‹ Athènes (volume 3)Chapitre 231 sur 234 · M ÉGARE. ELEUSIS · texte numérisé non relu

M ÉGARE. ELEUSIS

La coiffure des lemnies est ici fort singulière; elles porti^iil >iir le front une sorte de bandeau, de demi -calotte composée de pièces de monnaie, drachmes, demi-draclimes, francs, demi-francs. i)ièces tm-ques, etc., en argent, disposées en écailles de poisson; en avant du bandeau pendent sur le front quelques monnaies turques en or. D.ms leur costume, les liuuimes remplacent la large fustanelle par une jii|)(> blanche non plissée.

Une calèche était venue d'Athènes au-devant de nous : au moment où nous allions y mettre le pied, au milieu de la place publiquf^ un boucher est arrivé avec un pauvre agneau qu'il a égorgé devant la portière, et il nous a fallu attendre, pour monter dans notre voitur(\ la lin de son odieuse opération.

A huit heures et demie nous (juittons Mégare; nous traversons d'abord une plaine assez bien cultivée et plantée d'oliviers, laissant à gauche la chaîne des monts Kerata, ainsi nommée des deux pointes ou cornes, jcsparoc. qui la dominent ; bientôt nous nous rapprochons du ])ras de mer qui sépare l'Attique de l'île de Salamine que nous ne cessons d'avoir en vue. A onze heures nous arrivons au pied de la colline ([ui portait l'Acropole d'Eleusis, et nous la gravissons pendant que notre voiture. contournant sa base, va nous attendre dans la ville.

L'Acropole a deux sommets, dont le plus élevé porte les ruines d'une tour vénitienne. Dans V intennontium , nous avons remarqué les embouchures de plusieurs citernes, et un grand pa\é anticjue conipioé de petites briques sur champ. En descendant au sud de la colline, vers la villo. nous trouvons h mi-cote quelques restes du temple de Cérès. si fameux dans l'antiquité par ses processions et ses mystères; on ii'n voit plus guère ([ue deux assises de pierres de taille fondées sin- W loc. et un fragmonl de stslobatc de marbiv" blanc, où l'on i-(M-o!inaîl (Mic uv le trou carré ([ui rccexail le pi\ol cenlral d'iuK' colonne. ;iiii-i (|Ni' !•' petit canal qui y conduisait 1»^ plomb de scollonK^nt.

Descendus de l'Acropole dans Lcpsitui. la moderne l-'Jru^r-. nonavons fait à la liàto un IViigal repas dans un IxihitL sorle de l)(Mili(|ue ([ui \\o\\\ à la fois du cabarel el du magasin (ri'pieeiii's. et sonnnes allés donner un rapide coup d"<eil aii\ aiilies anli(|in'lés de la ville. La jetée de l'ancien port existe encore pres(|ue inlaete ; elle est en lornie de faucill(> el composée de hloes de picnv. de marbre blane ri d^

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marbre noir cl i'^cusis, et iiièiiie de Iruuçoiis de culuiiiies. \on loin de là. sur le revei-^^ orridental de l'Acropole, sont plusieurs eiternes et silos; \'uu de ceux-ci, dans lequel ou entre de plain-{)ied. ollVe beaucoup d'analogie avec la prison de Socrate, le tholus d'Athènes. La petite église Saint-Georges a remplacé le temple de Diane Propylée; on y voit encore un grand mur de soutènement de construction hellénique, et, dans la cour ({ui entoure l'église, divers tronçons de colonnes non cannelées de marbre de l'Hymette. un chapiteau doi'i(|ue de marbre pentélique. tinp fort pour avoir appartenu à ces colonnes, enfhi divers autres fragments.

Les Propylées d'Kleusis avaient été, dit -on, copiés sur ceux d'Athènes; ce n'est plus qu'un immense monceau de ruines de marbre blanc, parmi lesquelles j'ai reconnu un chapiteau ionicjue [)rovenant du portique intérieur, et des triglyphes ayant appartenu au portique extérieur qui, comme à Athènes, était d'ordre dorique. En avant des ruines est un énorme bloc de marbre que l'on croit avoir occupé je tympan du fronton; on y voit, au centre d'un médaillon entouré de rinceaux, un buste colossal cuirassé, dont la tête, qui faisait saillie en ronde bosse, est brisée. Cette sculpture me paraît évideuniient romaine, et me confirme dans l'opinion que les Propylées d'i'^leusis, dont Pausanias ne parle pas, n'ont dû être élevés que vers la fin du second siècle de notre ère, peut-être sous Septime Sévèi-e.

A peu de distance des Propylées, sur la route d'Athènes, est une ancienne chapelle en ruines, autrefois dédiée à saint Zacharie, et dont on a fait un petit musée. Cette chapelle rectangulaire se termine par un hémicycle dont l'entrée était soutenue par deux singulières colonnes de style égyptien, dont le chapiteau manque malheureusement, mais dont la base s'élargit comme le pied d'un pahnier. Parmi les anti(|(iit('s conservées dans la chapelle, je r(Miiai'(|(iai un autel rond, un (■li;q)il('au corinthien de la meilleure épcxpie grec(|ue, deux grands candi'labres de marbre pi-ovenant du temple de Cérès, un tut de coloiuie ou cippe rond avec un bas-relief très-peu sail huit . re|)résentanl une femme assise tenant une feuille de lotus, et acconij^agné de cette inscri|)lion : ii:iAOTA iiTAOTOï MiAHiiA; eiiliii plusicuis statucs romaiues drapées et ({uelques fragments.

En avant de cette chapelle, les louilles faites pour la (îonsiruction

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