‹ Athènes (volume 3)Chapitre 145 sur 234 · Voy. planche VI · texte numérisé non relu

Voy. planche VI

4. « La nioitir de hi façade qui est au sud-ouost du portail se trouve dans un état de ruine complet; cependant une grande ])artie du mur de face existe encore, et on retrouve dans leur place primitive les sept piédestaux et queUpics fragments des colonnes. »

Stuart. Ai)liiiiiih's d'Athènes. I, 00.

PORTIQUE D'ADRIKN. 235

grande caserne de cavalerie; celle de gauche AE est restée. Elle est ornée de sept colonnes corinthiennes non cannelées, (Viiii seul morceau de marbre tacheté de vert ressemblant au (■ij):)lli)iijK Les piédestaux, enterrés poiii' la plii[)arl . cl (|ii('l(|ii('>-iiiis toiil à l'ait, sont du même marbre, mais les bases et les cliaj)ileau\ suiil de marbre penlélitiue. Par une innovation dont relTet n'est guère heureux, les angles du tailloir de CCS chapiteaux ne sont point abattus, mais sont au contraire très-aigus-. Le diamètre des colonnes est de 0"', 90, et leur hauteur, y compris la base et les chapiteaux, mais sans le piédestal, est de 8'", 60. Elles sont à 0"'.65 de la muraille et espacées entre elles de 3'", 25. M. Pittakis-^ dit avoir reconnu sur rentablcment qui surmonte cha([ue colonne les traces d'une statue de bronze s'appuyant sur une pique.

Le porti([ue était fermé à chaque bout par un mur en équerre A F et BG. terminé par une ante. Ce mur. ([iii, à l'extrémité septentrionale du portique, existait encore tout entier au temps de Stuart^, n'a conservé aujourd'hui que sa partie inférieure adossée aune mos(|uée transfoi'mée en gymnase musical pour l'ai-mée. La ])ortc E, que Stuart vit aussi presque entière, était accompagnée de deux antes moins saillantes II et 1, et précédée d'un portique ou péristyle L, formé de quatre colonnes de môme ordre, mais rudentées dans le tiers inférieur, et cannelées dans le reste de leur hauteur. Elles portaient un fronton, et s'élevaient sur un |)erron composé de six degrés dont il ne reste j^oint de li'aces. Grâce aux jM"édestaux sur les(|uols étaient exhaussées les coloiiiios |>lacées en avant de la muraille, (outes se trouvaient au même inAcaii dans joute I t''lendu(,> de la façade. Ti"ois dos colonnes du pi'ri>l\lc, avec leur entablement, figurent encore dan- le dessin de Stuarl. mais elles ont déjà (h'spai'U dans la planche de 1 exp/'dition de M()r('e où. comme aujoiud liui . >élù\e seulement, en a\ant de Tante II. une colomie isolé(> \,

1. Il Adrien a orm; Atlit''ncs di- |)|iisiL'iirs antres (''ilificcs qui smii : lo tumiilr dr Jiiiioii cl ili' Jiiiùior PanlKîUéiiien, ot li' l'aiitliron, mais on admire surtout des |iniii(iiR's formés de cp/i/ viiifil colonnes de marbre de Phrynie, et dont les nuirs sont du nirnn; inarhre. On y voit des salles dont les plafonds sont ornés d'or et d'alhàtre, et (|ui sont décorées de tableaux et de statues; elles eonliennent des livres. » Paiswias. AU. C. XVIII.

-*. 11 en est de même au temple de \c^ta, à Home, ipii, connue le mnnuiiirnl i|iii ihhis .Kcupr. appartient au ii'' siècle de notre ère. 3. V.' Ancienne Athènes.

•4. T. 1, pi. \\\l.

236 A TU i: NE S.

{[iii formait l'angle NO du péristyle. L'une des colonnes fut renversée en 1780; la moitié d'une Iroisième a été retrouvée dans les fouilles faites en j.835 pour les fondations de la caserne.

Le mur ^L qui pi'olonge la muraille au delà de l'ante H. se termine l)ar le piédroit et une partie du linteau de la })orte E. A l'époque de l'expédition de Morée, la partie inférieure de la colonnade F H était enterrée; et si les constructions qui étaient venues s'y appuyer avaient disparu en laissant des traces de leur existence^, on y voyait encore dans l'angle H une petite église byzantine, qui a également été démolie, ainsi qu'une arcade construite au sommet de la colonnade et servant de clocher, lorsqu'on a dégagé l'édifice antique. La porte de l'église était formée par l'espace compris entre l'ante H et la colonne isolée N, restée debout à l'angle du péristyle. Au pied de la troisième colonne 0, on voit quelques restes des constructions de l'abside. Enfin, l'existence de l'église est encore rappelée par des traces de peintures chrétiennes existant encore sur la muraille de marbre.

