‹ Athènes (volume 3)Chapitre 173 sur 234 · Voy. la lettre on U*tc du clmpitrc · texte numérisé non relu

Voy. la lettre on U*tc du clmpitrc

2. L'inspection du monument ne permet pas d'admi-ttri' un seul instant, avec Leroy, que deux entro-colonnemonts oppos(5s n'aient point lHc fcrniO-* dans le primiiic.

•i. En examinant le monument, on ne peut comprendre que Lcake se soit obstin(5 à y reconnaître lin ti'm|)lo et à soutenir ('nerfiiqiicment cettf opinion dans sa Topoqraphie (VAtlirnex.

i. " On voit dans la rue des Tn''|)ii'(ls le Satyre que Praxitèle regardait coninie un de ses meilleurs ouvrages. PlirymS dont il étùt l'amant, lui ayant un jour demandé la pins lulle de ses statues, il cousentit, dit-dii , ;i la lui diMinri-, mais il ne voiiliii pas la d(5signer. Alors Plirymi aposta un de ses esclaves qui vint en courant dire que le feu, ayant pris ;i la maison de Praxitèle, avait consunit' la plus <;rande partie de ses ouvraj^es, que cependant tout n'avait pas pi'ri. Praxitèle se pn'cipita aussitôt i\ la porte en criant que tout le fruit de ses travaux ('-tait perdu, si la llanune n'avait pas épargné sou Aninur et sou Satyre. Phryné le rassura eu lui disant ipiil u"y a\ail riiii di'linili'; niais que, grâce à cette ruse, elle venait d'apprendre de lui-iin'ine ce (pi'il avait fait de iiiii'iix ; et elle ciioisit la statue de l'Amour. » Pms\xj\s. .1//. C. \\.

ATIIF.NKS.

environ 7"',oO de circuiilrrcMice. Nous avons dit ({iie riiiscri[)fioii était ^•ravc'C sur rarcliitrave. Sur la frise, haute de O^'.SS. règne un eliarmant bas-relief, malheureusement fort mutilr. dans lequel on s'accorde aujourd'hui à reconnaître un des traits de l'histoire de Bacchus, qui trouvait tout naturellement sa place sur le monument d'une victoire remi')ortée aux fêtes de ce Dieu^. Peut-être môme le sujet du bas-relief était-il celui du

Fragment de la frise.

poëme chanté par le chœur victorieux 2. Les ligures au nombre de trente représentent la punition des pirates tyrrhéniens ; les uns sont changés en dauphins par Bacchus ^, les autres sont tués par ses suivants à coup de thyrses ou de flambeaux.

1. Francis Vcrnon avait cru voir dans ces Ims-relicrs les travaux d'Hercule; aussi , dans une lettre écrite de Smyrne le 10 janvier 1G70 au rédacteur des Transactions philosophiques, fait-il du monument de Lysicrate un temple dédié à cette divinité. Cette opinion fut adoptée encore cent ans plus tard par Leroy, dans ses Ruines des lUus beaux monuments de la Grèce.

2. Cette frise est gravée tout entière dans les Monumenls de la Grèce de Lc^rand et les Antiquités d'Athènes de Stuart et Revett.

3. Les fables de Lucien et d'Ovide ne sont d'accord fjue sur un point, la métamorphose des pirates en dauphins; mais, suivant le premier, ce châtiment leur fut infligé après lui combat naval; suivant le second, après une trahison tentée contre Bacchus enfant. Dans l'un et l'autre cas, la scène se passe sur mer; mais il paraît qu'il existait encore une troisième tradition, car, au monument de Lysicrate, la métamorphose a lieu sur le rivage d'où les pirates se précijjitent clans leur nouvel élément.

<( Le Dauphin : Ne soyez pas surpris, Neptune, que les dauphins soient bons envers les hommes, puisque nous-mêmes nous sommes des hommes changés en poissons.

« Nepti NK : Aussi ne suis-je pas content de Bacchus, qui, après vous avoir vaincus dans un combat naval, vous a métamorphosés de la sorte, lorsqu'il eût sulU de vous avoir soumis comme il en avait soumis d'autres. » Licie.\. S"' Dial. Marin.

« Primusfjne Medon niijrescere piimis

Corpore deprcsso cl spinœ curvamina flrcli

Jncipit ; liuic Lycuhan : in (jucn viimculn, dii'il,

Vevkris? El lati riclux cl panda lo'jucnli

Nuri.t crat, si/H(iiii(iiiiiiae auUs duraUi Iriilichal.

Al Lihi/s obslantcs dam l'ult obverlere remos

hi spatiiiiii resilire iiKiniis brcvc vidil; et ill(ui

Jam non exse nianus, jdtn pittiuis passe vociui.

