‹ Athenes (volume 2)Chapitre 61 sur 276 · Attic. C. XXIV · texte numérisé non relu

Attic. C. XXIV

2. « Jupiter fit sortir de son cerveau la respectable Pallas, déesse vive et courageuse qui anime les guerriers, qui se plaît aux combats et au tumulte des armes. » Hésiode. Théogonie, v. 02t.

3. « Voici, selon Varron, la raison pour laquelle cette ville fut nommée Athènes, qui est un nom tiré de celui de Minerve que les Grecs appellent Athéna. Un olivier étant tout à coup sorti de terre en cet endroit et une source d’eau en un autre, ces prodiges étonnèrent le roi (Cécrops) qui députa vers Apollon de Delphes pour savoir ce que cela signifiait et ce qu’il fallait faire. L’oracle répondit que l’olivier signifiait Minerve et l’eau Neptune, et que c’était aux habitants à savoir de laquelle de ces deux divinités ils donneraient le nom à leur ville. Cécrops assemble tous les citoyens, tant hommes que Jpmmes ; car les femmes, parmi eux, avaient alors voix dans les délibérations. Comme il eut l’ecueilli les suffrages, tous les hommes furent pour Neptune et toutes les femmes pour Minerve ; et parce qu’il y avait une femme de plus. Minerve l’emporta. » Satnt-Acgcstin. Cité de Dieu.

Voy. p. 11.

4. Ces dessins à la mine de plomb et à la sanguine, par J. Carrey, ne rendent nullement le caractère des sculptures grecques ; mais ils sont précieux cependant, parce que seuls ils nous ont conservé celles des compositions du Parthénon qui aujourd’hui sont détruites. Ce recueil existe au Cabinet des estampes de la Bibliothèque impériale (n” 616) , où il est désigné à tort sous le nom de Dessins de Nointel. Il porte le titre plus extraordinaire encore de : Sculptures du temple de Minerve à Athènes, bâti par Adrien. Les dessins des deux frontons, exécutés par Carrey, ont été reproduits d’égale

fronton occidental était le fronton postérieur et représentait la Dispute de Neptune et de Minerve, tandis c^ue c’était le fronton oriental c[ui avait du offrir la Naissance de la Déesse. Quatremère de Quincy adopta cette opinion^ et en fit le texte d’une savante dissertation en réponse à l’avis contraire émis par Barbié du Bocage, dans son Atlas d' Anacharsis. M. Brôndsted, à son tour, s’est rangé du côté de Quatremère de Quincy, et aujourd’hui l’avis des savants est unanime sur ce point.

Fronton ortent4l. Nous avons dit que le fronton oriental avait été en grande partie détruit par les chrétiens à l’époque où ils transformèrent le Parthénon en église*. Lorsqu’en 1674, quelques années avant le siège des Vénitiens, il fut dessiné par Carrey, il ne restait plus cjue sept figures et quatre têtes de chevaux plus ou moins mutilées, occupant à droite et à gauche les extrémités du tympan du fronton; il paraissait y avoir existé une vingtaine de figures en ronde bosse, hautes d’environ 4 mètres, proportion qui, d’en bas, devait les faire paraître de grandeur naturelle.

Les sculptures qui existaient au xvii® siècle étaient encore en place au commencement de celui-ci, et elles ont pu être enlevées par lord El gin et déposées au musée de Londres. Sous l’extrémité du rampant à gauche, on apercevait, semblant sortir de la base du fronton, la partie supérieure du corps d’Hypérion^, guidant son char indiqué seulement par les têtes des quatre chevaux. Deux de ces têtes sont au musée de Londres ^ ; les deux autres, mutilées et méconnaissables, sont restées en place. En continuant d’aller vers la droite, on trouvait un héros assis.

grandeur par M. de Laborde dans le premier volume d'Athènes aux xv®, xvi' et xvii® siècles. Les frontons , les métopes et la frise, gravés également d’après les dessins de Carrey, ont été publiés par C.-P. Landon dans l’édition française de Stuart. T. IV.

Jacques Carrey, né à Troyes en 1646, et mort en 1726, était élève de Charles Lebrun. Il avait vingt-huit ans à l’époque de son voyage à Athènes, à la suite de M. de Nointel. A son retour à Paris, il travailla, sous la direction de son maître, à la galerie de Versailles. Après la mort de Lebrun , il se retira dans sa ville natale où il exécuta plusieurs œuvres importantes, entre autres une Vie de saint Pantaléon en six grands tableaux, suite qui se voit encore dans l’église placée sous l’invocation de ce saint.

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