‹ Athenes (volume 2)Chapitre 99 sur 276 · Plan de l’Acropole. X · texte numérisé non relu

Plan de l’Acropole. X

2. British Muséum, Elgin Saloon, n" 167*. Cette inscription contient une partie du rapport d’une commission nommée pour constater l’état d’avancement des travaux de l’Érechthéion, qui sans doute étaient restés suspendus pendant quelques années, peut-être, comme le suppose M. Beulé, par suite des désastres de Sicile, et qu’il s’agissait alors de reprendre.

3. Cette opinion est celle adoptée par Hermann Hettner, Athen und der Pelopones.

4. Nous aurons occasion de citer plus d’une fois une très-curieuse inscription trouvée en 1830 dans la Pinacothèque, et qui contient les comptes, pour cette année 407, des travaux relatifs à la décoration du monument.

5. « L’année suivante (40G-407), remarquable par une éclipse de lune arrivée le soir, et par l’incendie du vieux temple de Minerve, à Athènes, Pityas étant éphore et Caillas étant archonte . »

HeUen. T.. T, r. 0.

ATHIÎNES.

Converti en église au vu® siècle, en même temps que le Parthénon, et consacré à la Mère de Dieu, la llavayta ©eo-ro/coç, l’Érechthéion, mutilé, comme nous le verrons, pour être approprié à cette nouvelle destination, fut, au moins pendant plusieurs siècles, préservé de la destruction ; mais après la conquête d’Athènes par les Turcs, de nouveaux désastres allaient fondre sur lui. A l’époque du voyage de Spon et Wheler, un officier turc C{ui s’y était établi ne leur permit pas d’en visiter l’intérieur qui renfermait son harem.

11 est probable que, voisin du Parthénon, l’Érechthéion eut comme lui beaucoup à souffrir du bombardement de l’Acropole par les Vénitiens. En ne réparant rien, en s’acharnant au contraire, selon leur usage, à la mutilation des sculptures, les Turcs continuèrent sa ruine. Au commencement du XVIII® siècle, Pococke le vit cependant encore, sinon en bon état, au moins conservant presque toutes ses parties constitutives; ‘mais quand, environ trente ans plus tard. Leroy, Chandler, Stuart et Revett vinrent à Athènes, la destruction avait marché à grands pas; les parties supérieures du monument avaient presque disparu, des pans de muraille entiers s’étaient écroulés, les frontons n’existaient plus, et le sol autour du monument était jonché de ses débris. Les profanations de lord Elgin et le siège de l’Acropole en 1826-1827 achevèrent l’œuvre du temps et des barbares.

Jusqu’aux fouilles terminées seulement en 1842, rien n’était plus inexplicable que les ruines de cet édifice dont le plan , déjà bizarre dès l’origine, avait encore été modifié par les Byzantins, par les Turcs, et rendu impossible à relever sous les monceaux de décombres Aussi les systèmes les plus opposés avaient-ils été mis en avant, aussi les différentes parties de l’édifice avaient-elles été confondues au point que Stuart et après lui Legrand prirent le sanctuaire de Minerve Poliade pour l’Erechthéion dont ils firent un temple consacré à Érechthée ou à Neptune, le Pandrosion pour le temple de Minerve, et la tribune des Caryatides pour le Pandrosion. Enfin, un architecte pensionnaire de l’Ecole de France à Rome, M. Tétaz, consacra un séjour de deux années c|u’il fit à Athènes à l’étude de cette grande énigme de marbre dont, grâce

I. Leroy avait cependant reconnu la différence de niveau des deux temples, tout en se trompant sur leurs dénominations respectives.

i; REC HT HÉ ION.

aux travaux de déblayement, la solution était devenue possible; en 1850, il envoya à l’Institut un travail de restauration, exécuté avec autant de talent que d’intelligence , et un mémoire explicatif qui a été publié par la Revue archéologique, l’année suivante.

lumière est faite, nous n’avons plus qu’à suivre le plan

de M. Tétaz, Pausanias à la main, et nous comprendrons facilement cet édifice sans modèle, comme sans copie, dans l’antiquité.

L’Érechthéion, à l’ensembte duquel on avait conservé le nom de son premier fondateur, était composé de deux temples distincts consacrés l’un à Minerve Poliade^, l’autre à Pandrose'’^, qu’en récompense de sa

1. « Cet édifice est double, oixri[j,a SmXoüv. » Pausanias. Att. C. XXVI.

Souvent, dans l’antiquité, un même temple était consacré à plusieurs divinités qui prenaient le nom de (jûvvatot ou auvoixÉTat, qui ont un temple commun, vaoç, une demeure commune, oiv.o:.

Strabon. L. VII. — Plutarque. Sympos. L. IV.

2. lloXtâç, protectrice de la ville. Aristophane et Pindai’e l’appellent aussi HoXiTt? et noXioù/oç.

3. « Au temple de Minerve est contigu celui de Pandrose, la seule des trois filles de Cécrops qui

eût respecté le dépôt confié par la déesse. »

Pausanias. Att. G. XXVII.

Ce dépôt était une corbeille contenant le jeune Érichtbonius ou Érecbthée *, qui venait de naître de Vulcain seul ou de Vulcain et de la Terre, et que, par compassion, la déesse voulait faire élever en secret dans son sanctuaire.

« La fille de Jupiter avait enfermé dans une corbeille Éricbthonius, fils de la Terre, et mis près de lui deux serpents pour le défendre en le confiant à la garde des filles d’Agraule **. »

Euripide. Ion. sc. l’’®.

