‹ Athènes (volume 3)Chapitre 24 sur 234 · PIÉDESTAUX. S · texte numérisé non relu

PIÉDESTAUX. S

et sculptée par Calamis, ce vieux maître qui, le premier, si l'on en croit (Juintilien'^ et Cicéron -, commença à s'éloigner de la sécheresse archaïque des artistes qui l'avaient précédé.

Piédestal de Nksiotks. En pendant avec ce piédestal, à gauche du passage, en est déposé un autre 22. nu plutôt une plinthe sur la tranche

Piédestal de Nésiotès.

de laquelle on lit cette inscription en très-anciens caractères :

« Alcibius le joueur de lyre a consacré. Nésiotès (a fait). »

A quelle divinité était consacrée la statue que portait ce ])iédestal ? Nous l'ignorons ; mais le genre de talent du donateui" ne semblerait-il pas indiquer un Apollon plutôt que toute autre divinité? Quant à son auteur, Nésiotès, l'un des plus habiles sculpteurs de l'antiquité grecque, il est un des quatre artistes cités par Pline comme ayant été les contemporains et les rivaux de Phidias ^.

Piédestal de Minerve Hygiée. Au pied de la dernière colonne du portique oriental des Propylées est encore en place un troisième piédestal 23, également de marbre pentélique, celui de Minerve Hygiée.

« 11 auint, dit Plutarque, pendant qu'on les bastissoit (les Propylées), un accident meruoilleux qui monstra bi(Mi (lue la déesse Minerve ne réprouvoit point cette fabrique, ains l'avoit j)our bien agréable ; car le

i. « Les statues de Gallon et d'H(''g(''sias sont d'un style dur et approchent de la manière étrusque. Celles de Calamis ont déjà moins de roideur, et Ton trouve dans Myron un air encore plus aisé (jue dans Calamis. » Qii\riuE\. Inst. oral. L. XH, c. 10.

2. i< Est-il un connaisseur (jui ni' srntc que les statues de Canacus ont une roidtnir i[ui iiuii au naturel? Celles de Calamis, avec de la dureté, ont cependant quclcpic chose de i)lus moelleux. »

CiCKRON. De Claris Dral. Wlll.

3. (1 Dans le mémo temps, ses émules furent Alcaménc, Critios, Nésiotès et Hé-^ias. »

Pi.im:. XXXIV, t'.), t.

La plupart des textes de Pline portent, par une erreur évidente, Crilids et Xeslorlès : cependant on trouve Nésiolès dans l'ancien nuuiuscrit de ikimberji, et cette currectidii a éti' rei)roduite dans les classiques de Ni.sard.

HO ATIIKNI'S.

plii< (lilii;-('iit et !<■ |iln- wIlrrtidiiiK' (k' Ions les ouvriers (iiii y hosoii- «^iioyciil l(uiil);i ira\ciil(iiv du li;uit (Ml bas, de laquelle cheute il l'ust si iiialad(>. (|iir les médecins et chirurgiens n'esperoyent pas ([u'il (mi peust ('cliappcr. De (|U(>i Périclès estant fort desplaisant, la déesse s'aparut à lui de iKiii (Ml dormant. (|ui lui enseigna une médecine ^ de laquelle i! gui'Tit facilement le |)atient et en peu de temps : et fut l'occasion pour la(|uelle il list dei)uis fondre en cuyvre l'image de Minerve que l'on surnomme tle Sant('. laquelle il fist dedans le temple du Chasteau. auprès de rautel (iiii y estoit auparauant^. »

Piédestal de Minerve Hv^iée.

Telle fui l'origine de la statue de Minerve Hygiée ; nous croyons toutefois (|iie la dernière phrase du récit de Plutarque contient une erreui'. el (]iie le |)iédestal (jue nous voyons aujourd'hui est encore à sa place aiili(|iie; sa forme semble l'indiquer, et peut-être pourrait-on supposer avec (]iiel(|ue \ raisemblance (juc la statue de la déesse fut érigée par l*('riclès au lieu nième de l'accident.

Le piédestal, (jui seul est arrivé jusqu'à nous, a la forme d'un autel rond, niais coupé du côté adossé à la colonne; son diamètre est de 0"',87 et sa liaiilnir de ()"'.7(). Dans les trois cavités que présente sa surface sont (]('<■ traces de enjuniiioii par l'oxyde de cuivre laissées par les pieds et la laiirc (11' la slaliie (|ui parait avoir été légèrement colossale. Pline -^ cite un <c(ilplciii' iiouiiik' Pyrrhus comme autour d'une Minerv(> et d'une

1. Lo partlirnion , mnlrirariii iiaiikciiiniii ou parieliiria diffusa de IJnnrc, snrto de parii'tuiro très-romintiiif' encore, sur le rorlier de r.\( iupulc.

