‹ Athènes (volume 3)Chapitre 144 sur 234 · Bourg de l'Attique célèbre par le culte de Némésis · texte numérisé non relu

Bourg de l'Attique célèbre par le culte de Némésis

PORTIQUE DES ÉPONVMES. î^\

constructions on voit oncl;u(''e une "Tando jarre de terre cuite, un dolium. IMiisicins iùts (le colonnes d'un l'aiblo diaiiièti'e et de marbre du mont Jlymette ont dû ;i|i|);iilcnii- à l'église byzantine, devenue mosquée, qui avait reniplaci' le Sénat, et dont on reconnaît encore quelques traces.

Trois tVa,i;iiients de sculpture sont conservés dans la maison du f^ardicn des ruines ; ce sont une statuette de l'ennue drapée dont la tète manf[uo. un beau torse de jeune homme, et une moitié de bas-relief représentant la partie supérieure du corps d'un Satyre.

Por.TiQii' Di'S Ki'O.NYMKS. Eutrc le Po'cilo et le temple de Thésée, dans la iiie des Kponymes, se trouve une assez vaste enceinte récemment louilli-e où s'élèvent les restes d'un moniniient considi'rahle dont il est presque impossible de reconstruire le [)lan. Son existence était depuis longtemps indi((uée par deux piliers en partie enterrés^ et (|ni aujourd'hui sont entièrement dégagés. M. Pittakis- avait décrit ces ruines sous le nom de monument de Phorbas-^; mais depuis qu'on est fixé sur la position du Bo'j^.suTrlpiov, du Sénat, on a une précieuse indication (|ui peut conduire à la vérité. Pausanias, en elïet , nous apprend (|ue c était dans le voisinage de cet édifice que se trouvait le porti([ue des Kponymes où étaient affichés les décrets et les annonces publiques ; nous savons que ce porticjue était orné des statues des héros éponymes^. Ces statues

1. « Dans une maison, on montre deux caryatides colossales; ce sont deux hnmnios nus, ;\ genoux,

dont le corps se termine en queue de poisson. La sculpture en est assez mauvaise. »

R1.01ET \"ï IVwoisiEr.. E.rpêdilion scienli/i'ine de Moire. '2. L'AncieiiDe Atltèiies.

3. <i l'iiorbas, dit Diodore, ôtuitfils de Lapitliùs et d'Orsinonic, et frère de Périplia^ 1 1 de Diogènie. Avant délivré l'île de Uliodes des serpents (|ui l'infestaient, il reçut les lionnuirs liéroiques. »

■4. Oî £7tù')vuixot r,f(i)£;, de ètti ôvo|j.o(, sur iiuiii. On appelait éjiunynies les héros qui a\;iii'nt donné leurs noms aux tribus di' l'Atliquc

Dans le ju-incipc, les trilius, ^'j/ai, étaient eulenient au nombre de ([uatro, auxquelles Cécrops avait donné les noms de : Cécropiile, K£y.fozl,-, Autuchlhoiie, 'A-jto/Owv; .Ic/pV, 'AxTata, d'àxn?], rivage, et l'aralie, llapaAii, maritime. Craiiaiis cbangea ces noms en ciux de ('rniiiudr. Kfaval;; d'.l///ii(/c, d"'ATOi;, nom de sa lille; de Mésugée, MîTovaiot, située un inilicu des terres, et Piucride, Aiàxfit;, séparnlioti, de la ivisition isoléi- de cette tribu, llrichtlionius, à son tour, noiiuna les tribus Diade, Aii;; Alhnniide, 'AOr.vai;; l'osidouiiide , IloTciîwvtà;, et lleiduiisliuile , 'li^aiTTià;, des ntuns j;ri'cs de .lii|>ilfr, Minerve, Mi'rcuri; v\ \iilraiii.

