‹ Athenes (volume 2)Chapitre 29 sur 276 · PIÉDESTAUX · texte numérisé non relu

PIÉDESTAUX

et sculptée par Calamis, ce vieux maître qui, le premier, si l’on en croit Quintilien^ et Cicéron 2, commença à s’éloigner de la sécheresse archaïque des artistes C[ui l’avaient précédé.

Piédestal de Nésiotès. En pendant avec ce piédestal, à gauche du passage, en est déposé un autre 22, ou plutôt une plinthe sur la tranche

de laquelle on lit cette inscription en très-anciens caractères ;

« Alcibius le joueur de lyre a consacré. Nésiotès (a fait). »

A cjuelle divinité était consacrée la statue que portait ce piédestal ? Nous l’ignorons ; mais le genre de talent du donateur ne semblerait-il pas indicjuer un Apollon plutôt que toute autre divinité? Quant à son auteur, Nésiotès, l’un des plus habiles sculpteurs de l’antiquité grecque, il est un des quatre artistes cités par Pline comme ayant été les contemporains et les rivaux de Phidias

Piédestal de Minerve Hygiée. Au pied de la dernière colonne du portique oriental des Propylées est encore en place un troisième piédestal 23, également de marbre pentélique, celui de Minerve Hygiée.

U II auint, dit Plutarque, pendant qu’on les bastissoit (les Propylées) , un accident merueilleux cjui monstra bien que la déesse Minerve ne réprouvoit point cette fabrique, ains l’avoit pour bien agréable ; car le

1. « Les statues de Gallon et d’Hégésias sont d’un style dur et approchent de la manière étrusque.

Celles de Calamis ont déjà moins de roideur, et l’on trouve dans Myron un air encore plus aisé que dans Calamis. » Qoiktilien. Inst. orat. L. XII, c. 10.

2. « Est-il un connaisseur qui ne sente que les statues de Canacus ont une roideur qui nuit au naturel? Celles de Calamis, avec de la dureté, ont cependant quelque chose de plus moelleux. »

Cicéron. De Claris orat. XVIIL

3. « Dans le même temps, ses émules furent Alcamène, Critios, Nésiotès et Hégias. »

Pline. XXXIV, 19, 1.

La plupart des textes de Pline portent, par une erreur évidente, Critias et Nestoclès; cependant on trouve ISésiotès dans l’ancien manuscrit de Bamberg, et cette correction a été reproduite dans les classiques de Nisard.

ATIII^NES.

plus diligent et le plus affectionné de tous les ouvriers qui y besongnoyent tomba d’aventure du haut en bas, de laquelle cheute il fust si malade, que les médecins et chirurgiens n’esperoyent pas qu’il en peust échapper. De quoi Périclès estant fort desplaisant, la déesse s’aparut à lui de nuit en dormant, qui lui enseigna une médecine ^ de laquelle il guérit facilement le patient et en peu de temps : et fut l’occasion pour laquelle il fist depuis fondre en cuyvre l’image de Minerve que l’on surnomme de Santé, laquelle il fist dedans le temple du Chasteau, auprès de l’autel qui y estoit auparauant^. »

piédestal de Minerve Hygiée.

Telle fut l’origine de la statue de Minerve Hygiée ; nous croyons toutefois que la dernière phrase du récit de Plutarque contient une erreur, et que le piédestal que nous voyons aujourd’hui est encore à sa place antique; sa forme semble l’indiquer, et peut-être pourrait-on supposer avec cjuelque vraisemblance que la statue de la déesse fut érigée par Périclès au lieu même de l’accident.

Le piédestal, qui seul est arrivé jusqu’à nous, a la forme d’un autel rond, mais coupé du côté adossé à la colonne; son diamètre est de 0'",87 et sa hauteur de 0'",70. Dans les trois cavités que présente sa surface sont des traces de coloration par l’oxyde de cuivre laissées par les pieds et la lance de la statue qui paraît avoir été légèrement colossale. Pline ^ cite un sculpteur nommé Pyrrhus comme auteur d’une Minerve et d’une

1. Le parthénion, ynatricaria par thenium ou par iet aria diffusa de Linnée, sorte de pariétaire très-commune encore sur le rocher de l’Acropole.

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