‹ Athènes (volume 3)Chapitre 207 sur 234 · EscHiNE. In Tim. et Ctesiph. — DixAncn. /*( Aristoçi · texte numérisé non relu

EscHiNE. In Tim. et Ctesiph. — DixAncn. /*( Aristoçi

0. (( Voici , selon Varron , la raison ]iour la(|uelle cette ville fut nommée Athènes, qui est un nom

tiré de celui de Minerve, que les Grecs ap|)ellent 'AOrjva. Un olivier l'tant tout à coup sorti de terre en

cet endroit, et une source d'eau en un autre, ces prodiges étonnèrent le roi, qui députa vers Apollon

de Delphes pour savoir ce que cela signiliait et ce qu'il fallait faire. L'oracle répondit que l'olivier

signifiait Minerve et l'eau Neptune, et que c'était aux habitants i\ savoir de laquelle de ces deux

divinités ils donneraient le nom à leur ville. Cécrops assembla tous les citoyens, tant hommes que

femmes: car les femmes parmi eux avaient alors voix dans les délibérai ions. Lorsqu'il recueillit les

suffrages , tous les hommes fiirciit pnur Neptune et toutes les femmes pour Minerve, et, parce qu'il

y avait une fi'mnii' de plus, Minerve l'emimrta. »

S\i\T AL(iisn\. Cité de Dieu. h. Wlil, c. '.).

l'NVX. 310

Tout citoyen qui avait atteiiil Irciitc ans poiiMiil picndii^ la parole, après toutefois qu'elle avait été accordée à ceux (jui avaient accompli leur dixième lustre*.

h\'pislate qui présidait l'assemblée était clioisi parmi les proi'ilrcs , qui avaient poui" nn'ssioii de compter les sutTrages expi'imés pai- k's cailloux qui avaient rem})lacé les fèves, yjjajxou employées d'abord à cet

usage-.

Les citoyens qui assistaient aux assemblées recevaient des mains des thesmothètes nu salaire qui varia de 1 à 3 oboles -^ Le |)lus faible salaire, institué par Périclès^, fut porté au triple par Cléon, qui voulut ainsi se concilier l'affection du peuple 5. Ceux ([ui arrivaient trop tard à l'assemblée étaient privés du triobole*^.

Les mêmes citoyens ne pouvaient juger deux alTaires dans la même

iournée",

1. Lo li(''raut, apivs luoir iiuliiiui' le sujet (i»^ lu {li'libération, tcrniiiiait i)ai' ces mots : OiicK MiMt les citoyens au-dessus de Tàge de cinquante ans (jui veulent prendre la parole? (Voy. Esciiink. In Tiin. et Ctes.)

"1. Aristophane, dans sa comédie des Chevaliers, appelle le peuple athénien mangeur de fèves, c'est-à-dire vivant du salaire de ses votes.

3. 15 à 45 centimes, qui aujourd'hui représenteraient la valeui- de 1 tV. ")0 c. à i fr. 50 c.

<( Autrefois, quand à l'assemblée ils ne recevaient qu'une obole, on pouvait causer assis tout à Taise; maintenant on est étouffé par la foule... Aujourd'hui, ([uand on fait quelque chose pour la patrie, on deniand(> '^ oboles, comme le maçon mercenaire. »

Ar.iSTOPUAM-,. Les HardDijiieuses.

Dans un passage de sa comédie des Grenouilles, le même comique fait allusion au salaire de 2 oboles que les citoyens recevaient à l'époque où il lit représenter sa pièce.

« Ukrcui.e : Un vieux nautonier te passera dans une petite barque, moyennant un salaire de 2 oboles. »

« Bacchis : Vraiment! Quel pouvoir. ont partout '2 oboles! Comment sont-elles venues jus- ([uc-là? i>

Ce salaire, gagné sans fatigue, avait pour les Athéniens un grand attrait. Aussi Aristophane raille-t-il souvent leur rage de juger et de prendre part aux délilx'rations; il leur forge le surnom de peuple pnycien dans les Chevaliers. C'est contre cette manie ([u'est dirigée toute sa comédie des Guêpes, dont les Plaideurs de Racine sont une si charmante imitation; enfin, dans les Nuées, Strepsiade, an((uel on neu sous les yeux un(^ carti." de la teri'e eu lui nioiilranl Mlièni's, s'(''ci'ie : " Que dis-tu là'.' .I(^ n'iMi ciiiis rien; j(^ n'y vois pas de juges en séance. »

i. » P('riclès, le premier, salaria les jug(!s. » Aiustoti:. Vuliliqur. h. Il, c. 10.