Ij" nombre des citoyens ayant aufrmciiti' , (ilistbéne jjorta à dix celui dis tribus, m donnant h chacune le nom d'iui ancien héros (|ui fut dit cpoinjinr: elles furent ilonc aiipelt'es : Erechlhride, "l'.psyOr/i;, d'Ij'eihthée ; ('.('croiiiile, k£y.foi;i;, de Cécrops; li^i'ide, 'Aiv',!;, d'Ilgéo; Paudioniile, lla/oio/i;, de Paniliou; Aniniaulide, "Aza-iavît:, d'Acanias; Antiocliide, .\vTioyi;, d'Auliochus; [.émiliilr. Aeovti;, de I.éos ; Œni'-ulf, Oivr.i; , d'OIÙK'e; IlifijinIlKimitide , 'lîrnoOoiDVxi;, d"llippolhoon, et .I((/m//(/c, 'A'.avTÎ:, il'Njav I'\is\m\s. .|/(. ('.. \ }. Plus tard, les Mlir-niens , délivrés par Dt'méirius,

étaient certaiiuMiiciit Imit autres ({iie cgIIcs que nous voyons aujourd'hui. Détruites sans doute dans Tune des nombreuses dévasiations qu' Athènes eut à subir, elles auront été refaites assez grossièrement au iT' ou au ni*" siècle de notre ère, sous la domination romaine. M. Ross fait remarquer avec raison que ces piliers, dont la partie postérieure était entièrement lisse, étaient parfaitement disposés pour recevoir les décrets qu'on y afTichait et que les citoyens pouvaient lire à leur aise et à couvert.

Le portique, ouvert au nord comme le Pœcile, était soutenu par des piliers carrés dont deux sont encore en place. Aux piliers et servant

ajoutèrent encore deux tribus auxquelles ils donnèrent les noms LVAntigonide, 'AvtiyovU, et Détnétriade, Ari[jir;Tpià; (Plutarque. Vie de Démétrius, et DiODonE de Sicile. L. XX, § 46), qui furent changés depuis en ceux d'Altalide, 'ArraXiç, et Ptolémaïde, ïliols\ia.lç, en l'honneur de deux princes bienfaiteurs d'Athènes, Attale, roi de Pergame, et Ptoléméc, roi d'Egypte.

;\Ialgré sa longueur, nous pensons que nos lecteurs nous sauront gré de transcrire ici un curieux passage de Démosthène, qui fait connaître les titres que les héros éponymes avaient à Thonneur que les Athéniens leur avaient décerné.

« Tous les Érechthéides savent que cet Érechthée, dont ils tirent leur nom, avait, pour sauver le pays, abandonné les Hyacinthides, ses filles, à une mort certaine. Lors donc qu'un fils des dieux avait tant sacrifié à la délivrance de sa patrie, ils auraient rougi de paraître mettre à plus haut prix un corps mortel qu'une impérissable renommée. N'ignorant pas que Thésée, fils d'Egée, avait le premier établi dans Athènes l'égalité civique, les Égéides se seraient fait un crime de trahir les principes de ce grand homme; et ils ont mieux aimé mourir que de leur survivre à la face de la Grèce par un lâche attachement à la terre. La tradition avait appris aux Pandionides quelle vengeance Procné et Piiilomèle tirèrent des outrages de Térée; unis par le sang à ces filles de Pandion, la mort leur eût semblé un devoir, s'ils n'avaient déployé le même courroux contre les oppresseurs de la Grèce. On avait dit aux Léontidcs : Les Léocores (les filles de Léos), célèbres dans la fable, s'offrirent au couteau sacré pour sauver la patrie; et, à la pensée du mâle courage de ces jeunes filles, des honmics se seraien crus coupables s'ils ne les eussent égalées Les Acamantides se rappelaient ces vprs où Homère dit qu'Acanias se rendit h Troie par tendresse pour OEthra dont il tenait le jour; ainsi ce héros brava tous les périls pour di'livrcr sa mère; et ses descendants, alors ([u'il fallait protéger tous leurs parents, tous leurs amis, auraient reculé devant le danger! Les OEnéides n'oubliaient point que Sémélé, née de Cadmus, eut pour fils un dieu qu'il ne convient pas de nommer dans re^ funérailles, et que ce dieu était père d'OEnée, premier auteur de leur race; à la vue du j)rrii ([iii pressait également les deux républiques, la lutte la plus sanglante fut pour eux une dette à payer. Le chef des Cécropides fut, dit-on, moitié homme, moitié serpent, sans doute parce qu'à la force du dragon il unissait toute la sagesse d'un mortel ; de là les deux grandes qualités qu'il appartenait surtout à cette tribu di- faire revivre. Les Hippothoontides se souvenaient de l'hymen d'Alopè d'où naquit Uippothoon qu'ils reconnaissaient pour leur chef. Fidèle aux conveiuuices de ce jour, je ne développerai pas ce souvenir. Ils pensaient donc que c'était à eux à se montrer dignes de ce grand homme. La trilm d'Ajax était instruite que ce guerrier, frustré du ))rix de la valeur, n'avait i)u supporter la vie; aussi, lorsque ce prix fut décerné à un auti'e par la rortune^ repoussant les ennemis, elle comprit qu'il fallait mourir pour remplir la vraie destinée des Aiantides. Vivre dignes de nos ancêtres ou périr avec gloire, telle fut la maxime des Antiochides qui n'avaient pu oublier qu'Antioclios était fils d'Hercule. »

