British Muséum, Elgin Salocm, n
2. Thalassa, la Mer. Hésiode (Théog.) la dit fille de l’Éther et d’Héméra (l’Air et le Jour) ; elle était au rang des divinités. Pausanias nous apprend que sa statue était placée, à Corinthe, auprès de celles de Neptune et d’Amphitrite ; et que, sur la base d’un autre monument, elle était représentée en bas-relief, tenant sa fille Vénus.
3. Leucothée, la même qu’Ino, nourrice de Bacchus, à laquelle les dieux donnèrent ce nom après qu’elle fut admise au rang des divinités marines. Elle avait un autel dans le temple de Neptune, à Corinthe.
MÉTOPES DU PARTHÉNON
de Neptune. » La partie supérieure du corps d’Euryte avait sans doute été enlevée par un boulet ; la partie inférieure est restée en place, mais elle fait peu de saillie et il est difficile de l’apercevoir, à moins de monter sur le fronton par l’escalier de l’ancien minareL’^.
On reconnaît facilement, sur ce qui reste des sculptures de ce fronton, les traces d’ornements en bronze, là plupart dorés sans doute, qui en avaient fait partie. Le masque de Minerve conservé au Musée de Londres avait évidemment un casque de métal, et, autour de l’égide qui couvre le fragment du torse, on voit l’indication de serpents et d’une tête de Méduse également de bronze. Ce mélange de deux matières rend déjà plus vraisemblable un fait cjui, pour choquer nos idées modernes, n’en est pas moins incontestable : toutes ces figures étaient coloriées et enrichies de dorures ; les yeux de la Minerve étaient même formés de quelque matière précieuse qui, en disparaissant, a laissé les orbites vides.
On est habitué à reporter à Phidias tout l’honneur des sculptures et parfois même de l’architecture du Parthénon. Quelcjue longue c^u’eût été la vie d’un homme, elle n’eût jamais suffi à une pareille entreprise, et cependant les travaux du temple de Minerve ne furent pas les seuls qui marquèrent la glorieuse carrière de Phidias. E'orce est donc de convenir que s’il eut la suprême direction de ces travaux, s’il en exécuta luimême quelques-uns, si d’autres furent la reproduction en marbre de ses compositions, d’autres aussi furent l’œuvre d’artistes d’un talent déjà éprouvé et dont il dut respecter l’indépendance. Nous ne pouvons suivre ici M. Beulé dans l’intéressante discussion à laquelle il se livre pour rechercher les véritables auteurs des frontons du Parthénon nous nous contenterons de dire qu’il établit, de la manière la plus probable et par les distinctions les plus ingénieuses, cpie le fronton oriental fut l’œuvre de Phidias aidé de ses élèves et surtout d’Agoracrite, le plus habile et le plus aimé, tandis que le fronton occidental est dû au ciseau d’Alcamène, son émule plutôt que son disciple.
MiixoPES. La seconde suite de sculptures du Parthénon était composée des métopes qui, décorant la frise extérieure, alternaient avec les tri-
• 1. Au British Muséum, Elgin Saloon, sous les numéros 178, 310-315 et 341, on conserve plusieurs autres fragments que l’on croit aussi avoir appartenu aux frontons du Parthénon.’
glyphes entre lesquels elles étaient glissées dans des coulisses par la partie supérieure que fermait ensuite la corniche. Les métopes ont une hauteur de d."’,335 sur une largeur de i'",270; celles qui sont voisines des angles sont un peu plus étroites. Cet excès de la hauteur sur la largeur fait voir que l’architecte avait en vue de les faire paraître carrées malgré la saillie de la bande de l’architrave. Les figures s’en détachaient presque en ronde bosse, et, si elles avaient ainsi un relief beaucoup plus prononcé que celles de la frise intérieure du portique , c’était parce qu’elles n’étaient pas destinées comme celles-ci à décorer un mur uni et à être vues de près^, et qu’elles devaient au contraire produire leur effet au milieu d’ornements d’architecture très -saillants, par lesquels il fallait qu’elles ne fussent pas écrasées.
Les métopes du Parthénon étaient au nombre de 92 : J/i. à chaque face, 32 à chaque côté du temple ; un assez grand nombre avaient échappé aux ravages du temps et à l’explosion de 1687, quand le monument fut livré aux déprédations de lord Elgin. Dix-sept des métopes qu’il arracha en brisant les triglyphes arrivèrent à Londres , où elles font l’ornement du Musée Britannique. Plusieurs ont été englouties entre le cap Malée ou Saint- Ange et l’île de Cérigo (l’ancienne Cythère), dans le naufrage d’un bâtiment qui transportait divers objets d’antiquité pour le compte de lord Elgin-.
