OviDK. Méi. L. I, V. r
Inaclius, dicu-fluuve et roi d'Argos, était, suivant la fable, fils de l'Océan et de Tétliys; mais si l'on en croit une tradition pins acceptable, c'était un cliel' antoclitlinne qui, l'éfn^^ié sur les montagnes, avec un corjis d'Argiens, lors du déluge de Duucalion, rcnlescendit dans la plaine l(u's(|ne les eaux furent écoulées, fit rentrer dans son lit le fleuve qui inondait le iiays, et lui dunua sou nom.
2. Les marais de Lerne cxliahiient drs miasmi's pcstiirutii'ls (|ni di'piMiplairnt la contr(;e; Hercule, en les desséchant, lit cesser la mortalité; de là vint la fable de l'Iiydre à sept tèies dont il di'livra rAr";olide.
ARGOS. .liO
moyenne de 0"',70, et Iiaiils de 0"'.o5 à ()"'.o8. Le premier dcainbulacrum ou passage, large de l"',/iO, ('tait siinuonté d'un gradin de hauteur double, sur le([uel personne ne prenait jilace. La dcuxirine précinction était formée de 16 gradins, y compris le gradin infi'riiMii-; au-dessus de colle-ci. lo passage était honuroup plus large; il n'avait pas moins de 2'". 55. et. pour consei'vcr à rciisemble des gradins sa ligne d'inclinaison, le premier gradin de la troisième précinction avait 1"',30 de hauteur. Dans celui-ci sont entaillés des espèces de sièges de distance en distance; ils servaient sans doute de posto aux (Miiplo\(''s du théâtre, aux dcsif/nnlnrcs charg(''S d'iiidi(]uér à cliaciui la plac(^ (pi'il devait occuper. La partie du •/.ci!;>>ov, de la cavea ou amphithéâtre, conservée dans sa plus grande longueur, se trouve à la deuxième précinction ; elle n'a pas moins de /i5 mètres.
Au sud et près du grand théâtre sont, suivant l'usage, quelques gradins d'un théâtre })lus petit, d'un odéon ; des restes de constructions en ])locage doivent avoir appartenu à la scène.
Au pied du grand théâtre , à l'extrémité méridionale de son hémicycle, est un édifice romain en briques. (|ui paraît avoir été un tem|)le ; c'est une vaste salle rectangulaire tcnuinée par un hémicycle en culde-l'our. J.e coté sud. la voûte et une partii^ du cul-de-l'our sont écroulés. Devant le temple est une piscine carrée, un bassin également en bri(|ues et d'époque romain(\
Au nord, et toujours à la base de la montagne qui porte l'Acropole, est une autre ruine romaine au fond de laquelle est une niclio (|iio l'ou reconnaît pour le débouché d'un a(|ueduc; elle a pour base un |)lat<'au (|ue soutieiment des murs de construction cyclopéenne, cl a du remplacer quelc[u'un des tem|)les mentionnés par Pausanias.
Lu xillc. siu- la place où s'élève en ce mouiciit une graiidf^ ('glise. se ti-ouve la mairie, dont l'iuie des salles contient ini petit nius('e de vases, de sculptures et autres fragments i-ecueillis dans les fouilles.