« Médoii, lo premier, sent naître de somlirus nageoires sur ses membres courbés, et son dos s'arrondit un arc. Quelle étrange métamorphose ! s'écrie Lycabas, et sa bouclio s'élargit on parlant, ses narines s'étendent, et sa peau durcie se couvre d'écailles. Lj'bis veut retourner la rame qui résiste ; mais il voit ses mains se rétrécir ; déj;\ elles ont perdu leur orme première, déjà ce ne sont plus que des nageoires. »

OviDii. Mctiiiii. !.. III, V. 'i"! et suiv.

MONUMExNT CHORAGlQUE DE LYSICUATK. r,b

[ai cuinifhc, ornée de clenticiiles. est lonnée de trois blocs de marbre unis cnsenil)ie et inninteims parla calotte, (|ui es! égaleiiicnt de marbre, mais d'un seul nioivcaii. comiJi-oiirint mémo la partie inférieure du fleuron qui servait d'amortissement. Cette couverture était sculptée avec \c plus grand soin et revêtue de feuilles de laurier disposées en écailles. Au l)()rd règne conmie une double couronne formée extérieurement de palmettes et iiitérieiucmeiit de rornement courant c[ue Ton nomme postes.

Palmettes et postes

l'jiflii. le tout est surmonté d'un grand et riche fleuron haut de 1"','28. (ion! la l'ace supérieure, de forme triangulaire, avait reçu le trépied, prix de la victoire. On y voit encore les trous de scellement

rlan tiu lleuron.

des trois pieds au\ extrémil('s du triangle rt au uiilicii une cavité plus grande ayant reçu une lige centrale (|ui li\ait pins solidement le trépi(Ml.

La hauteur totale du uinnuiueut. compris le souhasseuieiil et I auiorlissenienl. est de 10'". '|5. hauteur (|ui. au premier coup (rivil. semble mi peu dispro|)orlionnée avec la faiblesse d(> son diamètre; mai>. malgré ce léger défaut, le monument dr l.xsicrale n'en es! pas moins mie (\('<. plus cliarmantes production'- de Tari v;vrt-. Tel il a\ail paru à M. de ('iioiseul-dounier . (jui. lors de sou aiul)a>sad(M\ Con^tantiuopje. la\ait fait dessiner et mouler |)ar \1. l'auxel, alors consul de l-'raiice à Athènes.

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En 180J . MM. Traliiichi frères exécutèrent, à l'aide de ces matériaux, une copie en terre cuite de la grandeur de l'original , ayant seulement transformé le monument en un véritable temple monoptère, par la suppression des plaques qui ferment les entre -colonnements. Cette copie, exposée dans la cour du Louvre, valut à ses auteurs une médaille d'argent, et Napoléon 1" fit construire, sur le point le plus élevé du parc de Saint-Cloud, sous la direction des architectes Legrand et Molinos,' une tour carrée où elle fut placée et se trouve encore aujourd'hui , portant, comme à Athènes, le nom de lanterne de Dénwsthène^.

Monument choragique de Turasyllus. Dans le flanc méridional du rocher de l'Acropole, taillé verticalement en cet endroit, au-dessous du mur de Cimon, et au sommet des gradins du théâtre de Bacchus-, s'ouvre une grotte ^, depuis longtemps convertie en une chapelle sous l'invocation de J\otre-Dame de la Caverne^. Dans l'antiquité, un chorége vainqueur avait fait de cette grotte un sanctuaire consacré à Bacchus et destiné à éterniser le souvenir de sa victoire choragique. Nous trouvons ce monument indiqué sur une médaille d'époque romaine qui représente le théâtre de Bacchus et l'Acropole qui le surmonte.

A .i'",60 en avant de la grotte, on avait élevé le frontispice de marbre

1. Un moulage plus exact du monument de Lysicrate se voit maintenant k l'École des Beaux-Arts de Paris.

2. Voy. la vignette en tête du chapitre et plan de l'Acropole A'.

Leroy, n'ayant pas reconnu la présence du théâtre de Bacchus, fait cependant la singulic're supposition qu'en avant du niniiument de Thrasyllus c( il devait y avoir un espace destiné aux combats d'athlètes. « N'ayant pas compris l'inscription, il pense qu'elle rappelle une victoire remportée dans ce genre de combat.

3. Les auteurs de VExpédilion scienlifique de Murée prennent cette grotte pour colle d'Aglaure, et les deux colonnes qui la surmontent pour des monuments du Bas-Empire. Il faut dire, pour leur justification, qu'ils n'ont pu en approciier, nmi plus que de l'Acropole encore au pouvoir des Turcs.

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