'J. Vie lie Pn-Hi'y. Mil. Tnid. (r\niy<.t. Cf. Pi.im-. I.. XXII, 20, et T,. XXI, !(H.

:i. I,. \\\iv, 10. :ti.

l'I i:i)i:STAI, D'ACUII'I'A. 61

Hygle, mais cette indication serait iiisunisaiil(\ et pouirail s";i|)|)li(|U('r à toute autre statue de la déesse de la Santr. si elle n'était précisée par

rinsfi'iptidii même gra\éc sur notre j)iédeslal :

A e E .\ A 1 O 1 T i: 1 A (■) !•: N a I a 1 T E 1 V l" 1 E A I HVPl'Oi: EriOlllIEIN AGENAIOi:

« Les Athéniens à Minerve Hygiéc. »

K Pyrrhus, Athénien, a fait. »

Près de ce piédestal on en a ti'ouvé un autre plus petit en marbre gris de l'Hymette. déposé aujourd'hui dans le vestibule des Propylées et que son inscription , dont les caractères appartiennent à l'époque romaine, nous apprend avoir été également consacré à Hygie :

ii'HAirni vriKiAi

« A r;ni)j;usti.' llyfi;i<'. »

A droite de la statue de Minerve Ilygiée est un passage X. (jiii sépare les Propylées de l'enceinte de Diane Brauronia Y. Dans ce passage, au pied de la muraille méridionale du vestibule des Proi)ylées. on voit gisants deux fragments 2^ de l'entablement ; sur une doucine sont dessinées à la pointe des feuilles d'eau primitivement colorées; on y reconnaît des traces évidentes de peinture, mais la couleur ne pourrait être déterminée avec certitude.

Dans un angle de ce même passage, contre l'ante des Propylées, est adossée la partie inférieure d'un grand bas-relief 25. (|ui. par son st\le. paraît appartenii- à la plus belle épocpie de l'ju't et pr(''seiit(^ b(\uic()up d'analogie avec les m(''t()pes du PartlnMion. Il ne reste malheureusement (|iie les deux jambes d'un lioiiinie (|iii paraît s'élancer, et doiil l;i chlaiiiyde voltige derrière lui. M. Beulé suppose que ce bas-reli(^f ()ut être appli- (|u<'' au rdclier (|iii. tailli'' verticalement, soutient au nord el [)yc> de là une partie de la terrasse d(! Diane lirauronia.

Afin (le ne pas int(M'ronipre la description (\r<' l'ropyl('M>s. nous avons (lu laisseï" derrière nous (\('[i\ nioiiinueiils (|in' accuuipagm'iit lein- grand escalier, le pii'destal d'Agrippa et le temple de la \ iclnire \plèiv.

PiiîoKSTVi, I)' Aor.ii'i'V. Il est fort dillicile de coMipreiidi'c coniinciil Ir

62 ATllKNKS.

pii'dostal d'Af^rippa C* se trouve placé obliquement par rapport à l'escali'M- (les Propylées-. << Si le plan de l'escalier, dit M. Beulé, eût étt" trac('' poiii- la première fois du temps des Romains, on eût tenu cdiiiptc é\ideinment du piédestal, et on eût amené l'encadrement de l'escalier dans son pr()l()n;j;cnienl. » Mais il nous semble au moins aussi probable ({ue. si l'escalier eilt existé, on eût placé le piédestal en rapport

avec lui.

11 n'y a donc, selon nous, aucune conclusion à tirer de ce rapprochement. Une supposition de Stuart, si elle était admise, pourrait donner la clef de ce problème. Suivant lui, le piédestal n'aurait point été élevé primitivement pour recevoir la statue d' Agrippa, mais aurait existé longtein|-)s auparavant. En ce cas, il pourrait être antérieur à l'escalier luimême et avoir été conservé lors de la construction des Propylées. Sa forme pyramidale, c[ue Stuart n'a pas remarquée, mais qui rappelle les traditions de l'art archaïque, pourrait être une nouvelle preuve à l'appui de cette hypothèse.