A huit heures un ((uarl nous (piittous Argos. toujours eu xoilure. car la route en j)laine est encore assez boiuie. A peu de di>tauce de la \ille. près d'im moulin, on nous signah^ un cinietièr(^ des plus priinilil>; il n'a pas d'enceinte, et les lombes ne sont indiciuécs (|n<' pai- lui amas de cailloux ou |)ar uu simple |)i(juel. A neuf lieuiv> non< arn\oiis a lui k/iani, misérable hutte isolée, bâtie au |)oiut où la roiùe cesse d'être
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praticable aux voitures. On nous y ioiiniil en plein air luie tahic boiteuse, des esca])eau\, et tle l'eau (rune propreté douteuse, el nous déjeunons des pi-ovisions apportées par notre guide. Pendant notre modeste repas, einq chevauv (|ue Manuel avait retenus à Argos ai-rivent sous la conduite de deux agoijutes; c'est le nom que l'on donne en Grèce aux loueurs de chevaux c^ui accompagnent les voyageurs auxquels ils ont t'oui'ui d(>s montures. Deux de ces chevaux étaient destinés à porter les bagages. L'as[)ect de ces })au\ res bêtes n'était pas engageant, mais leur harnaclienient Tétait moins encore. Pour selle, un large bât de bois sm- lequel Manuel sangle une de ses couvertures; pour étriers, des cordes doubles; pour bride, une corde simple attachée à un anneau, sous la ganache du cheval : tout cela ne composait pas un ensemble bien satisfaisant, et cependant nous vîmes le moment oii niême ces tristes moyens de transport allaient nous man({uer. Tout paraissait prêt pour le départ, quand une querelle violente s'éleva entre Manuel et les deux agoyates que paraissaient soutenir les habitants du l-hani , comme eux porteurs de poignards et de figures peu rassurantes. Déjà les agoyates commençaient à décharger les chevaux, quand nous parvînmes à comprendre (pie cette querelle, qui seuiblait menacer de devenir sanglante, avait pour cause 5 drachmes (/i IV. 50 c.) que les agoyates exigeaient ,'ui delà du pi"ix convenu pou)' nous laisser passer par Némée, ce cpii allongeait le chemin de deux ou trois heures. On conçoit qu'alors l'alTaire fut biiMitot arrangée, et, à dix heures un ([uart, nous pûmes monter à cheval et nous diriger vers Mycènes, pendant ([ue les agoyates, avec les chevaux de somine , se rendaient directement à (îorinthe. Kn dix minutes nous étions au village de Kharvati, et un quart d'heure après nous mettions pied à terre devant la Trésorerie d'Atrée, l'un des momiments les ])liis int('i-(\ssants de l'antique Mycènes. On lui donn{> connnunémenl ici le nom de Tombeau d'Agam(^nnion.
Pausanias cit(\ parmi les ('dilices (|u'il \il à Mycènos. des chambres souterraines où l'on dit (juAtrée et ses entants cachaient leui's trésors. 11 no doimo pas la dosn-iption de ces chambivs soutei-raincs . mais ce (|u'il (lil ailleurs (lu lr(''soi- do Minyas à Oi-eliomène s'a|)pli(|ue si |)arfaitement à l'édifice de Mycènes , qu'il est impossible de méconnaître l'identrté do lonr dostinalion. Nous croyons, du reste, (nfil (\^t ))lus que |'iol)al)lo (|iic le monumcnl (|ni nous occupe l'ut à la l'ois un trésor el un
-M VCr.XKS.
tombeau. A l'exception de sa l'acadc il csl ciitièreinent soulerraiii. ri son aspect extérieur était celui d'iui hniiiiliis.
plan de la Trésorerie d'Atrce.
Lji corridor ou passage à ciel ouverl A, de ()"'.25 (h lnrp;pur et H)'".,"")!) (\o longueur, formé par deux murailles de construction cyclop(''eiiii('. -i assises régulières, conduit à la porte B. large de ;3"M7 à la base et de 2'",32 au sommet; sa hauteur est de 6'", 30.
Porte de la Tn'^'irrrie d'Atri'e.
La partie la ])lus rem,ir(|ual)le de celte porte esl le linirau. ({ni est t'oruH' de (l('u\ énormes pierres juxtaposées ; la plus grande a S'".],") df long sur (V". 50 de pi-olondeiu-. cl l"'.22 d'épaisseur; ce (jui donne un cube dé OV'.Oo. dont on peut évaluer je poid-. à lOS.OS'i kiloi;ianinies. Au-dessus (In linlean est une oinerinre lrian,L;iilaii'e (\\\\ put conlenir (|nel(|ne bas-relief on (|iii. pins probablement, ne tnl (|n une sorte de son- ))irail destiné à donner de Tair et de la Inniii're. Lorsipion a tiamhi la
orATRK .lOrUS DANS LH l'I^: LOPON K S K,
porto, on est étonné de l'énornie épaisseur des murailles, Ioihk'cs diinu brèclie grossière pn)\eiiaiil des rochers du voisinage. Ces murailles n'ont pas moins de 6 mètres, et forment un corridor C par le([uel on pénètre dans l'intérieur de I^Htifire.
