TEMPLE DE LA VICTOIRE APTÈRE
la base et le chapiteau, 3'", 8/i4. Les bases, au temple de la Victoire, ne sont pas moins singulières que les chapiteaux ; elles ont 0'", 18/; de hauteur.
Base des colonnes.
Les colonnes d'angle du portique A étaient réunies aux antes B , par un mur à hauteur d'appui, un pluteus, dont la trace est encore visible, sur les bases qui sont seulement dégrossies dans la partie qu'il couvrait. Ce pluteus était surmonté d'une grille qui achevait de fermer le portique par ses deux extrémités.
Tout l'édifice était couronné par une frise haute de 0"',/i5, et entièrement couverte de bas-reliefs non interrompus. La corniche qui la surmontait a disparu ainsi que les frontons. Malheureusement les cotés sud et ouest de la frise n'ont jamais été entièrement perdus ; compris dans la construction d'une poudrière turque, ils purent être dessinés en partie en 1704 par Pars, compagnon de Revett et Chandler, et publiés par Stuart*. C'est de là que lord Elgin les a enlevés pour les porter en Angleterre 2, et ainsi, lors de la restauration du temple, ils n'ont pu, comme les autres bas-reliefs, reprendre leur place primitive. Des copies en terre cin'te furent alors envoyées de Londres ; mais la frise du sud a seule été mi.sc en j)lace; celle de l'ouest a été brisée par les ouvriers.
Placés à une faible hauteur, rendus fragiles par la petitesse même de leurs proportions, ces ba.s-reliefs on! . |)his que tous les autres, été expo.sés aux injures des Barbai'es cjui , tour à tour, uni clé maîtres de l'Acropole; aussi toutes les saillies ont-ollos été bi'is('es et presque toutes les figures ont -elles perdu leurs tètes, leurs bras et leurs jambes. Il en reste cependant assez poin* ([ue nous puissions recomiaître (|U(\ par leur style, ces sculptures simples et sévères ont la plus grande analogie
2. Ihittsh Miisi'uin, Elçi'i» Sulooti. n"« l.'jS, ir>S*, ICO .m ICI.
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avec celles du temple de Thésée. Cette observation peut nous fournir un renseignement précieux sur l'époque de la construction du temple de la Yictoii'e Aptère.
Nous ven-ons' que ce i'ut par ordre de l'oracle de Delphes que Cimon rechercha et découvrit à Scyros les restes de Thésée, qu'il rappoi-ta à Athènes. A cette époque, dans la 77' olympiade (/|65 ans avant Jésus- (;hii>0. tut élevé le temple de Thésée. Ne semble-t-il pas probable, surtout lorsque cette hypothèse est confirmée par la ressemblance des sculj)tuies des deux monuments, que ce dut être à la même époque que les Athi'nifMis. rendant au fils les honneurs qu'il attendait depuis 800 ans, pensèrent aussi à consacrer par l'érection d'un petit temple le lieu témoin du désespoir et de la mort du père, tristes résultats de la plus brillante victoire qui ait été remportée par le héros 2. M. Beulé a réuni, à l'appui de ro])inion qui fait le temple de la Victoire antérieur au siècle de Périclès et à la construction des Propylées, diverses autres preuves qui ne nous paraissent pas moins concluantes, et qu'il tire de l'orientation de l'édifice, de sa position bizarre sur la terrasse qui le porte, de la construction de celle-ci, etc.
On n'a retrouvé sur les bas-reliefs du temple de la Victoire aucune trace de peinture; mais comme on en a reconnu avec certitude la présence sur les sculptures du temple de Thésée et du Parthénon , il pai"aît à pou près hors de doute qu'il en dut être de même ici.
La frise orientale semble représenter une assemblée des dieux, dont le centre est occupé par Minerve , entre Neptune et Ju|)iter. Les côtés nord et sud offrent des combats entre des personnages nus. des Grecs et des Barbares, des Perses, facilement reconnaissables à leur costume, le mèm(3 ([ue l'on retrouve dans la fameuse mosaïque de Pompéi ; enfin à l'ouest, les adversaires sont nus de part et d'autre; il y a donc apparence (jue la bataille est livrée par les Athéniens à d'autres Grecs. Le sujet de ces compositions a donné lieu à bien des conjectures, parmi les(iuellcs il serait dillicile do déterminer la véritable avec certitude.