(^liandler, l^eroy, Stuart et Legrand croient qu'en pendant devait être un autre piédestal portant la statue d'Auguste; ils se fondent sur une phrase fort ambiguë de Pausanias qui, après avoir décrit le [aile des Propylées, ajoute : « Je ne saurais dire au juste si les deux figures équestres qu'on y voit représentent les fils de Xénophon, ou si elles n'ont été faites que pour servir d'ornement. » Si Pausanias eût voulu désigner le j)i('d(;stal (jue nous voyons aujourd'hui, il n'eût pu avoir aucune incertitiidp; il lui eût sutTi de jeter un coup d'œil sur l'inscription qui y est tracée en lettres onciales, et qui eût sans doute existé aussi sur le piédestal de la prétendue statue d'Auguste. Ne pourrions-nous pas supposer (pie le voyageur grec a voulu parler plutôt de deux autres statues ('(|U('strps f|ni pdiiriiiient avoir été placées aux extrémités du fronton r<'iitr;il (lr< Propylées? 11 sulïit du reste de jeter un coup d'œil sur !•' pl;iii de l'Acropole pour se convaincre de l'impossibilité d'une conj''*'i"'''- '|"i '"'ilcfois était permise à une épociue où le temi)le de la

i. Voy. planche II à gaucho.

2. Leroy ne s'est puiiit i\\nivv\x de cette irrégularité, et, dans son plan de l'Acropole, il fait le piédestal d'Agrippa i)arallèle b. la Pinacotliéque. Cette erreur ne se retrouve pas dans le plan donné par Lff;rand.

l'IÉDESTAL l)A(iKiri'A.

Victoire Aptère et l'escalier des Propylées n'avaient pas encore été retrouvés et rétablis.

Le piédestal d'A[2;ripp;i est d'une hauteur disproportionnf'e (|ui ne peut s'expliquer que par le désir de rendre la statue visible par-dessus les murs de l'Acropole; mais la statue devait èti'c du i)lus fâcheux efiet, écrasant par sa hauteur les Propylées eux-mêmes. L'inclinaison du sol laisse à découvert sa partie inférieure sur une plus grande hauteur, au nord et k l'ouest, et c'est peut-être cette circonstance qui explique son inclinaison sensible vers le nord-ouest, mouvement (|ue dut favoriser la poussée des terres contre les côtés sud et est. De ce côté, M. Beulé a été même forcé de reprendre les substructions en sous-œuvre pour prévenir la chute du monument.

Le soubassement est composé de six assises de 0'",40 de hauteur (total 2"'.^|0) ; sa largeur est de 5 mètres et sa longueur de 5'",38i. Audessus sont trois degrés de môme hauteur (total i"',20). Les deux premiers ont ()"'.19 de profondeur, y compris un domi-rond - en saillie (îiiils portent à leur angle.

Base ot corniche du piédestal d'Agrippa.

Ce demi-rond n'existe pas au degré supérieui' ([ui venait pres(|n(' affleurei" l'élégante moulure de marbre blanc, haute de ()"'.()(). ([ni porte le dé du piédestal. Celui-ci, haut de il'", 75, et composé d'assises alternativement plus basses et plus élevées, est, ainsi (jue nous l'avons dit,

1. Le peu de différence de la longueur et de la largeur du piédestal nous porterait à croire qu'il portait une statue colossale debout ot non point éciuestro, coninit! l'ont supposé Stuart et la piujiart des autres voyageurs.

2. C'est par erreur ([Uf Stuart, ([ui n'avait pu bien voir la basr du piédesUil en grande partie ensevelie, indique cette inouUue comme étant carrcM-,

,ii AT ni: Mi s.

(le forme sonsibleinrnl |)\ r.niiidalc ; il a pour mesure à sa base 3'", 35 sur 3'". 70. rt au Muniuet 2'", 83 sur 3"M/|. Knliu. la corniche de marbre |,|;iii,' (|iii surmonte le dé a ()"'.80. ce qui complète, pour le piédestal, une hautcin- totale de 16'". 75.

Les deu\ laces du nord et de l'ouest regardant l'extérieur de l'Acropole sont iîroyées par les boulets, aussi l'inscription ciui était gravée sur le (l('> à l'ouest, bien ([ue formée de très-grands caractères, est aujourd'hui j)resque entièrement disparue; heureusement elle avait pu encore être copiée i)ar Stuart qui nous l'a conservée :

G AHMo:i:

MAPKON ArPIirUAN

AErKior rioN

ri' Il V ri AT ON TON EAVTOVi EÏEPrETHN

'; Le pciiplu (,lioiioruj Miiicus Agrippa, fils de Luciiis, trois fois consul, son bienfaiteur^. »

Cette inscription nous donne la date de l'érection de la statue, le troisième consulat d'Agrippa se rapportant à l'an 27 avant Jésus-Christ.

Un marbre trouvé près de là et déposé maintenant dans le chemin central de la montée des Propylées répète à peu près l'inscription du

piédestal ; on y lit ;

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