Dionys. L. XLI
environ quatre-vingts ans après la ruine de Troie Les Argiens, jaloux d’avoir vu quatre-vingts de ses habitants partager la gloire des Spartiates au combat des Thermopyles, mirent fin à l’existence de cette malheureuse ville, peu de temps après l’invasion des Perses, c’est-à-dire dans la VS*" olympiade (à68 avant Jésus-Christ). La place ayant été complètement détruite, une partie de ses habitants se réfugia à Cléonée, d’autres en plus grand nombre se retirèrent en Macédoine, et le reste vint s’établir àCerynée, dans l’Achaïe^, Mycènes avait existé neuf cent vingt-deux ans depuis sa seconde fondation par Persée.
Elle ne fut jamais repeuplée , et il paraît que ses vestiges mêmes restèrent presque ignorés. Il est singulier cependant que Strabon, qui alla à Corinthe, à très-peu de distance de Mycènes, ait pu avancer qu’il n’en restait plus aucune trace. Du reste, ce n’est pas la seule fois que ce géographe ait ainsi effacé de la carte des villes qui, aujourd’hui encore, offrent des ruines considérables. Pausanias , qui écrivit cent cinquante ans après Strabon, indique plusieurs des édifices que l’on voit encore aujourd’hui à Mycènes. Il est fâcheux toutefois que ce voyageur, qui décrit avec tant de soin la royale Argos, ne soit pas entré dans quelques détails sur les monuments de sa malheureuse rivale qui, étant une ville toute militaire , nous eût présenté des notions du plus haut intérêt. Les constructions nombreuses qui existent encore sur le sol de cette antique cité méritaient plus qu’une simple mention.
L’Acropole de Mycènes s’élevait sur une colline située entre deux hautes montagnes coniques qui la commandaient entièrement ; selon Plutarque, le premier nom de cette colline était Argion. La colline est séparée du côté du nord de la montagne voisine par un vallon profond et rocailleux; sur tous les autres côtés, ses flancs sont plus ou moins escarpés ; à l’est cependant, elle est attachée à la montagne par une étroite langue de terre.
L’Acropole de Mycènes est un long triangle irrégulier, s’étendant à peu près de l’est à l’ouest. La muraille qui l’entoure suit les sinuosités du roc; elle n’est point flanquée de tours, quoi qu’en ait dit M. de Stackelberg qui prétend que, de distance en distance, il en a vu quel-