‹ Athènes (volume 3)Chapitre 107 sur 234 · EuniPiDE. /on, se · texte numérisé non relu

EuniPiDE. /on, se

3. « En descendant, non dans la ville basse, mais un pou au-dessous des Propylées, vous trouverez une fontaine, et tout auprès un sanctuaire d'Apollon dans une grotte; ce fut là, dit-on, qu'Apollon surprit Creuse, fille d'Ereclithée. 11 y a dans le même endroit un lieu consacré à l'an. On raconte, au sujet de ce dieu, que Plrdip|)idi', envoyé à Lacédémone pour annoncer le débarquement des Perses dans l'Attique, dit à son retour que les Lacédémoniens avaient différé leur départ, leurs lois no leur permettant pas de sortir pour combattre avant ([ue la lune fût dans son plein. Mais il ajouta qu'il avait rencontré Pan sur le mont Parthénius, et que ce dieu lui avait dit qu'il voulait du bien aux Athéniens et qu'il se trouverait à Marathon pour les secourir. C'est sur cet avis que le culte de Pan s'établit à Athènes. » Pausamas. Ait. C. XXVUI.

<( Avant de sortir do la ville, les généraux (athéniens) envoyèrent d'abord à Sparte, en qualité de héraut, Phidippide, Athénien de naissance, et hémérodrome (courrier de jour) do profession. S'il faut en croire le rapport que fit à son retour Phidippide lui-même, Pan lui apparut près du mont Parthénion, au-dessus de Tégée, l'appela à haute voix par son nom et lui ordonna de demander aux Athéniens pourquoi ils ne lui rendaient aucun culte, à lui qui avait pour eux de la bienveillance, qui leur avait déjà été utile en plusieurs occasions et qui le serait encore dans la suite. Les Athéniens ajoutèrent foi au rapport de Phidippide, et, lorsqu'ils virent leurs affaires prospérer, ils bâtirent une chapelle à Pan, au-dessous de la citadelle. Depuis cette époque, ils se rendirent ce dieu propice par des sacrifices annuels et par des courses de flambeaux. » IIkhodote. L. VI, c. 1(1").

« Le promiorcpii employa la formule de salutation /.atp: fut le coureur Phidippide qui, venant annoncer la victoire de Marathon, cria aux archontes assis sur leurs sièges et inquiets de l'issue du combat : Nous sommes vainqueurs! Réjouissez-vous, xaîpsTc. En prononçant ce mot, il cx|)ira. »■

Lucien. Sur une faute connïiisr en saluant.

A. « Dernièrement, j'ai cniiiliattii pour les Athéniens et je me suis tellement distingué à Marathon que, pour [irix de mon courage, on m'a consacré la grotte qui est sous l'Acropole. Si jamais vous allez à Athènes, vous verrez comme on y vénère le nom do Pan. ,>

Li ciKN. 23'' Dialoi/ue des Dieux.

« Merci ue: Comment', tu ne reconnais pas Pau, le i)lus bachi(iue des serviteurs de Ikicchus? Il habitait autrefois les hauteurs du mont Parthénius; mais, lors de l'expédition de Datis et de la descente des barbares à Marathon, il vint au secours di's AtluMiiens sans (|{i'iiii l'y l'ùt appolf\ Dopuis cette époque, il a reçu pour demeure la grotte située sous l'Acropole; il réside tout près du Pélasgiquc {mur construit par les Pélasges), et on l'a admis parmi les métoecpies (étranficrs domiciliés). »

Llcien. La Double accusation.

5. i( Celui qui ne tiendrait pas pour vrais ces contes ridicules et ([ui, les soumettant à nu siTii'ux

GROTTK DE PAN.

oderle, faisant retentir les longs rochers des sons joyeux de sa flûte*. Le peuple se rendait deux ou trois fois par an à ce nouveau sanctuaire pour sacrifier un bouc et se livrer à des réjouissances 2.

