‹ Athenes (volume 2)Chapitre 38 sur 276 · I. Voy. pl. II · texte numérisé non relu

I. Voy. pl. II

baies D E D, séparées par deux piliers larges seulement de 0"’,25 et profonds de 0”, 49

La baie centrale, la grande porte G, est large de Les deux

baies latérales D, larges seulement d’un mètre, ont un seuil élevé de 0"*, 22 , dans lequel sont des entailles carrées qui semblent indiquer qu’elles étaient fermées par une grille en bois ou un volet. Lorsqu’on a franchi la porte, on se trouve dans l’intérieur de la cella F, profonde de 3'", 75 et large de 4'", 21. Le plafond est entièrement détruit. Ce sanctuaire renfermait une très-ancienne statue de la déesse, un simulacre de bois, qui, comme nous l’apprennent Suidas et Harpocration , tenait de la main droite une grenade et de la gauche un casque.

Les murs de la cella ne conservent aucune trace d’ornement, mais dans cette étroite enceinte sont déposés des bas-reliefs qui peuvent être placés au nombre des plus merveilleuses productions de l’art grec, et qui servaient, ainsi que nous l’avons dit, de garde-fous à la terrasse du temple et d’ornement au grand escalier des Propylées.

Le bas-relief le plus considérable représente une Victoire retenant

victoires.

avec peine un taureau furieux que précède une autre Victoire ; sur la ceinture des deux déesses , de très-petits trous indiquent l’ancienne

1. « Ces piliers, remarque M. Beulé, sont minces et paraissent grêles; mais l’architrave qu’ils portent est assez légère pour qu’ils soient moins une nécessité de construction qu’un ornement qui encadre 1 entrée, à droite et à gauche ; masqués du reste par les colonnes du portique, ils ne peuvent être vus que de côté, et leurs côtés précisément ont beaucoup plus de largeur. »

TEMPLE DE LA VICTOIRE APTÈRE

existence de quelque ornement de métal. Des trous du même genre peuvent être observés sur d’autres fragments appartenant à la même suite.

Une Victoire déliant ses sandales n’a malheureusement plus de tête,

mais on ne saurait assez admirer la grâce et la vérité de sa pose, l’élégance de ses draperies ; sur le fond un pinceau , moderne sans doute , a tracé hardiment au minium une mèche de cheveux qui a beaucoup exercé la sagacité des archéologues qui ont oublié que, si ce trait eût été antique et se fût conservé sur une surface plane que rien ne protégeait, bien d’autres traces de peinture existeraient dans les plis de la sculpture où ils eussent été à l’abri de la plupart des causes de destruction. D’ailleurs, ce trait fort visible n’a été signalé que longtemps après la découverte du bas-relief j et, s’il eût existé dès le principe, il n’eût pu échapper aux regards des premiers investigateurs. Laissons donc de côté cette mystification , œuvre de l’un des nombreux artistes qui chaque jour viennent travailler dans l’enceinte de l’Acropole, et ne prêtons pas à rire à son auteur qui probablement existe encore.

Signalons enfin une autre Victoire fort mutilée, qui paraît avoir présenté une couronne. D’autres fragments moins importants ont été découverts successivement, et quelques-uns sont dus aux fouilles de M. Beulé.

Dans ces bas-reliefs, on chercherait en vain la sévère simplicité des

sculptures du temple de Thésée, du temple de la Victoire Aptère ou du Parthénon. Des mouvements plus violents, des poses plus recherchées, un fini plus précieux annoncent un art plus raffiné , plus voisin , comme le dit M. Beulé, de l’époque de Lysippe^ que de celle de Phidias. Adoptons donc avec lui l’opinion de M. Ross, qui croit que cette brillante décoration de l’escalier des Propylées peut dater du gouvernement de Lycurgue , cet orateur qui , prenant Périclès pour modèle , enrichit Athènes d’un grand nombre de monuments.

Il serait bien difficile de préciser la pensée qui a présidé à la composition de cette suite de bas-reliefs. Jouissons du charme de ces délicieuses sculptures et restons dans ce doute poétique si bien exprimé par M. Beulé. « Ces Victoires qui s’envolent, arrivent, se posent sur l’Acropole, délient leurs sandales, sont levées, sont assises, tendent des couronnes, représentent-elles un seul mythe, une seule action? ou bien accourent-elles des différents points du monde , et viennent-elles se ranger autour de la grande Victoire , de Minerve dont elles sont les messagères ? Quand le peuple athénien monte l’escalier des Propylées, lui disent-elles, par leur pose allégorique, par des inscriptions, ou par la seule force de la tradition : Je suis Marathon, je suis Salamine, je suis l’Eurymédoii; je viens de Thrace, je viens de Lesbos, je viens de Sphactérie, flatteurs muets que l’on imitait moins éloquemment à la tribune du Pnyx ! » Avenue du Parthénon. Lorsqu’on a franchi les Propylées, et qu’on arrive sur l’esplanade de l’Acropole,, on trouve, faisant suite au passage central, un chemin dont le sol a été strié pour faciliter la marche des animaux. Ce chemin obliquait au sud vers le Parthénon , et sa direction est indiquée, à droite, par un canal creusé dans le roc pour la conduite des eaux, et par de nombreuses cavités carrées ou oblongues, également taillées dans le roc, et ayant contenu des piédestaux et des stèles qui bordaient cette espèce de voie sacrée. A gauche, rien ne trace la limite de la chaussée dont la largeur ne peut être déterminée.

Piédestal. A droite du chemin, à 3"‘,60 en avant du piédestal de Minerve Hygiée (plan de l’Acropole, c), senties ruines d’un autre piédestal bien plus considérable, Il ne reste de ce monument que le ♦

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