‹ Athenes (volume 2)Chapitre 25 sur 276 · Paisvnias. Att. L. XXII · texte numérisé non relu

Paisvnias. Att. L. XXII

rement eussent formé une suite, eussent eu une donnée commune, comme nous verrons qu’il en avait été au Pœcile. Rappelons que, parmi ces peintures, Pausanias indique un portrait d’Alcibiade vainqueur aux jeux Néméens, et que le brillant élève de Socrate n’était encore qu’un enfant à la mort de Polygnote.

Dans la partie supérieure du mur septentrional ou de fond, partie qui ne date que du moyen âge, est une petite fenêtre double et carrée 15. A la même hauteur se trouve une autre fenêtre 16, dont le linteau sculpté est évidemment byzantin. Dans la Pinacothèque, aussi bien que dans le portique qui la précède, on voit les traces de poutres qui les avaient divisés en étages. Ces travaux, et sur ce point nous sommes d’accord avec M. Beulé, nous paraissent devoir être attribués au premier duc d’Athènes, Neri Acciajuoli, mort en 1393, et que les historiens nous apprennent avoir enrichi sa nouvelle capitale de nombreux édifices. Il découvrit l’aile gauche des Propylées, si toutefois la couverture existait encore à cette époque, en fit surélever les murailles où l’on distingue encore des vestiges de peinture du même temps, et, la partageant par des planchers, la rendit habitable^. Aussi, après la conquête d’Athènes par Mahomet II, cette partie des Propylées devint-elle la demeure de l’aga turc, commandant la citadelle.

L’aile gauche des Propylées a été convertie également par les modernes en une sorte de musée. Dans le portique, sur des tables de pierre, sont scellés des pieds, des mains, des têtes et autres fragments de sculpture provenant des fouilles de l’Acropole. La Pinacothèque est remplie d’inscriptions, de stèles, etc. On y remarque plusieurs des tuiles de marbre qui couvraient les Propylées, divers fragments des sculptures du Parthénon, un charmant bas-relief trouvé près de la grotte de Pan, représentant une matrone devant ce dieu, dont malheureusement la partie supérieure est brisée. Des inscriptions trouvées dans la Pinacothèque même nous font connaître la part que chacun des peuples de l’Attique avait prise au çopôç, cette contribution pour la guerre contre les Perses, dont le produit était déposé dans l’opisthodome du Parthénon et qui fut employé en partie par Périclès aux embellissements d’Athènes.

1. Ces murailles, d’une hauteur à peu près égale à celle de la construction antique, se retrouvent encore avec leurs fenêtres et leurs créneaux dans le dessin de Revett que nous avons reproduit à la page 43.

Aile droite. L’aile droite des Propylées H ne se composait que du portique seul, répétant, quoique avec un peu plus de profondeur (4™, 75), celui de l’aile gauche, mais ne précédant pas comme lui une arrière-salle telle que la Pinacothèque, bien que Stuart en ait indiqué une sur son plan, prenant, comme nous l’avons dit, cette partie des Propylées pour l’édifice que Polygnote avait enrichi de ses peintures. Cette aile fut en partie démolie, probablement pour élargir la nouvelle entrée de l’Acropole, lorsque, les entre-colonnements du portique central ayant été murés, on dut pénétrer dans l’enceinte par un passage ménagé entre les Propylées et le temple de la Victoire Aptère.

La première colonne de 1 aile droite 17 n’a laissé que la trace de son fut sur le stylobate. En avant, des pierres portant en creux la trace des crampons, àyx.c6veç, qui les unissaient à d’autres pierres aujourd’hui absentes, indiquent le prolongement de la face septentrionale jusqu’à l’angle détruit, ainsi que le mur occidental qui a entièrement disparu. Les murs du sud et de l’est existent seuls, et forment la base d’une tour haute d’environ 27 mètres qui servait de prison à l’époque où Leroy visita Athènes, et qui fut construite probablement au commencement du xv® siècle par un duc d’Athènes, peut-être Antonio Acciajuoli^; ces murs composés de marbres assemblés avec soin n’avaient pas été entièrement achevés, et les blocs portent encore presque tous les tenons réservés en saillie pour les élever et les mettre en place, aussi bien que la surface provisoire en saillie qui, destinée à prévenir les accidents du transport et de la construction, ne devait être abattue que lorsque la muraille recevait la dernière façon. Là malheureusement, comme aussi aux autres murailles des Propylées, beaucoup de blocs ont été brisés pour extraire les crampons (lui les unissaient à rintérieur.

Dans la muraille septentrionale de la tour sont renfermées l’ante et les deux autres colonnes du portique, grossièrement mutilées et visibles seulement à l’intérieur, où l’on ne pénètre que par une très-petite porte 18, percée à l’occident en face du temple de la Victoire Aptère.

Le mur méridional se termine par une ante 19, qui indique que dans l’angle sud-ouest se trouvait une porte dont l’autre pied-droit devait être attenant au mur occidental. C’est la présence de cette porte qui a pu

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