Une métope est au Musée du Louvre ; elle était hors de place depuis longtemps quand elle fut rapportée en France par M. de Choiseul- Gouffier qui en avait fait l’acquisition avec l’aide du consul de France à Athènes, M. Fauvel, qui a rendu à l’archéologie de si importants services. En 18.18, après la mort de M. de Choiseul, ce marbre précieux a été acquis pour le Musée au prix de 25,000 francs.
1. « Phidias possédait des notions très-étendues sur l’art de construire, au moins sur la partie théorique. Comment sans cela eût -il pu surveiller les travaux d’architectes tels qu’Ictinus et Callicrate? Comment eût-il montré, dans le Parthénon, une admirable intelligence des besoins de l’architecture et saci'ifié toutes les prétentions de la sculpture, lui sculpteur, à l’harmonie et à l’effet général du monument? C’est ainsi qu’il donne aux métopes un relief exagéré contraire à ses principes, pour qu’elles soient en rapport avec les fortes saillies de l’entablement. La frise de la cella, au contraire, tant son relief est léger, tant ses proportions sont petites pour la hauteur qu’elle occupe, n’attire que faiblement les regards; elle leur échappe quelquefois; mais il fallait ne pas écraser une muraille lisse par l’importance des sculptures et la couronner au contraire d’un bandeau délicat.
Beülk. La Jeunesse de Phidias {Revue des Deux Mondes^ mars 1860).
2 Voyages de Chandler, traduction française publiée en 1806. Notes de MM. Servois et Barbié du Bocage.
MÉTOPES DU PARTHÉNON
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Aujourd’hui quatorze métopes, la plupart fort endommagées, sont encore en place; une métope presque complète, mais mutilée, et quelques fragments ont été retrouvés dans les déblayements exécutés au Parthénon sous la direction de M. Pittakis, et ils sont déposés dans l’enceinte de l’opîsthodome. Les autres métopes ne nous sont connues que par les dessins de Garrey. Ces divers bas-reliefs ont été publiés maintes fois en tout ou en partie, et entre autres par Stuard, Legrand, BrÔndsted, etc.
Les métopes de Londres et de Paris, provenant toutes du côté méridional du temple qui était le mieux conservé, puisque, lorsque Garrey les dessina, il n’y manquait que quelques bras et quelques têtes repré-
Métope.
sentent en général des épisodes du combat des Gentaures et des Lapithes aux noces de Pirithoüs et d’Hippodamie 2; mais quelques autres sujets
1. <i A l’est et à l’ouest, toutes les métopes sont à leur place, frustes plutôt que mutilées, tant le fanatisme a mis de persévérance à les anéantir. On voit que des échafaudages ont été dressés, que des ouvriers ont travaillé à grands coups de marteau, ici nivelant complètement la dalle de marbre, là satisfaits de rendre méconnaissables les sujets et les personnages qu’on y avait sculptés. Les métopes du nord ont été défigurées de la même manière. Était-ce l’église, était-ce la mosquée qu’on purifiait ainsi en faisant disparaître les images profanes? Peu importe de savoir qui a encouru, des Grecs ou des Turcs, une indignation qui ne remédierait à rien. On ignore même, ce qui serait plus intéressant, quelle cause avait fait épargner les trente-deux métopes du sud. Comme ce côté du temple est tourné vers le dehors de la forteresse et voisin du mur d’enceinte, on n’y passait jamais. Avait-on calculé que les regards n’auraient pas lieu d’être blessés? »
E. Beülé. Acropole d’Athènes, T. II, p. 112.
2. Aux noces de Pirithoüs, les Centaures s’étant enivrés insultèrent les femmes des Lapithes, habitants de la Thessalie et sujets de Pirithoüs. Thésée, ami de ce prince, à la tête des Athéniens, se réunit aux Lapithes; un grand nombre de Centaures furent tués et le reste prit la fuite. « Non,
se trouvaient dans celles qui ont disparu ou qui sont restées en place. M. Beulé, parmi ces sculptures presque toutes méconnaissables, a cependant cru distinguer : à la façade orientale, Minerve combattant un Titan ou repoussant Vulcain, la déesse combattant Encelade, domptant Pégase pour le procurer à Bellérophon, etc., et quelques traits de Thistoire des héros qu’elle inspirait ou protégeait. Hercule, Persée et Thésée; au côté nord, quelques restes d’hommes et de chevaux dans lesquels il est difficile de voir, comme l’ont prétendu quelques voyageurs, le combat des Amazones; enfin, sur la façade occidentale, une série d’engagements entre des guerriers à pied et alternativement entre un piéton -et un cavalier, compositions qui lui paraissent inspirées non plus par la fable, mais par l’histoire, et qu’il pense représenter des victoires remportées par les Athéniens sur les Perses^.
Nous ajouterons que rien ne nous semble plus admissible que cette supposition. Était-il un sujet qui fut plus à sa place sur une frise qui précédait cet opisthodome, rempli des dépouilles des Perses et des trésors amassés pour les combattre de nouveau , si jamais ils osaient remettre le pied sur le sol de la patrie ?
