‹ Athènes (volume 3)Chapitre 165 sur 234 · Ml. C · texte numérisé non relu

Ml. C

9. i( Apres auoir establi ses loix, il les autorisa toutes pour l'espace de cent ans, et furent escrites sur des aixieux ou rouleaux de bois (/.OpPc.;!, qui s(! tournoyent dedans les tableaux, plus longs que larges, où ilsestoycMit enrliAssi's, dont il est eni-iu'e demeun'' (fuelques reli(|ues iusipie à uostre temps, que l'on monstre en l'bostel de ville c'ç.s/ ainsi (/n'Ami/ol raihid TtpuTaveîov), h .\thènes. »

l'i I I Mii.H i:. \'ir dr Saliin.

260 ATIIKNKS.

Vesta et de quel([ues hommes célèbres, entre autres celle d'Autolycus le Pancratiaste 1 ; Milliadc et Thémistocle y sont aussi, mais on a enlevé les inscriptions de leurs statues pour y substituer les noms d'un Romain et dun Thracc. »

C'est sans doute dans renceiiitc décorée de ces statues que siégeait un ti-il)iiiinl biziirro, I'ÈtcI Trpuxavsiw, composé d'un certain nombre de prytanes. <* Dans le Prytanée, ajoute Pausanias^, est un tribunal où l'on juge le fer et les autres instruments qui ont servi à commettre un meurtre. Voici, je crois, quelle en fut l'origine. Éreclithée régnait à Athènes lorsque le Buphonc^ tua pour la pi'cmière fois un bœuf, et, laissant sa hache là, s'enfuit du pays; sur-le-champ, on lit le procès à l;i hache qui fut déclarée innocente ; cette cérémonie se renouvelle encore tous les ans. »

Dans un chapitre précédent '^j Pausanias a déjà parlé de cette coutume : <' Je vais, a-t-il dit, décrire ce qui se pratique dans les sacrifices qu'on offre à Jupiter Polieus, mais je ne dirai pas la raison qu'on en

1. Athlète qui avait excellé dans l'exercice mêlé de lutte et de pugilat appelé pancrace. Cette figure de bronze était l'œuvre de Léocharès (Plfve. L. XXXIV, 19). La statue d'un' athlète scmhlerait assez singulièrement placée auprès de celles de Miltiade et de Thémistocle, si on ne le connaissait que par ce passage d'Athénée :

« A l'époque de l'archontat d'Aristion (421 ans avant J.-C), Eupolis, donnant son Aulolycus, fit persifler par Démostrate la victoire de ce pancratiastc. » Deipn. L. V.

Mais nous trouvons dans Plutarque le récit du fait qui avait pu motiver les honneurs rendus à Autolycus. Lorsqu'on iliLysandre établit les trente tyrans à Athènes, il mit une garnison dans l'Acropole sous les ordres d'un harmoste ( âfiJ-OTT-ôç , gouverneur donné par les Spartiates aux places conquises) nommé Callibius, « lequel haussa vn baston qu'il tcnoit en sa main pour en dôner à Autolycus, homme dispos et roide à la luctc, sur lequel le i)lii!osophc Xénophon composa adis le liure qu'il appelia le Conuiue; mais lui, qui entendoit les ruses de la lucte, le saisit soudainement aux cuisses et, l'enlouant en l'air, le ietta par terre à la rcnuerse ; de quoi Lysander, nonseulement ne se courrouça point, mais reprit encore Callibius, disant qu'il se deuoit souvenir, s'il eut esté sage, qu"il avoit à gouuerner des homes libres et non pas des esclaves. Toutcsfois peu de iours après les trente nouueaux réformateurs firent mourir cestuy Autolycus pour faire plaisir à Callibius. » Plitahole. Vie de Lysandre.

Diodore de Sicile (L. XIV, § 5) fait d'Autolycus « un orateur remarquable par la liberté de ses opinions; » enfin Xénophon le présente conmie aussi remarquable par sa beauté que par sa force, et, comme l'a dit Plutarquo, suppose qu'on donna en son honneur le banquet qu'il a pris pour sujet d'un de ses ouvrages.

Page 1