5. « Ci,i':o\ : Quant à moi, je ne cesserai de noiu'iii- li' peuple et de le servir, et tous les moyens nie seront bons pour lui faire payer les 3 oboles. » Amistoi'H. Les Chevaliers.

<■). « Allons ;\ l'assemblée, o hommes! Le thesnmthète a menacé de ne p;is payer le tnobolo à ijuiconipie ifarriviTail jias de grand in;ilin. » !•'• 1''^ lidranriueuses.

•' S'il t'arrive de te lever à midi. In n'aura^-, pas à craindre d'être e\clu p;ir le llie-.mothète. "

In. Les (lui'pi's.

7. « O peuple! (■•est assez, d'avoir ju-'' nue :ilV;iire: va au hiin, prends nu iimrceaii, bois, niaime, et reçois les 3 oboles. .. '"• /■'•"■ Ch'-vatiers.

3^20 ATIIKNKS.

C'était au l'iiyx seul qu'en vertu de la loi de Soloii étaient proclamées les cuuioiuies décernées par le peuple aux citoyens ({ui avaient bien mérité de la j)atrie. Ctésiplion ayant fait décider que celle accordée à Démosthène serait proclamée au thécàtre ^, et avant même qu'il eût rendu compte de sa conduite, cette infraction donna lieu au fameux procès sur la Couronne, intenté par Eschine ^ à Démosthène pour se venger de celui que l'illustre orateur lui avait suscité autrefois à l'occasion de son ambassade près de lMiilii)pe de Macédoine.

La colline du Pnyx ne fait en quelque sorte qu'une avec celle des Nymphes; elles n'étaient séparées que par une faible dépression dont on a profité pour faire passer la route moderne conduisant à l'observatoire. La face de la colline des Nymphes qui regarde le Pnyx est coupée verticalement dans plusieurs parties ; il en est de même de celle du Pnyx, contre le côté nord duquel ont été évidemment appliquées des habitations dont on voit encore indiquées les séparations, ainsi que les trous des chevrons des toits. Près de là, à l'est, sont sur le roc d'autres traces de maisons et d'escaliers.

Il y eut à Athènes deux Pnyx voisins l'un de l'autre, mais qui ne furent point fréquentés en même temps.

On ignore à quelle époque fut établi l'ancien, mais nous verrons par la construction de sa muraille de soutènement qu'il devait dater d'un temps très-reculé -^ On attribue à Thémistocle le nouveau Pnyx; sentant le besoin d'exalter les sentiments patriotiques et l'énergie des citoyens d'Athènes, il reporta le lieu de leurs assemblées sur un point plus élevé d'où leurs yeux pouvaient apercevoir la mer, théâtre de leurs exploits. Par la raison contraire, en l'an kOll avant Jésus-Chrisl. les trente tvrans.

1 Le dijcrct portait : n Li- lnhaiit prnclaiiicra au théâtre, on présence des Hellènes, que le peuple athénien couronne Démosthène pour sa vertu, sa loyauté, et parce qu'il ne cesse de procurer, par ses jiMniles et par ses actions, le plus grand bien du peuple. »

Cf. CiCKRON. Du meillrnr unirr (Véloquence. VII.

2. « Vous l'entendez, ô Athéniens! d'après le législateur, on ])roclanicra dans le Pnyx, devant le

peuple convoqué, la couronne donnée par le peuple; mais ailleurs, jamais! D'après Ctésiphon, qui

foule aux pieds les lois et change même le lieu, ce sera au théâtre, non à l'assemblée des citoyens,

mais aux nouvelles tragédies; non devant le peuple seul, mais en présence des Hellènes, pour qu'ils

sachent comme nous quels hommes nous décorons. »

EsciiiNE. Disraiirs aur la Couronne.

