Ovide. Mêlant. L. XII, v. r
2. R. llociiKïTE. Peintures antiques méililes. ISiiC). .'i. Manuel de l'archéologie et de l'art.
i. Lettres d'un antiquaire à un artiste. ISiO.
TK.MPLR DI-: THÉSÉE. 201
dos Byzantins qui. après avoir eflar(' an marteau les suj(Ms païens, leur ont substitui' une (•oiiclic de stue où s'exerça leur pinceau'.
Quoi qu'il en soit de ces diverses conjectures, il n'en est pas moins certain (jue Micon. soit seul, soit en compagnie de Polygnote, avait exécutr sur les nim"s du Thrseion trois compositions tirées de l'histoire du héros, et que chaque sujet couvrait la muraille depuis le plafond jusqu'à 0"%80 du pavé. Sur une des parois était représentée la bataille des Athéniens et des Amazones^; sur une autre était le combat des Centaures et des Lapithes; c'est dans ce tableau que Thésée seul a vaincu son ennemi tandis ([u'entre tous les autres la fortune est égale. « Le tableau peint sur le troisième mur du temple, dit Pausanias ^. pai- lequel seul nous connaissons ces peintures qui ont entièrement disparu , est presque inintelligible pour ceux qui n'en connaissent pas le sujet, ce qui vient, ou de ce ([ue le temps en a détruit une partie, ou de ce que ^licon n"a pas peint l'histoire entière. Minos. ayant emmené dans l'ile de Ci'ète Thésée et d'autres jeunes gens des deux sexes, devint amoureux de Péi'ibée; comme Thésée s'opposait fortement à sa passion, il s'emporta contre lui. et, entre autres propos injurieux, il lui dit (|u"il n'était pas fils de Neptune et ({u'il ne pourrait pas lui rapporter un anneau qu'il se trouvait avoir au doigt s'il le jetait dans la mer. Et il jeta, dit-on, au même inoment cet anneau dans les flots; Thésée s'y préci|)ita et en ressortit bientôt avec l'anneau et une couronne d'or qu' Ampln'trite lui avait (ionn(''e ^. »
I. Nous ni! voulons pas rononvelcr iri la querelle trop vivo (|ni im'i'cktiijki le mondi» sa\;\nt do 1833 à iSiO, et dans laquelle M. R. Rorhette soutenait, diiii (olo, ([ue les grands maîtres jj;rccs n'avaient jamais point que sur bois, tandis que, do l'autre, M. Lotronuo alVirmait ([uo tous avaient peint exrlusivounMit sur nnir; nous proliterons seulement di; l'oceasion pour oonsijiner une olisorvation de M. Benlo (Cours de lSO())qui nous semble donner In vôritable solution do la question. Selon lui, jusfpi'au touips d(: Périclôs, les grands niaiins ti'U (pn' Piily;;niito, Micou, Paninus, o\i'-cutant sur une large échelle dt;s sujets omprunt(''s aux poèmes d'Ilomon^ ou aux fastes de l'iiistoire, ot destinés ii la décoration do. vastes édilices, ne peignirent quo sur nuir; mais quand, après Pt-riclès, lo tomps des grandes entreprises étant passé, l'art fut forcé i\o restroindr(> son vol et do se mettre au niveau du gortt et di- la bourse dos pariiculici>, 1rs ariislos durent substiturr la porfectiiui de I'om'-cution au grandioso de la composition, ot l'ère do la pciiiinro portative ciuinnoiiça. Mois Zouxis peignit sur bois sa ('l'iildiin-ssr alUtiUtnt ses petits, Parrliasius son Anhiuiille , 'l'iuianilii' sou Cyclope pnili)ri)ii , Apolle sou fameux Cheval et sa Vénus Amuhjiuuèue.
2. Se fondant sur un mot d'Iiarpocralion, M. Rouit'' suppose rpie ce sujet, <|ui prétait à la pi'àre, avait pu être exécuté par Polygnote qui excellait à peiudie les iViumes. [Cours d'arcliéolooie. IS(')0.) :!. .l//(r. C. \MI.
'». M. Pittakis ot (pioiques autres mil eru n'tinuvec. sur des parties de stui' mieux couserxcM's,
M. Boulé pense que Pausanias n'a pas bien compris le sujet de cette composition. Les Athéniens, selon lui, croyaient Thésée fils de Neptune et non d'Mgée. On lui dit de prouver son oi'igine divine en plongeant dans la mer; il s'y précipita, fut recueilli par les Néréides et conduit au palais de Pluton, puis il revint après avoir reçu d'Amphitrite une coui-onno de pierres précieuses, dans laquelle il ne faut voir peut-être que le sym])()le de la richesse acquise pai' la navigation ^.
Dans les tem})s modernes, le temple de Thésée, après avoir longtemps servi d'église auv chrétiens, puis d'écurie aux Turcs, avait reçu une destination touchante : il servait de mausolée aux malheureux voyageurs qui expiraient loin de leur patrie. Abandonné pendant quelque temps, il n'était plus (jue l'école des architectes qui admiraient la pureté de son style, des peintres qui en reproduisaient à l'envi la belle couleur dorée; maintenant il est converti en un musée où sont réunis en assez grand nombre ces précieux fragments que le sol d'Athènes rend chaque jour à la lumière.
T3ans le posficiim sont diverses antiquités dont la plus importante est un grand sarcophage gréco-romain, presque entièrement brisé, dont les sculptures d'un beau style représentent un combat de cavaliers et de fantassins.
En avant du portique méridional et sous ce portique même, sont déposés de nombreux marbres antiques parmi lesquels on remarque plusieurs sièges plus ou moins ornés, provenant du gymnase d'Adrien, et un piédestal poi'tant une inscription en l'honneur de cet empereur :
KAI K TUT Fil
OAVMIIIOI
" A rempei'cur Adrien rOlyiiipieii, sauveur et foudateur^. »
Lin magiiifmue sarcophage de marbre blanc, découvert dans le quar-
quf'lques traces du pinceau de Micon, mais comment savoir si ces faibles vestiges de couleur n'appartiennent pas h l'épnqnc In/antine?