Grotte de Pan.

La grotte, haute de 10 mètres, large de 6, n'a pas plus de 5 mètres de profondeur, et cependant il dut en être toujours ainsi, car sur sa surface extérieure ou voil des traces (ïex-vo(o qui eussent disparu si la parti»' aiiti'riciii'o du rocher eût été abattue ou se fût écroulée plus tard.

cxamon , regarderai l conmio uiif Table... que Pan soit venu du l'und do l'Aroadie au secours de3 Athéniens, à .Marathon, etc., celui-là, dis-je, passerait pour un impie, un insensé, de refuser sa créance à des faits si authentiques et si avérés. Telle est la puissance du mensonge. »

LiciEN. Le Meilleur par inclination.

1. « Pa\ : iMui, je me retire dans ma grotte où je vais jouer quelqu'une de ces chansons amoureuses dont j'ai coutume de fatiguer iùiio. « Licii.N. La Double accusation.

« O retraite de Pan! grotte voisine des rochers de Macra, où les trois filles d'Agraule, dans leurs danses légères, foulent les verts gazons qui fleurissent au pied du teuiple de Pallas, aux modulations variées di? la flûte chami)étre, lorsiiue, n l'anl tu la fais n^suniKi' dan-' la caverne. »

l",i r.ii'iiu:. /(i)i.

2. « La Justice : (liMimienl te trouves-tu de ton si'jour l'i Athènes? »

Il 1'a\ : Pour t(jut dire, on ne me iiaiie ])as selon mou nu rite, et je suis oblig('' de rabattre beaucoup de mes espérances. Cependant, j'ai réi)rinié un fameux désordre lors de l'invasion des Barbare». 11 est vrai que, deux ou trois fois par an, on monti' ici et l'(ni m'immide un bouc sentant fortement le gousset; les assistants fout de sa chair un régal dont je suis le témoin iuactif, et m'honorent do quelques froids applaudissements. Toutefois, je me divertis un peu de leurs rires et de leurs bouffonneries. » LiciKN. La IhutlAe accusation.

186 ATIIKNES.

Il est probable qu'en avant de la grotte on avait élevé quelque construction (|iii en agrandissait l'enceinte, ainsi que le firent à leur tour les c'hrcliens lorsqu'ils la convertirent en une chapelle dédiée à saint Atlianase. Quelques restes de murailles en brique datant de cette époque se voient encore sur le rocher à droite de l'entrée. Au fond de la grotte est grossièrement taillée dans le roc la niche qui con-. tenait la statue de Pan; elle n'a que i'",35 sur 0"\G5. Plus haut est une seconde niche, sans doute destinée à la statue d'Apollon *. Les parois sont partout couvertes de cavités rondes, carrées ou oblongues, de dilTérentes dimensions, destinées à recevoir des ex-voto de marbre. Plusieurs de ceux-ci étaient fixés par des tenons dont les trous de scellement sont encore visibles au fond des cavités. Des trous de clous percés dans la paroi unie indiquent que d'autres ex-voto y étaient simplement suspendus.

Dans l'une des comédies d'Aristophane, dans Lysistmte, l'escalier et la grotte de Pan sont le théâtre d'une scène qu'il nous serait impossible de reproduire ici; nous nous contenterons de renvoyer nos lecteurs aux œuvres du comique grec, s'ils sont curieux de voir à quel point la licence était poussée chez un peuple alors pourtant le plus policé, non-seulement de la Grèce, mais encore du monde entier.

1. Dans la grotte de Pan, une statue avait été dédiée par Miltiade, et Kinscription en avait été composée par Simonidc {Poet. Min. I, p. 307). Chr. Wordsworth {Athens and Altica. C. XII) prétend que cette statue orne aujourd'hui le vestibule de la bibliotlièque de Cambridge.

■^iMm

firotic d'Aglaiire.

Temple de Junon et de Jupiter Panliellénien.

Page 1