•i. l'ollux rap[)(;lli! une place arrangi'-e suivant la sini|)Iiciti' aiitiqur, yu-i^im xaTîTXEuaTijivov y.atà Tr,v -KoÙMvi ÔL-KÏfjvr.-za.. Lexic. L. VHI, lU'i.

qui redoutctient rinfliience de ces souvenirs, rétablirent le Pnyx à sa place primitive, où les hautes parois des rochers masquaient la mer^

L'ancien Pnyx, auquel on ai-rivait par deux pentes latérales assez, douces, était une vaste esplanade semi-circulaire d'environ 150 mètres de diamètre, taillée à mi-cote et soutenue j^ar un mur on forme de segment de cercle, composé de blocs d'une grandeur prodigieuse grossièrement

Vue générale du Pnyx.

équarris, et disposés par assises iri^égulières. Ce mur, de construction cyclopéenne, est à découvert sur une longueur de 72 mètres, et sa hauteur au centre atteint 5 mètres. Certains blocs ont jusqu'à 3'", 70 de long sur 12 "',50 de haut et autant d'épaisseur. On retrouve encore à la suite quekjues autres vestiges de cette muraille.

Formée par un rocher taillé verticalement sur une hauteur d'environ Il mètres, la corde de l'arc légèrement fléchie, comme pour lancer la flèche, regarde le nord-est-. Elle présente au centre oii se trouve la tribune un angle très-ouvert, dont la forme semble avoir été calculée pour concentrer dans l'hémicycle la voix des orateurs.

La tribune-^, p-q^-a, suggestum, A, d'oîi retentirent les voix de l)('iiii sthène, d'Eschine, de Périclès, de Phocion, est ejitièremenl lailkc d.iiis le roc, ainsi que les trois gradins sur les([uels elle rej)()se. Le (legr(' iiilV--

1. c( La tiil)uii(; iiicsme des haraiiguos, qui cstoit sur l;i plari' du l'ii\\, n'Lïanluil vers la imr; mais les trente tyrans qui furent dei)uis la reniuèrrut ailleurs pour la faire tourner liciiers lu terre, ayans opinion que rostre puissans par nier estoit ce (jui engcndroit et niaintenoit l'aui-torilé du piuuerncnient populaire.» Pmtaiioi k. Vif île Tliniiislorli'.

'2. La corde sui)posée droite, tirée d'une extrémité à l'aulre île la pami du rocher, aurait encore Il '2 mètres do longueur.

•i. Voy. la vignette en tète île ce chapitre.

rieur BCDE, haut, comme les deux autres, de 0"'./i"2, et profond de 0'", 32. a 9"', 65 de longueur à la façade C D. et 6'",o() aux cotés BG et ED. A son anp,ie I). est creusé un trou oblong F, qui dut recevoir une stèle. Au-dessus du 3*^ degré s'étend une terrasse GHÏ, dont le centre est occupé par un autre gradin KLMN, long de li"\lib à sa face LM, qui, haute de 0'\kô, porte sur sa surface quatre trous de

Plan de la Tribune.

stèles irrégulièrement disposés. Ce gradin sert de base à la tribune même A, à laquelle on montait par deux escaliers latéraux 0 et P. Cette tribune n'est ylus qu'un cube ayant perdu sa partie supérieure, ornée sans doute d'une mowluré quelconque et probablement munie d'un gardefou. Malgré cette dégradation, on peut voir encore par les traces restées sur la paroi du rocher (|ue la hauteur totale du monument était d'environ 3 mètres.

Derrière la ti-ibune, le rocher, sur une certaine largeur au-dessus de sa partie verticale, était taillé en gradins encore très-visibles, et de là aussi le peuple pouvait entendre l'orateur. C'était par un large passage coupé à l'extrémité méridionale de la j)aroi du rocher auquel était adossée lu tribune <[ur Ton arri\ail à ces gradins supérieurs.

La ti'ibinie, le Pnyx, ces moiumuMits si intéressants par les grands souvenirs (ju'ils r;ipp(>ll(Mi1. étaifMil onscNclis sous la terre et l<\s décombres, et ils nOiit vie dégag('S ({u'en 1822, au\ frais et par les soins de lord Aberdecn. Juscju'alors la (Icslinaljitn de cet hémicycle, dont la forme seule se dessinait s(n' le sol. a\ail (IdiiiK- lien ;iu\ assertions les plus diverses; Wiiejcr y avait \u rAr(M)page. Eeroy TOdt'on de Périclès, Stuart celui d'IIérode Atticus ; Chandier seul y avait reconnu le Pnyx,

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