‹ Athènes (volume 3)Chapitre 224 sur 234 · Voy. lu lettre Cll tète du rli;i|iitl'i · texte numérisé non relu

Voy. lu lettre Cll tète du rli;i|iitl'i

5. Vicws and descriptions of vydopian or indnsyic nunains in Crmr nnd llulfi.

356 QUATRE JOURS DANS I.U PÉL01>0NÈSE.

sistc en une seule pierre de /i"'.S() de longueur, 'i mètres de hauteur et l'".20 d'épaisseur. Les portes i)liantes, et. qu'on assujettissait piiv dos barres, jouaient siu- (l(>s pivots dont les loui'illons. d'environ 0"',()(S do

Porto des Lions.

profondeur, sont encore visibles sur la surface intérieure du linteau. Cette porte doit surtout sa célébrité au bas-relief qui la surmonte et qui lui a donné son nom.

Bas-reiiel".

Ce i)as-relief, sans doute le plus ancien exemple (|ue nous possédions de l'ai't des âges héroïques qui ont ]-)réc('d(' la guerre de Troie, est sculpté dans une pierre triangulaire, encastrée au-dessus de l'architrave, large de o"',20 à la base, haute de 2"', 90 et épaisse de 1"',70 i.

Au centre du bas-relief s'élève une sorte de pilier semi-circulaire,

1. Ce bloc a l'tû pris tour h tour pour un murlu'c ou pour un basalte vert. « C'est une erreur, (lit M. Blouet, aussi bien clans un cas que dans l'autre, (l'est un calcaire très-fin et semblable à ceux ([u'on trouve encore en Messénic et en Arcadie. »

MVGÈ.NES. 357

qui oiïnVait quelque analogie avec l'ordre dori(iue. n'était cjne. à l'inverse de l'usage, il diminue sensiblement de haut en l)as. Le chapiteau est composé de trois annelets, à ([uelque distance les uns des autres; l'abaque est ceUii de Tordre doricjue ; il supporte (piatre corps ronds, qui sont à leur tour surmontés d'un second abaque semblable au premier. La base consiste en un simple tore reposant sur un soubassement composé de deux plinthes séparées par une scotie. Aux côtés du pilier se dressent deux animaux qui semblent servir de sup|)niis. et ({u"en terme de blason on désignerait par Tépithèle de rampaiiLs. J.es pattes de devant s'appuient sur le soubassement du pilier, tandis ({ue les pattes de derrière reposent sur l'architrave de la porte. Les (pieues, à la vérité, ressemblent peu à celles des lions; les têtes manquent et ont, sans doute, été brisées à l'époque de la destruction de M\ cènes par les Argiens, de sorte qu'on ne peut connaître si elles étaient tournées d'un côté ou de l'autre, ou si elles étaient de l'ace. Cependant il serait impossible d'adopter l'opinion de Clarke. qui croit y voir des tigres ou des panthères*. Quand même les preuves tirées du symbolisme, que nous donnerons plus loin, ne sembleraient pas satisfaisantes, les restes de crinière que l'on reconnaît encore à l'animal de gauche, les pattes (jui sont parfaitement accusées , sulTu-aient pour détruire toute espèce de doute. D'ailleurs Pausanias dit en termes précis, et c'est Clarke luimême c|ui le cite : «' Tl reste encore une partie de l'enceinte et une porte sur laquelle sont placés des lions -. »

Quoique cet antique bas-relief ait été l'ail an niartcau et paraisse' un peu roide et lourd de forme, il n'en a pas moins un caractère sévère (jui produit une vive impression. Il paraît diflicile d'in(li(|ner (ruiic manière certaine la pensée qui a présidé à cette singulière cDMiposilidn ; mais, en examinant les restes de sculptures niilliria(|iirs de la INm-sc Ids que nous les connaissons ])ar les ouvrages de Tavcrnicr. Chardin, 'rin'venot, Ker-Porter, etc., on trouve dans (|u<^l([ues-ims de Icin-s symboles tant de ressemblance avec ceux représentés à Mycènes. (ju'il csl im|)ossible de ne pas recomiaîli'c une doimée mn'(|n('. une oriiAinc conniinno. Partout on relrouve ce même pilier, rpii ('\ idcmiiiciil ii •■-1 aiiliv ciiosc

I. Travcis in varionx cdiintrirs af liKrojni. Aski. (iml Afnrii. ± Corinih. C. XVI.

QUATRE JOURS DANS LE PÉLOPONi:SE.

que l'autel du feu. le TT'jpaiOeTov, Vatschdaii (|u un retrouve sur les uiéduilles des rois perses de la dynastie des Sassanides, médailles si connues par l'excellent ouvrage de notre savant ami Adrien de Longpérier*.

Médaille d'Artaxerce !'■''

On sait que c'était sous une forme analogue que les Perses représentaient souvent le soleil connue emblème du principe générateur. A Amyclée, un pilier était de même l'image symbolique d'Apollon. Le lion est bien connu pour être l'emblème de Mithra-, et il est sans cesse répété dans les sculptures persanes. Les prêtres "de ce dieu, selon Porphyre, portaient même le nom de lions. Ces divers symboles, dit Uiodore, avaient été empruntés à l' l'Egypte.

Des relations intimes existèrent longtemps entre les Spartiates et les Argiens, et il est avéré que les rites religieux des premiers, en ce qui touchait le culte du soleil, étaient les mêmes que ceux des Perses; car les Spartiates sacrifiaient à ce dieu des chevaux sur le Taygcte, comme c'était aussi la coutume des Perses-^. Ce culte fut probablement introduit dans la Grèce lors des premiers rapports qui existèrent entre les deux pays, suivant Hérodote et Xénophon, ou par les premières colonies égyptiennes. Dodwell suppose même que le bas-relief ([ui nous occupe pourrait avoir été appoi'té par elles des bords du Nil, connue une sorte de palladium. Cette conjecture nous paraît démentie par le style même de la sculpture, qui diffère très-notablement de l'ancien style égy])lien.

Resterait à expliciuei- les (juatre boules ou plutôt les quatre disques qui surmontent le pilier; car, ainsi que le fait remarcfuer Dodwell, ces objets présentent une surface plane et non sphéri([ue. On a voulu y voir

1. Essai sur les inrdailles des rois perses de la dynastie Sassanide. Iii-i", 18i0.

Page 1