Dans celle-ci, de nombreux trous ont été pratiqués dans les bas siècles pour extraire les crampons de bronze qui unissaient les blocs, ainsi ([u'on le fit aussi au Colisée et à la plupart des monuments de Rome.

Le mur du nord AC, formé de grosses pierres du Pirée, est assez difficile à voir à l'intérieur par-dessus les étaux de bouchers qui lui sont adossés, et encore plus à l'extérieur, où il est entièrement masqué par des échoppes ; mais, de ce côté, en entrant dans la petite cour qui existe derrière la plupart de celles-ci, il est facile de s'assurer que le mur existe dans une grande partie de sa longueur, et l'on voit ([uelciues arrachements PQ d'un hémicycle R d'environ 10 mètres de diamètre, et un reste U d'un autre hémicycle S, qui lui faisait pendant. Ces hémicycles ont tout le caractère des exèdres dont parle Vitruve, et il est présumable qu'ils contenaient des sièges pour les jiromeneurs qui fréquentaient le portique. Au centre de la muraille était une grande niche quadrangulairc T, qui a été percée, si toutefois, comme le pense

I. <i Cette façade est encombrt'c de maisons, de magasins et de boutiques qui y ont été adossés et qui en obstruent la vue au point de rendre la disposition générale de l'édifice entièrement méconnaissable pour ceux qui se trouvent au niveau de la rue; ils en cachent même encore une grande partie au spectateur placé dans la situation la i)his favorable. Ces magasins et ces boutiques sont occupés par des fabricants de savon; il y en a i( i un grand nombre, et lé savon est un des principaux articles du commerce d'Athènes. » Stuaut. Anliiinilés d'Athhics. T. I, p. (il!.

PORTinUE D'ADRIEN. 237

SUiart, elle n'a pus toujours été ouverte, et ({ui est aujourd'hui Tune des entrées du bazar.

Enfin, du côté oriental G D , sur la rue d'Éole, existe encore le milieu

de la muraille, sans ornements, avec cinq contre-forts, èpeicj^-aTa, et l'indication d'un sixième, et à la suite quelques substructions de grand appareil.

L'intérieur de l'enceinte dut être entouré d'une colonnade simple, sinon à deux rangs, comme le suppose Stuart^, mais il n'en reste plus aujourd'hui le moindre vestige.

Après avoir servi, pendant la domination turque, d'habitation au vaïvode ou gouverneur d'xithènes, l'enceinte d'Adrien est occupée aujourd'hui par le bazar, ou marché aux comestibles. Au centre sont de faibles restes de construction antique V, ([ui maintenant font partie d'une église double dédiée au saint sans corps -^ et à Notre-Dame-la-Grande •"'. Vue tour qui s'élève auprès contient l'iiorloge donnée p.ir lord l'Jgin ''.

En avant de la colonnade, moitié dans la rue, moitié dans une enceinte de palissades gardées par iiii iii\alide^. on a r('iiiii mi assez grand nombre de fragments antiques; les jilus remarquables sont : deux chapiteaux d'antes du porti([ae môme, divers cippes ronds pmlant des inscriptions fuiiéraires; un seuil avec une inscription fruste; ini grand linteau de porte avec ces mots :

ElIE2:KErAI0H EK TiiX AIIMOÏTON XPHMATÛN EniTPOriErONTOS

A T A T O V G AI O V A A O r

Il Réparé aux frais du piihlic, smis l'administration d'.Elius Omullus. »

un autre linteau avec ceux-ci :

H i: o ']' [ A o ï T I r o V lo y n i i; i i

« Théopliilc, lils de Titus, de Suiiiuiii. >;

1. " Dans riiiti'-ricur du moiiumont, on trouve quclciues traces d'un péristyle ou colonnade qui régnait tout autour du parall(''lograninic. Ce péristyli; tHait composi'" d'un double rang de colonnes, et, sous ce rapport , il s'accorde avec la description (pu- Mlruvc; nous a donin'i." d'un porti(pie. De tant de colonnes, il n'en reste i)his (prune seule* en place; l'Hc paiail avoii- apparii'uu au rani; qui se trouvait le plus éloigné' du mur d riuiiuti'. » Su \iri. Anliqitilés trAtlii'iics.

"2. '0 avîo; àTfôij.aTo;, nom ([iic les (iriMs modernes donnent ;'i l'archange saint Micliel.

'.i. .MîY*'''i llavayia. Suivant .M. Pittakis, la première église aurait succi'di- au temple de Jiq)iler Panliellénieii, et l'autn; à celui de Junoii; mais M. I.eake i>ense que ce qui reste d'anti(|ue appartient à une ('pociui' (Ir (li'cadence, ei nous partageons son niiiiii(Hi.

'•. Noy. p. 10'k il'cst cette tour (;t cette horloge qu'on aper^oil dans noire vu.' de la tour dis Vent<.

:>. l'ianche VI.

Kilo a (lis|i;ini.

