‹ Athènes (volume 3)Chapitre 227 sur 234 · QUATRE JOURS DANS LK PÉLOPONIÎSE · texte numérisé non relu

QUATRE JOURS DANS LK PÉLOPONIÎSE

En quittant le temple et nous dirigeant vers l'est, nous marchons en plaine pendant un quart d'heure, |)uis nous commençons à gravir la montagne par un sentier étroit et difficile. Bientôt nous trouvons la fontaine Adrastée, mentionnée par Pausanias ; elle est entourée d'une foule de femmes albanaises, au teint hâlé, au costume pittoresque, composé d'une longue chemise en grosse toile lorodée en vert ou en rouge au l)as et au col, et d'une sorte de paletot de grosse bure blanche, généralement brodé en noir ; elles conduisent de longues files de mulets, seul moyen de transport possible en ce pays. Nous avons encore, dans le reste de la journée, rencontré plusieurs de ces caravanes, guidées par des femmes. Rarement nous voyons des hommes ; quelques-uns sont armés de fusils ; tous ont le couteau à la ceinture. Nous traversons de longs plateaux raboteux, inégaux et sans routes, laissant à droite une colline portant des traces de fondations, quelques pans de murailles, quelques fragments de colonnes cannelées, seuls restes de la ville de Cléones, célèbre par son temple de Minerve et les tombeaux d'Euryte et de Gtéate, tués par Hercule. Une pente de rochers abrupts, que force est de descendre à pied en abandonnant nos montures à leur instinct, nous conduit à un torrent assez large, dont le lit, presque à sec, nous offre le chemin le plus praticable que nous ayons encore rencontré depuis Mycènes; bientôt, contournant une montagne, nous nous trouvons sur un plateau d'où •nos yeux embrassent un admirable tableau. A nos pieds, sur la gauche, la plaine de .Sicyone s'étend jusqu'au golfe de Lépante ou de C.orinthe; en face, au delà du golfe, s'élèvent les montagnes de la Phocide et de la Béotie que domine la cime neigeuse du Parnasse; à notre di-oite enfin se dresse l'Acro-Corinlhe dont, depuis longtemps, nous apercevions le sommet. La nuit était venue quand nous atteigmmes la plaine , dans la(|m'llf' il MOUS fallut encore niarclier inie heure sur une assez boinie route, bordée de lauriers-roses en fleurs. Enfin, après avoir répété et comnifiiti' vingt fois le proverbe ((iie nous trouvions tro|i vrai : j\ni) lirof omnibus adiré Corinllium, nous nous trouvons au milieu de ruines amoncelées; nous sommes à Corinthe , dont le tremblement de terre du 21 février 1858 n'a |)as épargné une seule maison. A huit heures . et demie, après dix mortelles heures de fatigue, nous mettons pied à terre sui' une espèce de |)lace, au delà de hufuelh; {\q^ bara([ues éclaii'ées sembleul annoncer une foire; c'est là (|ue cam|)ent les habitants depuis

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