QUATRE JOURS DANS LE PÉLOPONI^SE
Partis de Tiryntho à si\ lieures et demie, nous traversons la |)laine d'Argos, l'eilile vn orge et en lal)ac (rès-renonuné. Jiientôt nous franchissons le petit fleuve fiitirhus, père de la fabuleuse lo^, et le Xerias, l'ancien Charadrus , assez près du point où ces deux maigres cours d'eau se réunissent pour se jeter à la mer. La partie sud- ouest de la plaine, sur le bord du golfe et à gauche d'Argos, est le fameux marais de Lerne, célèbre par la victoire d'Hercule sur l'hydre à sept tètes 2.
A sept heures nous arrivions à Argos, située à 6 kilomètres environ de l'extrémité nord- ouest du golfe, dans une plaine, au pied du mont Chaon. (|ui porte sa forteresse du moyen âge reposant sur des murailles cyclopéennes, que, dans la guerre achéenne, Cléomènes essaya vainement de renverser. Cette Acropole, qui portait le nom de Larisse , contient encore quatre belles citernes antiques.
Incendiée trois fois pendant la guerre de l'indépendance, la moderne Argos a un air de propreté assez rare dans ces contrées ; les rues sont larges, bien alignées; mais les maisons n'ont, pour la plupart, qu'un rez-de-chaussée, et quelques-unes seulement ont un étage. Presque toutes sont bâties en bois avec des bouti(|ues ouvertes au rez-de-chaussée; aussi Argos ressembic-t-elle moins aune ville qu'à un vaste chamji de foire. De ce mode de construction il résulte que , bien (|u'elle ne renferme guère plus de 8,000 habitants, la ville moderne a une étendue presque égale à celle de la ville antique.
Argos a conservé peu de restes de sa splendeur première. Le monument le plus important qui s'y trouve encore est le théâtre situé à l'ouest de la ville et creusé dans le flanc du mont Chaon. Il ne reste rien des constructions de la scène, mais on voit une grande partie des gradins taillés dans le roc et partagés en ti'ois |)récinctions et quatre cunei. La première précinction se compose de 33 gradins, larges en