Planclic V
TE.Ml'IJ; l)K THÉSÉE. 193
Entre chaque poutre, au portique occidental, se trouvent seize caissons, disposés sur deux rangs et creusés dans liois plaques de marbre juxtaposées et réunies entre elles par des crampons. Deux de ces plaques contiennent chacune six caissons; hi troisième, quatre seulement. Le centre est entièrement j-tercé à jour et il est rem})li par des espèces de couvercles posés dessus et s'ajustant dans des feuillures.
Sur les poutres étaient peints des oves, ainsi ([ue sur les bords des couvercles des caissons, dont le fond était occupé par des étoiles peintes en bleu et en rouge. On ne retrouve qu'en fort peu d'endroits des restes de couleur, mais cependant on ne ])eat douter qu'il n'y en ait existé. Presque partout on reconnaît encore les contours des oi"nements peints qui avaient été tracés préalablement à la pointe. Suivant la tradition constante, on voit du bleu dans les triglyphes, du rouge dans le fond des métopes, etc. Sur l'architrave du péristyle et sur la corniche intérieure étaient des méandres peints, visibles surtout au sud-ouest du posticum. Jusqu'à présent on n"a découvert aucun vestige de couleur aux chapiteaux.
Dodwell ^ suppose que les sculptures durent être coloriées comme celles du Parthénon; J.,eal<:e dit y avoir observé des traces de couleur, des indices de bronze et d'oi", des draperies vertes et rouges sur un fond bleu, etc.; M. Pittakis avance que toutes ont conservé quelques vestiges de la couleur dont elles étaient rehaussées, et que les tons dominants étaient le jaune, le bleu, le rouge et le vert; mais M. Prestat, architecte, qui a étudié le monument avec le plus grand soin, n'a pu découvrir la moindre trace de cette décoration.
Ainsi que nous l'avons dit, et qu'on peut le xoir ^iiv le plan, la cella comprenait le pronaos, le )i<ios et \o pnsficinii.
Le proïKios E et le pî.slicuin (J étaient formés par un prolongenieni des murs de la cella terminé j^ar des anles, et I(mii- plafond (''tait souttMui par deux colonnes ayant 5"', 38 de hauteur, y compris le chapitraii. et 1 mètre de diamètre à la base. Ces colonnes ont {lis|)aru du /ironaos. pour faire j)lace à une large arcade f. (|in' forni(> r('nlr('(' (Innc abside c. construite |)ai" les Byzantins sous le porli(|(i(' ori(MitaL lors(|u"('n laii ()()7 ils convertirent le temple de 'rJK'si'e en une é^ilise dédii'e à saint Cîeorges-.
1. Alcuni bassi-rilievi délia Grecid. I'.iiiiki, ISIJ, iii-fiilio.
'1. I.()rs(|iio lis chrétiens cliangoaiciit un tcnipIiM-n église, presque toujours il y avait analogie onirc
Les traces des colonnes étaient encore visibles sur le pavé au temps de Stuart. mais elles sont aujourd'hui cachées sous le mur ([ui a rempli la baie /", lorsqu'on 1835 on a démoli l'abside chrétienne pour dégager le portique grec^. On voit encore dans ce mûries piédroits de l'arcade, et une partie de leurs impostes byzantines. Un tronçon de colonne du pronaos est déposé sous le portique.
C'est aussi à l'époque de la conversion du Théseion en église C{u.e fut détruit le mur a qui séparait le pronaos du naos; mais sa situation est indi(|uée de la manière la plus positive par les arrachements que l'on voit encore sur les murs latéraux de la cella et qui indiquent qu'il avait 0"',80 d'épaisseur.
Les colonnes du /)os^ieu7?i G ont été très-endommagées. Celui-ci n'avait pas originairement de communication avec la cella, et nous pouvons supposer que, fermé par une grille, il contenait quelques statues, des ex-voto de marbre, de pierre ou de bronze. Au fond du pronaos était au contraire l'entrée a du sanctuaire F; mais quand le temple devint église et que l'orientation de l'édifice fut changée, une grande porte b fut percée dans la muraille occidentale 2, et cette porte aujourd'hui condamnée se trouve indiquée sur le plan donné par Stuart. Sur son chambranle on retrouve encore (juclques restes de peintures et d'inscriptions chrétiennes.