Nam lempore quodam

Pallas Erichthonium, ]jrolem sine maire creatam, Clauserat Aetœo texta de vimine eisla; Virginibusque tribus, yemino de Cecrope natis, liane legem dederal, sua ne sécréta vidèrent.

. Commissa duœ sine fraude luentur

Pandrosos algue Herse; limidns vocal una sorores Aglauros, nodosque manu diducil; al intus Infanlcmque vident adporrectumque draconem.

Ovide. Métam. L. II , v. 552,

« Jadis, Pallas avait renfermé, dans une corbeille tissue avec l’osier de l’Attique, Érichthon, cet enfant né sans mère, et l’avait confié aux trois filles du double Cécrops***, en leur défendant de chercher à pénétrer ce mystère... Deux d’entre elles respectent le dépôt confié à leurs soins, ce sont Pandrose et Hersé; mais Aglaure raille la timide obéissance de ses sœurs, et sa main détache les nœuds de la corbeille. Elle l’ouvre, et leur fait voir un enfant et un serpent couché près de lui. »

Nous avons vu que, suivant Pausanias, Hersé partagea la curiosité de sa sœur, et en effet elle n’eut point part au culte rendu à Pandrose; Pausanias ajoute (L. XVIII) qu’ Aglaure et Hersé, devenues furieuses, se précipitèrent du haut de l’Acropole; mais ce n’est pas non plus la version d’Ovide, qui raconte qu’ Aglaure fut changée en rocher par Mercure pour s’être opposée à ses entrevues avec Hersé. {Métam. L. H, v. 819.)

* Erichthonius se trouve en effet dans les auteurs désigné aussi sous le nom d’Erechthée ; mais il ne faut pas pour cela le confondre avec un autre Érechthée qui vécut beaucoup plus tard. Le premier fut le quatrième roi d’Athènes, succéda .à Amphictyon l'an 1573 avant J.-C., et régna jinsqu’en 1556; le second, successeur de Pandion Hr, occupa le trône de 1525 à 1460 avant J.-C.

** La femme do Cécrops s’appelait Agraule ou Aglaure, comme l’une de ses filles.

*** On donnait cette épithète à Cécrops, soit parce qu’il parlait deux langues, soit parce qu’il commandait à deux peuples, les Égyptiens et les Grecs, soit parce qu’il institua le mariage, etc. Aucune de ces explications des mots SiouYiî, geminus et bifrons, qui se trouvent, dans les auteurs, appliqués à Cécrops, n’est du reste bien satisfaisante.

discrétion Minerve fit la première prêtresse de son culte, voulant c^u’après sa mort on l’associât aux honneurs qui lui étaient décernés à elle-même.

Abstraction faite des deux portiques faisant saillie au midi et au nord, l’Érechthéion forme un rectangle long de 20™, 30, large de Grâce à l’inégalité du rocher sur lequel il était construit, ses deux parties, bien que couronnées d’un entablement commun , avaient leurs bases à deux niveaux bien différents. A l’est et au sud, les trois gradins hauts de 0™,2â et profonds de 0"’,32, qui lui servaient de soubassement, reposaient sur l’esplanade où se dressait aussi le Parthénon. Au nord et à l’ouest, au contraire, le sol se trouvait en contre-bas de 2™, 60, et nous verrons qu’on était obligé de descendre à ce plan inférieur, qui formait l’enceinte de Minerve Poliade^, par un escalier dont les traces sont encore reconnaissables au nord du soubassement du portique oriental.

Selon l’usage, le temple dédié à la divinité principale, à Minerve Poliade, avait sa façade AA tournée vers l’orient. A quelque distance en avant devait être un autel a qui a entièrement disparu. Cet autel était consacré à Jupiter Hypatus ^ ; on n’y sacrifiait rien qui eût eu vie ; on y

] . Plan de l’Acropole Y.

'2. "ï'TtaTOç, pour üuépxaxoç, le plus haut.

ÉUECHÏHÉION.

offrait seulement des gâteaux, et on ne se servait point de vin dans ces sacrifices^.

Le portique oriental était composé de six colonnes ioniques de marbre pentélique, hautes de et d’un diamètre de 0“’,71 à la base, haute

elle-même de 0'",275. Le chapiteau a 0‘",58 d’élévation. Cinq de ces colonnes sont encore en place, portant leur architrave et deux ou trois morceaux de la frise de marbre noir d’Éleusis, sur lequel se détachaient en relief des figures de marbre de Paros. Plusieurs autres morceaux de la frise gisent sur le sol du pronaos ou en avant du péristyle. Pendant longtemps, l’existence de cette ornementation ne fut révélée que par la

Portique oriental de l’Érechthéion.

présence des crampons qui servaient à fixer les figures ; mais les fouilles faites autour de l’Érechthéion ont fait découvrir vingt-cinq fragments de ces figures hautes de 0'",55 à 0'",60, plates d’un côté'et dont la destination ne pouvait être douteuse 2. Le fait d’ailleurs a été encore confirmé par la trouvaille faite en 1836, dans la Pinacothèque, du reste de l’inscription du musée de Londres contenant les comptes relatifs à l’achèvement de l’Érechthéion, sous l’archontat de Dioclès (409 avant Jésus -Christ) . On y trouve les prix payés pour un certain nombre de ces figures à des sculpteurs nommés Phyromaque de Cephissia, Praxias de Mélite, Antiphanes du Céramique, Mynnion d’Agrylé, Soclus d’Alopèce, lasos de

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