ELEUSIS
d'une école communale venaient de mettre au jour (li\cr> lra,L;in(Mits d'architecture provenant d'un temple que l'on suppos;i tout (Tahord avoir été celui de Triptolèmei. (Quelques jours après notre passage, cette hypothèse s'est trouvée confirmée par la découverte d'un giand bas-relief dont le moulage, exécuté par les soins de M. Charles Lenor-
Eds-relief il'Eli'usis.
mant, a été olïèrt par son fils à l'iu-ole des Beaux- Arts de Paris. Ce bas-relief, que j'ai vu à un second voyage que je fis exprès à hlleusis, le2(Smai-. est l)risé en (juatre morceaux; il ropin'seiito Trijilnlôinc cuire Cérès et Proserpine^.
1. Eli ISUO, des Ibiiillcs iiiiportaiites ont ('té cxéciiti'i's ;ï IClcusis aux frais du fiouvcrueuinit français, sous la direction intelligente de M. François Loiiormant, digne héritier de son illustre père; elles ont facilité rintelligence des ruines des Pi'opylées et rendu à la lumière une grande partii' des éléments constitutifs du temple de Trijjtolème.
2. MM. Lenormant n'ont visité Klensis ([ue le '23 octobre. Nous avons donc le droit d<' reviiuliqucr, pour M. Pittakis et pour nous, la priorité', mali^ié l'assertion de M. iMançois Lenormant {Gazelle des Beaux-Aiis. l"» avril 1800) : « Nous étions, dit-il, sinon lis auinu's dv la découverte, (lu nmins les premiers étrangers, et peut-être les premiers arcliéologues, (|ui eussent eu l'occasion de voir ce bas-relief et d'en constater l'imiuu'tance. n
Au même lieu, on a trouvé presque iMi même temi>5 une télé colussale di- Neptune', ipu' ^L (.li. Lenormant a fait mouler également, et qui est encastrée dans la muraille, au-dessus de la porte de la nimvelle école l'iiinniunalr d't'.leusis.
3. Voy. le savant mémoire de M. François I.i'uorniand. dizi'llr ilrs Hniii i-.\ils. I."ia\ril ls<'".
372 QUATRK JOLUS DANS Ll- I' KL01'0NI':SE.
On u beaucoup exagéré sa valeur, sans doute; mais il n'eu est pas moins très-intéressant pour l'histoire de l'art, ne fut-ce que ))ar l'inég-alité même du mérite de ses diverses parties. Il nous semble évideut. et en cela nous sommes heureux que notre opinion se soit rencontrée avec celle de notre savant ami, M. Beulé, il nous semble que ce monument appartient à une époque de transition , de transformation de l'art , et . (ju'on doit y reconnaître l'œuvre d'un sculpteur qui, sans abandonner, entièi-ement le style de l'ancienne école archaïque dans laquelle il a été élevé, subit cependant déjà l'influence de celle de Phidias qui commence à dominer et va bientôt porter l'art grec à son apogée. Ce basrelief est aujourd'hui le plus précieux monument conservé dans la petite chapelle d'Eleusis, à laquelle, en son honneur, on s'est décidé à donner une porte et des fenêtres.
Partis d'Eleusis à une heure et demie, nous suivons à peu [)rès la voie sacrée que parcourait la grande procession qui se rendait, chaque année, d'Athènes au temple de Cérès. A peu de distance, à droite de la route, sont quelques assises helléniques d'un des nombreux tombeaux ([ui bordaient cette voie. Plus loin, à gauche, nous voyons les restes d'iui mausolée plus important, dont la masse quadrangulaii'e est foi'inée d'assises régulières de marbre blanc, A l'intérieui-, un sarcophage renversé porte une longue ('pitaphe dont les premiers mots, xtpaïiin iiiAOTor, nous font connaître le nom du personnage en l'honneur duquel le monument avait été érigé. Je crois ce tombeau d"époque romaine, d'autant plus que parmi ses ruines se trouve un grand médaillon très-mutilé, de même style que celui que nous avons vu aux Propylées d'Eleusis.
Avant de quitter les bords du golfe d'Eleusis, nous apercevons sur une colline, à quarante pas de la route, une bande nombreuse de vautoui's fauves que le bruit même de noti'e voiture ne fait pas enle\er; sur le rocher, nous reconnaissons les traces qu'ont laissées les roues des chars ([ui suivaient la voie sacrée, et nous nous engageons dans le pittoresque défilé de Gaïdarion, qui, séparant les monts I-carc et Corydalus, réunit les plaines d'I^^leusis et d'Athènes. A^'ers le tiers de ce passage, on trouve, à gauche de la route, un monceau de ruines informes, et des traces d'ex-voto taill(''es dans le rocliei'; c'est lout'ce qui reste du leniple de Vénus Phihe.
i)APii\i\ :r,A
Au point le plus élevé du di'filé est le monaslère de DapliiK'. (jiii a remplacé un temple d'ApnlIon dnnl les deux dernières culnnncs i()iii(|ues ont été enlevées par lurd J'^li;in '. et dont il ne reste \isible (jue les suhstructions parallèles à ré!i;lis('. Du roté de la route. \o monastère était détendu par un ^rand mur crénelé, aujourd'hui on ruine; le rempai-l . flaïKiué de tours, est probablement de construction vénitienne. L'église, en fort mauvais état, est un curieux spécimen de l'architecture byzantine. En y entrant pai- la façade, on se trouve dans une sorte de vestibule, de narlhc.r, formé par l'ancien porche dont on a muré les entrecoloiniements. Ti'ois des quatre colonnes (jui forma iont ce porti(iuo sont de marbre et antiques. Ln sarcophage de marbre y est déposé. La muraille qui forme le fond du vestibule est percée de ciiuf poiles; les deux plus petites . aux extrémités, ouvrent sur deux petites chapelles voûtées, dont une contient un énorme sarcophage de marbre. Les trois portes du milieu donnent dans un étroit vestibule communiciuant à l'église par une porte très-élevée à chaciue bout, et au milieu par une très-petite porte ogivale. Dans des culs-de-four, aux extrémités de ce vestibule, sont les têtes en mosaïque de deux saints; sur les arcs existent encore quelques autres restes de mosak|ues. L'église môme est en forme de croix grec(iue avec dôme au centre et deux étroites chapelles aux côtés du chœur. Toute la partie supérieure du monument était revêtue de mosaïques. A la coupole est une tète colossale du Christ, et au-dessous, entre les fenêtres, sont seize figures de saints; aux pendentifs sont représentés le Baptême de Jésus-Christ , la Transfujuratiou. V Annonciation et la Nativité. Dans la croisée de gauche son! p(Mnts en grisaille le Christ sur la croix et les saintes feunnes, en face de I Eiilrce à Jrnisdlcni : à la croisée de droite, nous voyons la /{rsiirrcflimi dr Lazare el Y Incrédulité de saint Thomas. A la tribune est en nin-;u(|ne la Vierge entre deux anges. Dans les chapelles latérales sont (l<'u\ t('te- «le saints, et dans celle de droite on remar(|ue quel(|ues restes de peint tu'cs byzantines représentanl la Vierge, des auges el des sniuls. Au nord «le l'église se trouve, comme je l'ai dit. r(Mnplaeement du temple d Apollon ; au sud est un eloitiv ruiné. soul<'nu (Tini enlr par (\e> tronçons de i-olonnes anli(|ues. Siw un nmr. à hauteur d'appui. '-I di''po<«' un bran