de traces, composaient le postscenium, T:apac>i-/;via, lieu OÙ les acteurs s’habillaient et où se préparait tout ce c{ui était nécessaire aux représentations ; c’était aussi ce que les anciens nom-
1. « Dans le principe, la scène n’avait d’autre ornement que ces colonnes, ces bas-reliefs, ces statues qui étaient établis à demeure. Un artiste, nommé Agatharcus, conçat l’idée des décorations du temps d’Eschyle, et, dans un savant commentaire, il développa les principes qui avaient dirigé son travail. Ces premiers essais furent ensuite perfectionnés, soit par les efforts des successeurs d’Eschyle, soit par les ouvrages qu’Anaxagore et Démocrite publièrent sur les règles de la perspective. Les anciens avaient aussi poussé assez loin l’art du machiniste. »
Pompeta. 2® édit., p, 171.