‹ Athenes (volume 2)Chapitre 26 sur 276 · AILE DROITE DES PROPYLÉES · texte numérisé non relu

AILE DROITE DES PROPYLÉES

faire supposer à Stuart, et à Leake d’après lui, l’existence d’une arrièresalle jouant ici le même rôle c{ue la Pinacothèque dans l’aile septentrionale. 11 suffisait cependant de jeter les yeux sur un plan exact de l’Acropole pour reconnaître que l’espace eût manciué, et que près de la moitié de cette salle se fût trouvée en dehors des murailles et suspendue sur le vide. L’angle sud-est du soubassement de la tour est parfait et ne présente aucun arrachement indicjuant la prolongation du mur oriental ; enfin, cet angle s’appuie sur une antique muraille pélasgic^ue 00, qui se dirige obliquement du sud-ouest au nord-est, et ciui eût traversé la salle. Il nous semble donc évident que la porte percée au fond du portique méridional des Propylées ne conduisit jamais c|u’à une petite enceinte irrégulière, découverte, dont il serait difficile de préciser la destination.

Mur cyclopéen. Pénétrant dans ce réduit, nous trouvons le mur cyclopéen ou pélasgique 00 dont nous avons parlé; il est composé de blocs

irréguliers, aux angles généralement émoussés, et à la face grossièrement aplanie. Il n’en reste qu’un petit nombre d’assises. Nous ne pensons pas, avec M. Beulé, ciue ce mur ait pu faire partie des fortifications de l’Eiméapyle; sa construction, beaucoup moins soignée c[ue celle des autres restes pélasgiques de l’Acropole, nous porte à croire que cette muraille, destinée seulement à soutenir la terrasse qui devint l’enceinte de Diane Brauronia, dut être revêtue d’un parement de construction plus soignée dont la partie supérieure pût servir de parapet.

A l’extrémité nord-est de la muraille cyclopéenne, derrière l’aile droite des Propylées, se présente en saillie une ante de marbre blanc 20, ayant évidemment formé l’un des côtés d’une porte dont l’autre pied-droit fut détruit par Mnésiclès lorsqu’il construisit les Propylées. Cette porte, qui paraît aj'ipartenir à une époque déjà avancée de l’art, sans doute à celle

des Pisistratides, eût été, suivant M. Beulé, un ornement ajouté à l’Ennéapyle. Nous croyons que ce ne fut que l’entrée d’une petite enceinte sacrée dans laquelle s élevait l’édicule P, dont nous allons parler, et qui eût barré le chemin, si de ce côté eût été l’entrée de l’Acropole. On a passé en effet par là, comme nous l’avons dit, pendant tout le moyen âge, mais alors le sol était exhaussé jusqu’au sommet du mur cyclopéen, et on arrivait de plain-pied sur la terrasse de Diane Brauronia.

Dans l’enceinte en question, au pied du mur pélasgique, nous voyons encore sur le sol les restes d’un soubassement de marbre P, en forme d’équerre, dont le côté oriental est parallèle à la muraille, et devait s’appuyer contre son revêtement. Ce côté, aussi bien que celui du sud, vient se perdre sous l’aile droite des Propylées. Ce devait être un petit édifice sacré dont, contrairement à l’opinion de M. Beulé, qui en adosse le fond à la muraille cyclopéenne pour en tourner l’entrée vers ce qu’il croit avoir été le chemin de l’Ennéapyle, nous pensons que la façade regardait le nord, et par conséquent la porte de marbre dont nous venons de voir un des pieds-droits encore debout. Il est évident que les derniers restes de cet edicule détruit à l’époque de la construction des Propylées devaient disparaître entièrement; mais nous avons vu que la dernière main ne fut pas mise au monument de Mnésiclès ; nous ne devons donc pas nous étonner de retrouver encore cette ruine dans un lieu entièrement masqué par le nouvel édifice.

Cet édicule, voisin du temple de la Victoire Aptère, ne pourrait-il pas être le monument qui avait été consacré à Égée et dont parle Pausanias ^ ?

Pour compléter l’examen des Propylées, nous reviendrons au grand portique L, et au passage central KEQ; celui-ci a une longueur de mètres, égale à celle de tout le corps principal des Propylées ; il est dallé en pierres fortement striées, unies entre elles par des crampons de cette forme , dont on voit encore les traces. Les dalles formaient un plan incliné présentant de loin en loin des degrés de 0'",15 seulement de hauteur, comme dans les escaliers que les Italiens nomment cordonate ou scale a cordoni, et accessible aux bœufs qui, en plusieurs endroits, ont laissé dans la pierre la profonde empreinte de leurs sabots. Le sol du

\. Att. C. XXII.

INTÉRIEUR DES PROPYLÉES. So

vestibule, à droite et à gauche de ce chemin, étant horizontal, chacune des portes qui en occupent le fond est précédée de cinq degrés. C’est pour racheter peu à peu cette différence de niveau que le chemin central A B

Coupe du chemin central.

monte depuis son entrée. Aussi, à partir du troisième entre-colonnement, voit-on une de ses dalles G s’elever déjà au-dessus du niveau du pave D E du vestibule, et les suivantes devaient s’élever de plus en plus jusqu’à la hauteur de la marche supérieure AF de l’escalier du fond.

Au delà des Propylées, le chemin se continuait dans la direction du Parthénon, comme l’indiquent les stries taillées dans le roc.

Le passage des Propylées pouvait être fermé par une barrière, et l’on y voit encore, en face du second entre-colonnement, dans une dalle du pavé, un trou carré de 0'’hi5 qui dut recevoir le montant de cette barrière qui sans doute était de bois et s’enlevait tout d’une pièce au lieu de s’ouvrir. Nous verrons qu’une autre grille existait au portic{ue oriental.

La muraille de fond du vestibule était, comme nous l’avons dit, percée de cinq portes RS T, d’inégale grandeur, aux quatre plus petites desquelles on montait par cinq degrés. ‘Les quatre degrés inférieurs de marbre blanc ont 0'",liO de largeur sur 0-",28 de hauteur; le cinquième, formant seuil et haut de 0"‘,32, est en marbre noir d’Éleusis. Ces degrés présentent dans leur angle rentrant le même petit canal carré que nous avons signalé à ceux du portique occidental

La porte centrale R, haute de 7"', 65, est large de à‘",80, et son linteau n’a pas moins de 6"', 35 de longueur. Les deux portes S, qui flanquent celle-ci à droite et à gauche, ont à"h96 de hauteur sur de largeur;

enfin les deux dernières T, beaucoup plus petites, n’ont ciue 3"', 62 sur On voit encore dans les pieds-droits de ces portes les trous de scellement des anciens chambranles de bronze. Toute la partie du pilier qui était recouverte par eux n’est que grossièrement aplanie à la pointe du

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