Lors(iue Athènes tomba au pouvoir des Turcs , les chrétiens, pour empêcher les infidèles de profaner leur église en y entrant à cheval suivant leur usage, murèrent la grande porte et en ouvrirent deux petites, également condamnées depuis, dans la muraille septentrionale de la cella, et, dans celle du sud, une troisième (/ par laquelle on entre aujourd'hui.
Le naos, ou temple proprement dit, avait à l'intérieur 12'", 10 de longueur sur une largeur de 6"', 22. Le pavé anliciue, qui était en marbre pontélique, a entièrement dis})aru; en 1769. un Turc qui faisait bâtir une
rancicn vocublo et le nouv(,'au. I\ous avons vu que le ParlliéiKui, dédii' à la déesse de la Sagesse, avait été consacré à la Sagesse divine, le temple de Minerve Poliade, la chaste divinité, à la sainte Vierge; ici, le temple de Thésée, destructeur des brigands et des monstres, est placé sous l'invocalion de saint Georges, le vainqueur du dragon,
1. Une petite porte a été réservée dans ce mur, mais l'U'- f^\ riin^iannnrnt Rrméc et, à l'intérieur, elle est masquée par des tablettes chargées d'antiquités.
2. M. Pittakis {Ancienne Athènes) pense ([m', di' tnul trmps, il avait existé une petite porte entre le posticum et le naos, et que les chrétiens na\ aient lait que l'agrandir.
TE.AJl'LK DE THESEE. <9o
maison le fit enlever pour faire de la chaux; il a été remplacé par des carreaux de terre cuite.
Une voûte senii -circulaire de pierres grossières, percée de petites ouvertures, a succédé au plafond anti([uo ([iii sans doute était richement orné.
Le temple était priiiiitivement couvert de tuiles de marbre^, et M. Rangabé^ raconte qu'un pacha en avait fait enlever une partie pour s'approprier une livre ou deux de miel que des abeilles y avaient déposé. MM. Woods et Prestat en ont trouvé un fragment dans le haut de l'édifice, mais hors de place. Les mêmes architectes ont reconnu sur le haut de la corniciie, près de l'arête, des trous de crampons placés deux par df^ux qui (luront soutenir des antéfixcs.
La décoration extérieure du temple de Thésée était composée de quatre grands ouvrages de sculpture dus au ciseau de Aliioii. élève, connue Phidias. d'Agéladas d'Argos; c'étaient le t'ioiilon oriental, les métopes et It's deux frises placées sous les portiques aux deux extrémités de la relia. *
Le IViinton pi'iiicipal ou oriental est, ainsi que relin" du couchant, extrêmement bas^; il a beaucoup soudert dans sa partie^ supérieure, et la plupart dci^ morceaux (jui en formaient les rampants gisent sur le sol en avant du moniniK ni. An sommet et aux angles du triangle, on voit, comme à la eoiniclii' i\i'< piirli(|n('s . les Icous dos ci-ampons (jui sonleiiaienl les acrotères. Au fond du lynipan se ti'ou\ent égaleinenl (.U's trous tic crampons, senji^ iiulicjiljon (l(\s sculptiu'cs donl il ('tait (l(''cor('. (les sculpinres étaicnl prohablcniont en ronde bosse comme celles des h'onlons (lu l'arth(''non el d'I'igino. niai> il n'en iv>lr p;is k moindre vestig(\ Du nombre et (k la disposition (\i'> Irons. M. l'iltakis '' croit pouxoii" conclure (ju il n"\ a\ail pa> pln> do (|natri' ligures.
iiien de semblable ne s'observe an l'ronlon occidental (|ni est intact;
1. Si'ldii toiiti- a|ipan'iiri', CliaiidliT, l'anli' (rnm' altrntiini siinisantc, a cimfoiKlu a\i'i" di' la iMuilli' la liolk'. toiiitc jauni' ([lie le temps rôpaiid sur li' mailni' pi iili'licuio. « Co ti'inpli', dit-il , est cinivi-rt de plaqurs df fiT cl fort cndomniagi', les Turcs ayant tiiv dessus a\i'<- des Imuli-ts rou^ii-s pnur essaycM" la forre de leur pnudrr, la limiic'' de leurs pièces ou leur propre adresse h venir frapper :\ un point donni'. » Voijaucs en (Irèce. T. H, p. 't't.\.