DÉMOSTiiiiNE. Élooe funèbre des Athéniens morts à Chéronée.

PORTIOUI- D'ADHII'X.

(l'atlanlos. pont ;u1o>>(',s d(\=; porsonnajj^os on domi-roliof o\ (h iirojior-lion colossale dont les cuisses se terniinenl en double ([ueue de poisson, desimint in piscem. Ces figures peuvent d'autant mieux être celles des Époiiymes que nous savons ([ue plusieurs de ces héros, tels ([u'I-j'cchthée. Cécrops. etc.. (jlaient (H'dinaiirnicnt représentés avec la double nature.

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Eponyme.

Au-dessous des li|^ui'es. sur leur piédestal , est un bas-ivlid' oiTranI un sei-pent entoui'ant \\u arbre de ses replis; il (^>( lacilc dx rcconnaiire l'oliNirr t'I le serpent sacrés do 1" Vcropole.

l n Iroisiènie colosse sans piédestal est dressé dans un coin do Tonceinlo. Tous trois sont pii\i'v-. de ii'urs tètes et di' \cuv> bia>. Dcri'iéi'e Tiui d'eux est gravée cell!" insi lipiioii :

A.\ u ri; l'on \i>\ is:„s i o r.\ i o r -ii

Il Hcluvù en tSJ8, le '21 juin. ->

In fragmiMil d"aii|iiti-a\o . un tronçon do colnnno imn canncli'o et do nombreux tVaL;incnls do inonlures soul gisants sur lo -ni dans lc(in<'l on \oil I cniboijclinro d'inio citerne.

l'or.injii h \ouii.\. Noii^ tiduxon^ h \tliènes |os |-(>s|os bien |»lii<

considorablo.^ d'un nulro porliqac di'crit ]);ir Chandler, sous le nom de Prytanée^. et |)ar Stiiait sous celui de Pœcile-, mais que la seule inspection de son architecture sutFit pour faire reconnaître comme un édifice d'époque romaine. Les traducteurs de Chandler, Servois et Barbie du Bocage y voient le Panthéon d'Adrien, et. Spon et Wheler, et après eux Leroy, le temple de Ju})itei' Olympien, mais au moins l'erreur des derniers est plus excusable, puisque ces deux édifices sont contemporains du })orti([ue d'Adrien, que l'on s'accorde aujourd'hui à retrouver dans le monument que nous allons décrire.

Cet édifice présente une vaste enceinte rectangulaire ABGD, située

Plan Ju Portique d"Adricn.

au nord de l'Acropole, et dont la muraille postérieure ou orientale CD se trouve dans l'alignement de la rue d'Éole, la principale de l'Athènes moderne; sa longueur est de 122'", i/|, et sa largeur de 81'", 86. La façade AB, tournée à l'ouest •% se composait d'une porte centrale E, flanquée de deux jnurailles de marbre richement ornées. La muraille de droite EB^ ainsi que le mur méridional B I) , a fait place à une

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