Intcricur tle la Trésorerie d'Atrée
On se trouve alors dans une grande salle circulaire D, de lu'", 30 de diamètre, surmontée d'une voûte de forme parabolique, dont la construction dénote la haute anti([uité. Les voussoirs qui la composent sont simplement des assises horizontales, taillées circulairement à l'intérieur et posées en encorbellement les unes sur les autres. La hauteur de ces assises est partout d'environ ()"'.Gr). Des travaux que l'on exécutait ont dCi mettre à découvert le sol antique qui se trouve à i"',^0 au-dessous du sol actuel, et en môme temps un soubassejnent formé d'assises plus hautes que les autres. L'élévation de la voûte sera de 13"', 80. Cette salle était entièrement revêtue de lames de bronze, retenues })ar des clous de même métal lojigs de 0'", 11 et fichés dans les interstices des pierres. Nous possédons un de ces clous, qui en fut détaché par M. Raoul Rochetlc; il en reste encore en place un certain )iombre dans la j)arli(' la |)lus élevée de la voûte, où l'on ne j)eut atteindi'e; ils sont peu visibles, la voûte ('tant tout enfinnée par les feux de bruyères sèches ({ue les paysans allumeiil poiu' ('clairei' les xoyageiirs. A droile de la l'oloiide est une sall(> plus pelile K, (•reiis(''e dans le roc, (lui pu! être une sépulture ; la liaiileiir de sa porte est de 2'", 90. oi sa largeur de J '",50 à la base et J"',3() au sonniiet. Au-dessus du linteau est une
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cavité triangulaire. conim& à la p;raiKlo porte ; le caveau, eut jurement creusé dans la brèche, est de lonne reciangulaire, louj^ de 8'". (H), large de 6"\25. Sa hauteur sera de 6 mètres lorsque le sol sera eulièrenient déblaye ^.
En quittant la Trésorerie d'Ati'ée, nous sommes passés près d'un autre édifice du même genre entièrement enterré, et un quart d'heure de marche nous a conduits devant l'Acropole de Mycènes et la fameuse Porte des Lions.
Mycènes passe pour avoir été fondée par Mycénée dix-sept cents ans environ avant Jésus-Christ, puis, j^lus tard, considérablement augmentée et en quelque sorte fondée de nouveau par Persée. frère de Prœtus, vers Fan 1390. Le nom pluriel de Mycènes, Mux.-:^vat, serait lui-même une preuve de cette double fondation, quand Apollodore^ ne la confirmerait pas encore j)las positivement en disant que Persée éleva des fortifications en avant de Mycènes et de Midéa. Plusieurs passages de Tlinr-ydide pourraient encore venir à l'appui de cette assertion.
On fait dériver le nom de Mycènes, soit de celui de son premier fondateur, soit du mot p/.rç qui signifie en môme temps r/a/ï/c r/'c'yx'ç et champignon. Selon plusieurs auteurs, ce serait à cette derin'ère signification (|u'il faudrait s'arrêter, une source (jui désaltéra Persée ayant été d(Vouverte sous un clinni]iignon. Dodwell ^ propose une ('tymologie moins admissible selon nous, quand il croit en avoir trouvé l'origine dans l'aspect de l'Acropole, f|iii lappellerait nn peu. dil-il. la Innne d'un champignon. Je préférerais sans doute, et comme plus M-aic et comme plus poétique, la j)('iis('(' de Noniuis '', (pii compare l'Acropole de Mycènes à une couronne murale, •
Mycènes était une (]o<. plus belles vill(\s du JN'loponèse; Tïomère parle de la largeur de ses rues et lui ddime r(''pillièle de hicn (xliio. cJx.T'.y.svov TïTrAuOpov. L'histoire nous a|i[)rend (|i!"<'lle ((iiiniieiica à perdre sa célébrité, sa puissance et sa population, {\v^ répo(|iie de la de^huelinii de la famille d'Aganieninoji et le reloiu' (.\r> Ib-raelides daii> le l'élupouèse,
1. Voir, pour plus de cl'tails, notre notice dans les Monumoils iincicns d moilcnies ilc J. Gailliahauii.
'2. BiRi.iOTff. L. II, r. i, § i.
3. DoDWEU, (Kdwj. Vietvs and dexcriptious of ciicUnnitti or pdaxiiif rciiKim^ m Cn;-,-,- nnd lliilu.