238 AT m: NE S.

un grand seuil, (|ui paraît avoir appartenu au p()rti({uc; plusieurs cippes funéraires, dont un fort l)oau avec un bas-reliof roprésentanl. de grandeur naturelle, un homme et une femme se donnant. la main, des antéfixes de terre cuite, deux boucs luttant, un grand nombre d'inscriptions, d'urnes cinéraires en marbre avec bas-reliefs, la plupart d'un travail médiocre, représentant tous un personnage assis recevant un homme qui ai'rive. un torse de Minerve de style archaïque, une grande palmette ([ui dut être l'acrotère d'un fronton, peut-être de celui du péristyle du portique d'Adrien, quelques fragments de sculpture byzantine, dont un élégant chapiteau, un poids de marbre ayant la forme d'un fer à repasser moderne , enfin une belle statue de matrone , malheureusement sans tête, etc., etc.

Gymnases. Les gymnases, yuixvariiai, étaient dans le principe des lieux consacrés exclusivement aux exercices gymnastiques , qui tenaient une place si importante dans l'éducation de la jeunesse grecque 2; peu à peu ils s'étendirent, se développèrent et réunirent dans leur vaste enceinte tout ce qui pouvait charmer les oisifs, cjui s'y rassemblèrent, d'abord sous prétexte d'assister ou de prendre part aux exercices, et bientôt pour s'y livrer aux conversations sérieuses ou fi'ivoles, commerciales ou politiques, aux discussions philosophiques ou littéraires. En un mot. il en fut des gymnases grecs comme plus tard des thermes romains qui n'en furent que l'imitation ; les accessoires en vinrent à tenir plus de place que les lieux d'exercice dans les premiers, que les jjains dans les seconds.

1. De YU[j.v6;, nii, parce qu'on quittait ses vêtements pour se livrer aux exercices gymnastiques.

2. « La gymnastique est un art nécessaire, et il est aisé de concevoir comment elle doit faire partie de réducation. Jusqu'à l'âge de puberté, on formera les enfants par des exercices légers... Les trois années qui suivront l'époque de la puberté seront employées à l'étude des diverses sciences. Kiisuite, on reprendra la gymnastique, et les jeunes gens seront assujettis h un régime sévère et à des exercices fatigants. On évitera ainsi le travail simultané du corps et de l'esprit. Car ces deux genres d'occupation se contrarient toujours. Les travaux du corps nuisent à ceux de l'esprit, et les travaux de l'esprit à ceux du corps. » Aristote. Polit. L. VHL

« Ils envoient leurs enfants chez le maître de gymnase; ils veulent que leur corps, plus robuste, exécute mieux les ordres d'un esprit mâle et sain, et qu'ils ne soient pas réduits, par la failjlesso pliysique, à se com|)orter lâclicnicnt à la trucrrc ou dans les autres circonstances. » Pi.vtox. Prolagoras.

H Quelques tyrans ont fait hiùlii' ou renverser les gymnases où s'exerçaient les jeunes gens, comme autant do forts opposés aux citadelles du despotisme. « Atuénke. Deipnos. L. XIIL

Perquc coloratas subtiUs Grœcia gentes Gymnnxium prœfrrl vnltii, foricsquc patœKtnis

Manilius. Asironoin. !.. IV, v. 71~.

« L'ingénieuse Grèce montre sur le visage basané de ses enfants les traces des robustes exercices du gymuaso et de la palestre. »

GYMNASES. 23'j

Dans les gymnases, la pal('s(r(>. TraXaiGToa ', |)roi)reinciit dite, les |)artics destinées aux exercices étaient :

i° Vcphchcunt, £o-/{€£îov. pièce spacieuse, où les jeunes gens, cplicbi, £(p-/;iÇoi , s'exerçaient en |)résence i\r leurs maîtres les (/i/nninstes , Y'j|xva(7Ta( 2 ; ('11(> ('«tait entoun'e de sièges poin- leurs r;iiiiilles et pour les curieux, et sa longueur de\ail e\c(''der d'un tiers sa largeur''.

2° In coiijcœum ^'. xcosuxsîov, salle destinée à un jeu qui consistait à pousser et repousser à coups de poings un lai-ge sac. xojpu/.oç, suspendu au plafond et rempli de graines, de gousses, de noyaux dOlives, de son ou de sable ^.

3° Vn conisteriinn^, îcovi(jTûa ou -/.ovicropiov , salle don! le plancher était couvert de poussière, -/.ovt;, ou de sable fin et jaune, hap/tc , àcpr[ '^. dont les lutteurs se frottaient le coi'ps. afin d'avoir plus de prise l'un sur I autre '^.

1. Ce mot ôtait quelquefois pris pour synonjme de fuininase. mais il s'applique plus spécialement aux lieux d'exercice, ajant désigné d'abord uniquement l'endroit où les atlilètcs étaient formés pour les jeux |)ublics.

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