Enfin, au côté méridional du temple, les dessins de Carrey nous
dit Nestor {Iliade. L, I), jamais je n’ai vu, et je ne verrai sans doute jamais des héros tels que Pirithoüs, Drias, pasteur des peuples, Cénée, Exadius, le divin Polyphème, et le fils d’Égée, Thésée, semblable aux immortels. Ils étaient certes les hommes les plus courageux qu’ait nourris la terre; ils combattirent de vaillants ennemis, les Centaures des montagnes, qu’ils exterminèrent dans une lutte terrible. » La tradition que nous fournit Homère sur les commencements de cette lutte diffère un peu de celle généralement adoptée : « Jadis, dit-il {Odyssée. L. XXI), le vin fit perdre la raison au fameux Centaure Eurythion, lorsqu’il était chez les Lapithes, auprès du magnanime Pirithoüs; quand le vin eut troublé ses sens, il devint furieux et commit des crimes épouvantables dans le palais même de Pirithoüs; mais la colère s’empara bientôt de tous ces héros réunis; ils se jetèrent sur Eurythion, le traînèrent hors du vestibule et lui coupèrent avec l’airain cruel le nez et les oreilles. Le Centaure Eurythion, vivement offensé, s’en alla couvert de honte et après avoir subi le châtiment d’une aberration funeste due à son esprit insensé. Voilà quelle fut l’origine de la guerre qui eut lieu entre les Centaures et les Lapithes. »
Le souvenir d’une victoire, due en grande partie à l’intervention de leur héros et de leurs ancêtres, dut être cher aux Athéniens ; aussi ce combat devint-il un des thèmes favoris des sculpteurs, des peintres et des poètes de l’antiquité; on le trouve reproduit sur un grand nombre de bas-reliefs et de vases peints, et sur l’une des fresques trouvées à Herculanum { Herculanum et Pompéi. II, pl. 18. Didot), et il a été chanté ou décrit par Hésiode. In seul., v. 177 ; par PujT.vnQUE. Vie de Thésée; par Diodohe de Sicile. L. IV; par Strabon. lier. geog. L. IX; par Virgile. Georg. L. HI, Énéide. L. IV, et Culex, V. 28; par Ovide. Mét. L. XH et XIV, et Amores. L. H, Eleg. 12; par Properce. L. H, Eleg. 6; par Stage. Thébaïde. L. VI, etc. Suivant Ælien {Hist. diverses)., un poète antérieur à Homère, Mélisandre de Milet, avait décrit aussi le combat des Centaures et des Lapithes.
MÉTOPES DU PARTHÉNON
apprennent* qu’outre les vingt-trois métopes représentant des combats de Centaures et de Lapithes, il y en avait neuf dont les sujets étaient empruntés aux anciennes traditions relatives à l’origine d’Athènes^.
La métopQ du Louvre, l’une des mieux conservées, bien que les têtes et quelques autres parties aient dû être refaites par Lange, d’après l’esquisse de Carrey, offre un vieux Centaure saisissant une femme qui cherche à échapper à sa poursuite ; elle séparait les dixième et onzième triglyphes de la frise méridionale à partir de la façade du temple
Des dix-sept métopes du Musée Britannique, cpinze représentent des combats singuliers et à succès variés entre un Athénien ou un Lapithe et un Centaure; la seizième, provenant de l’angle droit du côté septentrional du temple, représente deux femmes, l’une debout, l'autre assise sur un rocher; on voit seulement un cavalier sur la dix-septième qui appartenait à l’angle gauche de la façade occidentale^.
La métope déposée à Athènes dans l’enceinte du Parthénon offre un Centaure enlevant une femme.
Enfin, deux têtes provenant de l’une des métopes ont été découvertes au Musée de Copenhague par M. Bïôndsted^; elles' ont été apportées en Danemark, en 1688, par un certain capitaine Hartmand l’un des compagnons de Kœnigsmark au funeste siège de l’Acropole. Ces têtes sont celles d’un Centaure et d’un jeune homme. A la dernière on remarque tout autour un enfoncement et au front un petit trou qui annoncent assez clairement l’existence d’un ornement en métal , une bandelette large de 0'",03 à 0“’,0/i., dorée et ornée sur le devant d’un bouton ou d’une agrafe.
Le mérite des métopes c|ui sont parvenues jusqu’à nous est très-
1. Voy. BrOndsted, Voyages et recherches dans la Grèce. 2'’ livr., p. 207 à 267.
2. Comte de Clarac. Description du Musée des antiques du Louvre.
3. Uritish Muséum, Elgin Saloon, 1, 2, 3, 4, 5' 6, 7, 8, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 10, 10“ et 10'\ Sous les numéros 301 à 309, 321 et 323, on conserve au môme musée divers fragments que l’on croit avoir fait partie d’autres métopes du Parthénon.